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SociétéÉpisode 64/77

CNews : Serge Nedjar auditionné sur l'émission 'Enquête d'esprit' accusée de prosélytisme

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-17
Illustration: CNews : Serge Nedjar auditionné sur l'émission 'Enquête d'esprit' accusée de prosélytisme
© YouTube

Les forces du mal sur CNews

Le 2 octobre 2022, l'émission « Enquête d'esprit » s'ouvre sur une déclaration. Son présentateur, Pourchet, affirme : « C'est une réalité plus sournoise que tous les virus, plus dangereuse que toutes les épidémies, plus contagieuse aussi que toutes les infections, mais elle est rarement évoquée et encore moins prise au sérieux cette réalité. Ce sont les forces du mal sous toutes leurs manifestations. »

Le rapporteur de la commission parlementaire lit cette phrase à Serge Nedjar. Il lui demande : « Est-ce que vous considérez qu'un tel propos relève de l'information ou plus simplement du prosélytisme ? »

Nedjar répond : « En aucun cas cette émission relève du prosélytisme. » Il précise qu'il s'agissait de l'émission du 4 octobre sur l'archange Saint-Michel, « présent dans les traditions juives, chrétiennes, musulmanes ». Et d'ajouter : « C'était la 180e émission dimanche dernier et nous n'avons jamais reçu une remarque de l'Arcom concernant cette émission. »

Le rapporteur insiste. Il trouve le propos anxiogène. Nedjar rétorque que l'émission apporte « sérénité » et « amour » — loin du ton anxiogène des chaînes d'info continue.

Un recrutement dans l'orbite Bolloré

Comment Pourchet a-t-il atterri sur CNews ? Selon Nedjar : « Je l'ai rencontré il y a quelques années quand il était journaliste dans une agence de presse au Vatican. » Il ajoute : « On avait discuté et c'était un journaliste que je ne pouvais pas embaucher à l'époque mais qui déjà était sur mes tablettes. »

Pourchet travaillait pour « France catholique », un magazine qui appartient directement à Vincent Bolloré. Nedjar assure : « Le fait qu'il travaille pour France catholique qui est la propriété personnelle de monsieur Bolloré n'est pas rentré en ligne de compte. » Il précise : « Je l'ai rencontré bien avant qu'il travaille à France catholique. »

Le rapporteur évoque la synergie au sein du groupe. Nedjar répond : « C'était au moins toute la caution du magazine France catholique. »

Qui a décidé de créer cette émission ? « C'est moi », répond Nedjar. Il explique qu'en 2019, CNews avait un problème le week-end. « Il nous fallait trouver des idées, des magazines », dit-il. Il invoque les textes de l'Arcom, qui encouragent la diversité des programmes. « On s'est dit : tiens, pourquoi ne pas faire une émission qui parle de l'actualité de façon spirituelle ? »

Le concept : un journal des religions, puis un traitement spirituel de sujets d'actualité. « Dans une chaîne plutôt anxiogène, le dimanche à l'heure du repas, faire une émission positive », résume Nedjar.

La charte de déontologie mise à l'épreuve

Le rapporteur évoque la charte de déontologie du groupe Canal+. Elle dispose que tout journaliste doit être informé par la direction d'une modification éditoriale susceptible de dénaturer son travail. Il peut alors refuser de signer l'article ou l'émission.

Le rapporteur souligne un paradoxe : « Un code de déontologie, c'est fait pour respecter la déontologie. Or, modifier le contenu de ce qu'un journaliste produit, ça n'est pas déontologique. »

Nedjar répond : « Je comprends pas votre question. » Le rapporteur reformule. Nedjar finit par répondre : « Si le journaliste est d'accord pour le faire, il le fait. » Il ajoute : « Les modifications des sujets, ça arrive toute la journée. On commence avec une version pour la matinale, puis on la tape, on la refait, on rajoute des sons, on réécrit le lancement. »

Il précise : « La charte de déontologie, elle est là pour le cas où un reportage dirait quelque chose et que quelqu'un dans la hiérarchie lui demanderait de dire le contraire. En l'occurrence, ce n'est pas ce que nous faisons. »

Un pluralisme religieux en question

Le rapporteur interroge Nedjar : « Comment garantissez-vous le pluralisme du point de vue des religions, y compris en laissant s'exprimer éventuellement les libres penseurs ? »

Selon Nedjar : « Nous ne sommes pas obligés de faire parler toutes les religions. » Il mentionne le journal des religions, qui fait le tour de l'actualité religieuse. « Par exemple, nous annoncerons le début du Ramadan le 11 mars. » Et d'ajouter : « Cette émission s'adresse à un intérêt général puisque nous sommes dans un pays de tradition catholique et qu'un Français sur deux se pense chrétien. »

L'émission est-elle un outil de prosélytisme ? Nedjar le nie catégoriquement.

L'audition dans le cadre des fréquences TNT

Contexte : CNews a été auditionnée par l'Arcom dans le cadre de l'attribution des fréquences de la TNT. Les députés enquêtent sur l'attribution des fréquences TNT.

📰Source :youtube.com

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Épisode 64 · 2026-06-17

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