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PolitiqueÉpisode 63/76

X visé par une enquête pour pédopornographie : le Sénat auditionne YouTube et le directeur France de X

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-13
Illustration: X visé par une enquête pour pédopornographie : le Sénat auditionne YouTube et le directeur France de X
© YouTube

Neuf chefs d'accusation. Dont complicité de détention d'images pédopornographiques. L'information judiciaire ouverte par le parquet de Paris vise directement X, l'ex-Twitter. Son directeur France, Laurent Buanek, a prêté serment devant la commission d'enquête du Sénat sur les zones grises de l'information. Il n'a presque rien pu dire. La procédure judiciaire interdit aux parlementaires de l'interroger sur les faits poursuivis. YouTube, lui, a détaillé ses chiffres de modération et dévoilé les contours de son partenariat avec France Télévision.

9 chefs, 1 procédure

Tout commence par un réquisitoire introductif, daté du 6 mai 2026. Il énumère neuf infractions.

Le parquet de Paris reproche à X, selon les termes du président de la commission, « complicité de détention de l'image d'un mineur présentant un caractère pédopornographique ». Suivent : diffusion en bande organisée d'images pédopornographiques, collecte frauduleuse de données, traitement illicite de données personnelles, extraction frauduleuse de données en bande organisée, violation du secret des correspondances, falsification du fonctionnement d'un système automatisé, diffusion de montages à caractère sexuel générés par IA, administration d'une plateforme pour transactions illicites en bande organisée — et contestation de crimes contre l'humanité facilitée par l'IA Grok.

« L'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 interdit que notre commission use des pouvoirs d'enquête pour s'intéresser à des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires », rappelle le sénateur. Buanek prête serment — « Je le jure » — mais le champ d'investigation se réduit comme peau de chagrin.

Le directeur France de X occupe un poste commercial. Il le précise d'emblée : « Je suis senior director client solutions de X France. Mon activité est exclusivement dédiée à la vente et au marketing. » Il ajoute : « Je n'exerce aucune fonction d'ingénieur. Je ne suis pas impliqué dans les décisions relatives à la modération de contenu. » Voilà. La plateforme compte pourtant 12 millions d'utilisateurs réguliers en France. Selon l'Arcom, 10 % des Français s'en servent chaque jour pour s'informer.

YouTube : 43 millions d'utilisateurs, 8,5 millions de vidéos retirées

De l'autre côté, YouTube. La plateforme revendique 43 millions d'utilisateurs mensuels en France. Au dernier trimestre 2025, 8,5 millions de vidéos ont été retirées. 85 % d'entre elles l'ont été avant d'atteindre 10 vues. 97 % ont été détectées automatiquement. Sur la même période, 1,3 milliard de commentaires supprimés. Le taux de violation ? 0,14 à 0,15 % pour 10 000 vues. Tous ces chiffres figurent dans le rapport de transparence trimestriel.

La modération automatique des deepfakes est en place, avec apposition d'un bandeau « contenu synthétique ». La coopération avec Viginum et l'Arcom est régulière — notamment contre les ingérences étrangères.

Le partenariat France Télévision

L'accord avec France Télévision repose sur deux piliers. D'abord, un déploiement massif des contenus d'information sur les plateformes YouTube. Ensuite, une offre publicitaire commune. La régie France Télévision Publicité peut packager des annonces incluant le linéaire, France.tv et YouTube. Le prix de vente ? Fixé par la régie. La grille tarifaire de base est de 7 € CPM. Sur ces 7 €, YouTube prend 45 %, France Télévision 55 %. Si la régie vend au-dessus de 7 €, le delta revient intégralement à France TV.

Différence entre les deux auditions

X semble en mode défensif — limité par la procédure, presque muet. YouTube, au contraire, déroule des chiffres et des partenariats. Les deux plateformes affirment coopérer avec les autorités. Reste à savoir ce que le parquet trouve dans les serveurs de l'une et dans les statistiques de l'autre.

Sources

  • Audition publique de Laurent Buanek (directeur France de X) et des représentants de YouTube par la commission d'enquête du Sénat sur les zones grises de l'information, diffusée sur 100% Sénat (6 mai 2026).
  • Communiqué du parquet de Paris du 11 juillet 2025, du 3 février 2026 et du 7 mai 2026 (réquisitoire introductif).

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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Épisode 63 · 2026-06-13

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