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PolitiqueÉpisode 56/73

Bolloré avoue : CNews, son arme, la justice bafouée

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-10
Illustration: Bolloré avoue : CNews, son arme, la justice bafouée
© YouTube

Il prétendait ne rien décider. Il a parlé de « ses antennes ». Il a justifié des procès perdus d’avance. Les députés ont auditionné Vincent Bolloré — 260ᵉ fortune mondiale, 10,3 milliards de dollars, d'après Forbes 2025. Son empire médiatique vacille. Ses contradictions explosent.

« Ce ne sont pas mes chaînes » — puis il dit « mes antennes »

Premier mensonge : le déni. Bolloré répète en boucle : « Ce ne sont pas mes chaînes. » Il cite CNews, Canal+, C8. Il jure qu’il n’intervient pas. Sauf que, quelques minutes plus tard, il balance — « Si je ne crois pas dans quelque chose, je ne le mets pas dans mes antennes. » Le député le cueille : « Vous parlez à la première personne pour quelqu’un qui n’a aucun rapport avec l’antenne ? »

Bolloré se débat. Il invoque sa foi de « démocrate chrétien ». Il accuse le parlementaire de « transformer le langage ». Mais les mots sont là, gravés au procès-verbal. « Mes antennes. » Pas « les antennes du groupe ». Pas « celles de Vivendi ». Les siennes. Voilà.

Un détail ? Il nie le contrôle, puis il le revendique. C’est la méthode Bolloré — déni constant, revendication discrète. Le député insiste : « Pourquoi le non-renouvellement de la fréquence TNT de CNews poserait problème à Canal+ ? » Réponse : « Je pense que ça poserait problème. » Pas de justification. Pas de chiffres. Juste une menace voilée.

L’Arcom, l’autorité indépendante, doit décider. Bolloré assure respecter la loi. Mais il ajoute : « Si par extraordinaire ça arrivait… » La phrase reste en suspens. Une pression ? « Non, c’est la vérité », assure-t-il. Mais la vérité ? CNews perd de l’argent. Le groupe Canal+ pourrait survivre sans elle. Alors pourquoi cette angoisse ? Parce que CNews est son arme. Son outil politique. Sa voix.

Quand le tribunal de commerce sert d’arme de destruction massive

Les critiques ? Bolloré les attaque en justice. En mars 2019, il poursuit Tristan Waleckx, journaliste de « Complément d’enquête », devant le tribunal de commerce. Le motif ? Un reportage au Cameroun montrait un jeune ouvrier avec un gant troué disant : « C’est monsieur Vincent Bolloré, il veut pas payer le gant. » Bolloré nie être propriétaire de la plantation. Il n’y est jamais allé.

La procédure est absurde. Le tribunal de commerce n’est pas compétent pour une affaire de diffamation ou d’atteinte à l’image — c’est le droit de la presse qui s’applique. Le tribunal lui-même le rappelle dans sa décision : « La société Bolloré SA ne pouvait ignorer que la présente action ne pouvait ressortir de la compétence du tribunal de commerce. » Traduction : Bolloré savait qu’il se trompait de juridiction.

Pourquoi l’a-t-il fait ? Le député pose la question. Bolloré répond : « Au tribunal de commerce, vous avez le plus de chance de recevoir une indemnité. » Il parle de « réparer les coûts d’image ». Mais le but réel est ailleurs : intimider, épuiser, faire taire. Le journaliste a gagné. Bolloré a perdu. Et pourtant, le message est passé — critiquez-le, et il vous traînera devant les tribunaux, même si c’est illégal.

C’est une stratégie de harcèlement judiciaire. Bolloré le sait. Ses avocats le savent. Il invoque les articles 1382 et suivants du Code civil — des articles qui ont changé, note-t-il lui-même. Mais il persiste. Pourquoi ? — parce que la peur est une arme plus efficace que le droit.

L’empire qui saigne : Grasset, Canal+, et le train de vie des « seigneurs »

📰Source :youtube.com

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