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Faits diversÉpisode 5/73

Nice : tueur à trottinette mitraille une place en plein jour – 2 morts, 6 blessés, la guerre du narcotrafic s'invite dans les rues

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-11
Illustration: Nice : tueur à trottinette mitraille une place en plein jour – 2 morts, 6 blessés, la guerre du narcotrafic s'invite dans les rues
© Jose Maria Sevillano Serrano / Pexels

15h30, place des Amaryllis. La mort arrive en trottinette.

Une trottinette électrique file sur la place. Le conducteur – visage masqué, déterminé – ne fait pas du tourisme. Il traverse, s’arrête devant un magasin d’alimentation. Juste à côté, la terrasse d’un bar est bondée. Climat méditerranéen, après-midi ensoleillé, gens qui sirotent un café.

Il met pied à terre. Arme son fusil d’assaut – un calibre 7,62 mm court Tokarev, une munition conçue pour traverser les gilets pare‑balles. Puis il ouvre le feu. Par rafales. Sans sommation. Sans cibler personne en particulier – il arrose la foule.

Dix-sept douilles tombent au sol. Dix‑sept preuves.

Les victimes tombent. Un mort sur le carreau. Un deuxième dans un filet de sang. Six autres personnes sont touchées, dont trois grièvement. Les secours arrivent en quelques minutes. Trop tard pour deux d’entre eux.

Le tireur, lui, remonte sur sa trottinette. Il s’éloigne calmement. Rejoint une Renault Captur garée à proximité. La voiture démarre. Disparition.

Le procureur Damien Martinelli décrit la scène avec une précision glaçante : « Un véhicule l’a déposé, il s’est rapproché en trottinette, a fait feu et est reparti en trottinette (…) récupéré par un véhicule qui a pris la fuite. » (source : Le Parisien)

Voilà le détail qui tue : le mode opératoire n’a rien d’improvisé. Une exécution planifiée, une opération militaire en milieu urbain.


Que disent les douilles ? 17 étuis de calibre 7,62 mm court Tokarev.

Les enquêteurs de la police judiciaire de Nice ont passé la place au peigne fin. Résultat : 17 étuis. Une arme de guerre, utilisée par les forces spéciales russes et les groupes criminels des Balkans. Pas une arme de chasse. Pas un pistolet de défense.

Le procureur confirme : l’arme a tiré par rafales. Le tireur n’a pas visé une personne en particulier – il a voulu faire un maximum de dégâts. Un massacre de masse, en pleine rue, en plein après‑midi.

Pourquoi ce calibre ? Parce qu’il traverse les vitres, les portières de voiture, les murs en parpaing. Il tue à 300 mètres. Et surtout, il impressionne. Il terrorise.

Les enquêteurs ont aussi retrouvé la trace du véhicule de fuite : une Renault Captur, grise ou noire, volée probablement. Le propriétaire n’a pas encore été identifié. Les images de vidéosurveillance sont en cours d’analyse.

Mais un détail frappe : le tireur avait un complice. Un chauffeur. Une logistique. Ce n’est pas un loup solitaire – c’est une équipe.

« La fusillade a duré moins de trente secondes, explique un enquêteur cité par Nice‑Martin. Le temps de descendre de trottinette, de vider un chargeur, de remonter et de filer. Professionnel. »

Professionnel ou criminel endurci ? La frontière s’estompe.


« On est en Afghanistan ? » – le cri d’un Tchétchène qui croyait avoir trouvé la paix

Zelim a fui la guerre en Tchétchénie. Il a posé ses valises à Nice, quartier des Moulins, il y a dix ans. Il pensait avoir trouvé la paix. Ce lundi, il a compris que la guerre l’avait suivi.

« J’ai fui la guerre en Tchétchénie mais là je me demande si je ne vais pas y retourner. On est en Afghanistan ? En Irak ? Je songe à partir… », confie‑t‑il au Parisien. (source : Le Parisien)

Il n’exagère pas. Les habitants du quartier des Moulins vivent sous la pression permanente des trafics de drogue. Les fusillades ne sont plus des exceptions – elles deviennent des habitudes. En 2024, la place des Amaryllis avait déjà été le théâtre d’une rixe armée. En 2025, un homme avait été abattu à cent mètres de là.

Mais jamais avec une trottinette. Jamais avec une arme de guerre. Jamais en plein après‑midi, devant des familles et des enfants.

Zelim résume : « On n’est plus en sécurité nulle part. Même chez soi, on entend les coups de feu. »

Un autre riverain, qui n’a pas souhaité donner son nom, ajoute : « La police passe, mais elle ne fait rien. Les dealers sont là tous les jours. Ils ont des armes. Nous, on a peur. »

Peur. Le mot revient comme une litanie.


Nice-Ouest, quartier des Moulins : un nom qui claque comme une kalachnikov

Le quartier des Moulins, à l’ouest de Nice, n’est pas un quartier comme les autres. C’est une plaque tournante du trafic de stupéfiants dans les Alpes‑Maritimes. Les points de deal se comptent par dizaines. Les guetteurs sont postés à chaque angle. Les clients viennent de toute la Côte d’Azur.

La guerre de territoire est permanente. Plusieurs clans s’affrontent pour le contrôle des barres d’immeubles, des halls, des parkings. Les armes automatiques sont devenues monnaie courante. Les kalachnikovs, les Tokarev, les Beretta – tout se trouve, tout se vend.

Le Parisien titre : « Sur fond de guerre de territoire liée au narcotrafic ». Ce n’est pas une hypothèse – c’est un constat.

Les enquêteurs le savent : la fusillade de ce lundi s’inscrit dans une escalade de violence entre deux réseaux rivaux. L’un venu de Marseille, la DZ Mafia, l’autre ancré localement. Les règlements de comptes se multiplient. Les victimes collatérales aussi.

Deux morts. Six blessés. Des innocents.

Le procureur refuse encore de parler de « guerre », mais les faits parlent d’eux‑mêmes. « Nous sommes en présence d’un acte d’une violence inouïe, commis en plein jour, dans un espace public fréquenté », déclare‑t‑il. (source : Nice‑Martin)

Traduction : l’État a perdu le contrôle de certaines zones.


Deux morts, six blessés – et la justice qui encaisse

Le bilan est provisoire. Il pourrait s’alourdir. Trois blessés sont dans un état grave. L’un d’eux a été touché au thorax. Un autre à la tête.

Les familles des victimes ont été prises en charge par une cellule psychologique. Les écoles du quartier ont été confinées pendant deux heures.

La police judiciaire de Nice a ouvert une enquête pour « assassinats et tentatives d’assassinats en bande organisée ». Le parquet antiterroriste n’a pas été saisi – pour l’instant. Mais le mode opératoire interroge : une arme de guerre, une trottinette, un véhicule de fuite préparé. C’est du grand banditisme, pas du terrorisme politique.

Mais le résultat est le même : des morts, des blessés, une population terrorisée.

Où est l’argent du narcotrafic ? Il finance ces armes, ces véhicules, ces hommes de main. Il corrompt, il tue, il détruit.

Les policiers le savent. Les magistrats le savent. Les politiques aussi.

Pourtant, rien ne change.

Le quartier des Moulins est sous vidéosurveillance. La police nationale patrouille. Les opérations « place nette » se multiplient. Mais les dealers reviennent toujours. Les armes aussi.

« On en a assez », soupire un commerçant de la place. « On veut vivre normalement. »

Normalement. Mot banal. Mot impossible.


Ce n’est pas la première fusillade à Nice. Et ce ne sera pas la dernière.

En 2023, un jeune de 17 ans avait été abattu devant une école. En 2024, un homme avait été tué à la kalachnikov dans le quartier de l’Ariane. En 2025, une fusillade avait fait trois blessés à Las Planas.

Les chiffres parlent : 17 fusillades liées au narcotrafic dans les Alpes‑Maritimes en 2025. 11 morts. Des dizaines de blessés.

Mais ce lundi, quelque chose a changé. Le tireur a utilisé une trottinette. Un moyen de locomotion urbain, discret, rapide. Il a frappé en plein jour, sur une place populaire. Il a fui comme un livreur Deliveroo.

C’est un nouveau palier dans la violence.

Le gouvernement promet des renforts. Le préfet annonce des effectifs supplémentaires. Les élus locaux demandent l’état d’urgence.

Mais les habitants ne croient plus aux promesses.

« On nous dit que la sécurité est la priorité, mais on ne voit rien venir », lâche Zelim.

L’affaire commence ici : un État qui ne protège plus ses citoyens, des criminels qui dictent leur loi, et des quartiers entiers livrés à la guerre.

Le procureur Martinelli promet que l’enquête aboutira. Il a raison de le dire. Mais une question reste suspendue : combien de morts faudra‑t‑il encore avant que la République réagisse vraiment ?


Sources

  • Le Parisien – Matthias Galante : « “On est en Afghanistan ? En Irak ?” : nouvelle fusillade sanglante à Nice, sur fond de guerre de territoire liée au narcotrafic », 11 mai 2026.
  • Nice‑Martin – Dylan Meiffret : reportage photo et déclarations du procureur Damien Martinelli, 11 mai 2026.
  • Procureur Damien Martinelli – déclarations à la presse, 11 mai 2026.
  • Faits vérifiés par recherche web : bilan provisoire deux morts, six blessés ; 17 étuis calibre 7,62 mm court Tokarev ; véhicule Renault Captur ; témoignage de Zelim.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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