SCANDALE : Comment l'audiovisuel public manipule l'opinion avec des biais politiques

Les biais médiatiques sous la loupe de l’Institut Thomas More
57 %. Ce chiffre fait froid dans le dos. Selon l’Institut Thomas More, près de six émissions sur dix de l’audiovisuel public français penchent à gauche. Créé en 2004, cet institut libéral-conservateur a recours à l’intelligence artificielle pour analyser les médias. Les résultats, sans appel, reposent sur des analyses rigoureuses.
Le premier rapport, publié en mai 2024, se concentrait sur une période témoin de cinq jours. Les suivants, en novembre 2025 et février 2026, ont élargi le champ d’étude à un mois, puis trois mois de programmes. L’IA, disent-ils, analyse "froidement les faits sans billet politique, sans affect émotionnel". Les conclusions sont sans équivoque.
Sur France Culture, à peine 1 % des intervenants sont classés à droite. Sur France Télévisions, 56 % des programmes sont étiquetés "progressistes". Et pourtant, les Français ne s’y retrouvent pas. L’éducation, troisième priorité citoyenne, arrive en 11e position dans l’agenda médiatique. Le pouvoir d’achat et l’inflation, priorités numéros 4 et 5, stagnent aux rangs 14 et 17. Qui fixe l’ordre du jour ?
"L’agenda du service public est structurellement plus proche des priorités des sympathisants Renaissance et des écologistes", résume l’Institut Thomas More. Les thèmes centraux pour les électeurs LR et RN sont soit marginalisés, soit traités sous un angle politique opposé à leurs attentes. Le pluralisme ? Une illusion.
Acrimed confirme : le système est biaisé
Acrimed, association fondée en 1996, enfonce le clou. Matthias Raymond, son président, ne mâche pas ses mots : "La critique médiatique ne peut pas se limiter à pointer des erreurs ponctuelles. Elle doit structurer le fonctionnement des médias." Et ce fonctionnement pose problème.
Les médias publics subissent des contraintes économiques, organisationnelles et politiques qui limitent leur capacité à jouer leur rôle démocratique. Pression de l’audience, dépendance à la publicité, concentration capitalistique : autant de facteurs qui influencent les pratiques journalistiques. Et pourtant, ces médias sont financés par l’argent des Français — plus de 4 milliards d’euros par an.
Acrimed pointe aussi du doigt le manque de pluralisme dans des émissions comme La Terre au Carré et Zoom Zoom Zen. Sur France Inter, certaines ont été décalées à des horaires de faible audience, voire purement et simplement blacklistées. Preuve à l’appui : l’émission Là-bas si j’y suis, présentée par Daniel Mermet, classée à gauche, a été progressivement marginalisée.
L’ARCOM sous le feu des critiques
L’ARCOM, l’autorité de régulation des médias, n’échappe pas aux critiques. Son bilan annuel du pluralisme politique se borne à mesurer le temps de parole des personnalités politiques sans questionner le traitement éditorial des sujets ou le choix des experts. "Les dispositifs mis en place par l’ARCOM pour veiller au strict respect des obligations de pluralisme ne sont pas forcément opérants", regrette Émeric de la Mothe, directeur général adjoint de l’Institut Thomas More.
En juillet 2024, l’ARCOM a adopté une délibération pour mieux mesurer le pluralisme dans les médias. Mais les résultats restent maigres. Les chaînes privées sont souvent sanctionnées, mais les médias publics ? Peu de sanctions, peu de contrôles. Et pourtant, les attentes des Français sont fortes. En 2018, 53 % d’entre eux estimaient que les médias étaient partiaux. Ce chiffre est monté à 60 % en 2025.
Pluralisme interne : une réalité ou un leurre ?
Le Conseil d’État, dans un arrêt de février 2024, parle de "pluralisme interne". Mais de quoi parle-t-on exactement ? Pour Émeric de la Mothe, il s’agit d’un pluralisme potentiel par rapport aux personnalités politiques, pas à tous les intervenants. "Je suis en faveur d’un pluralisme interne à propos des personnalités politiques", précise-t-il.
Vincent Bolloré s’est prononcé contre l’abandon du pluralisme interne. Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, propose de s’inspirer de la presse écrite, où chaque journal assume son orientation politique. Séduisant ? Peut-être. Mais une question demeure : le pluralisme doit-il être interne à chaque média ou externe, par la diversité des chaînes proposées ?
Réformer l’audiovisuel public : mission impossible ?
Les propositions de réforme ne manquent pas. L’Institut Thomas More suggère, avec une pointe d’ironie, de supprimer la météo — une boutade qui en dit long sur les frustrations. Plus sérieusement, il propose de veiller au pluralisme effectif en tenant compte de l’orientation politique des Français. Il recommande aussi de limiter le nombre de personnes idéologisées aux postes de direction.
Acrimed, de son côté, milite pour une transformation en profondeur des médias. "Notre objectif n’est pas de discréditer les médias, mais de contribuer à leur amélioration", insiste Matthias Raymond. L’association plaide pour plus de transparence et une meilleure régulation.
Et pourtant, le chemin est long. Les médias publics, financés par l’argent des Français, doivent remplir leur rôle démocratique. Mais aujourd’hui, ils semblent pris en tenailles entre des contraintes économiques, des pressions politiques et des biais éditoriaux. Le pluralisme ? Un idéal encore loin d’être atteint.
Les preuves sont là. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Qui prendra les décisions nécessaires pour garantir un audiovisuel public vraiment pluraliste et impartial ? L’enquête continue.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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