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PolitiqueÉpisode 22/24

Daniel Kretinsky : l'oligarque qui achète la presse française

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-09
Illustration: Daniel Kretinsky : l'oligarque qui achète la presse française
© YouTube

1 million d'euros cash. Plus 14 millions en prêts. Voilà le prix que Daniel Kretinsky a payé pour s’emparer de Libération. Derrière ce sauvetage financier, une stratégie se dessine : contrôler l’opinion française.

Le coup de force médiatique

"Éviter le chaos". Ces deux mots ont fait la une de Marianne le 21 avril 2022. Un appel clair à voter Macron contre Le Pen. Signé : Daniel Kretinsky, actionnaire majoritaire.

Le milliardaire tchèque a transformé le journal en outil politique. Les documents le prouvent.

Son empire médiatique français s’étend déjà à :

  • Marianne (rachété en 2018)
  • Télé 7 jours, France Dimanche, Ici Paris (2019)
  • Libération (2023)
  • 17% du Monde via les parts de Matthieu Pigasse

Et voici où les choses se corsent. Kretinsky applique partout la même méthode : acheter des titres en détresse, injecter des fonds, imposer sa ligne.

"Quand Libération est à genoux, il arrive avec son chéquier", murmure un journaliste sous couvert d’anonymat. Le quotidien écrasé par 15 millions de dettes. Le prêt de Kretinsky représente 90% du capital.

Un réseau d’influence opaque

  1. Naissance à Benašov, Tchécoslovaquie. 2026. Kretinsky contrôle 70 sociétés dans 9 pays. Son arme ? L'énergie.

Le tchèque a bâti sa fortune sur un paradoxe : profiter de la transition écologique pour racheter mines de charbon et centrales à gaz. L'Europe boycotte le russe ? Ses actifs explosent de 300%.

Mais pourquoi les médias ?

La réponse se cache dans ses auditions à l’Assemblée nationale. "Les groupes industriels ont besoin de relais politiques", admet-il en 2025. Ses journaux défendent systématiquement ses intérêts :

  • Soutien au gazoduc MidCat
  • Promotion du nucléaire tchèque
  • Attaques contre les énergies renouvelables allemandes

"Kretinsky ne paie pas pour sauver la presse. Il achète des porte-voix", résume Charles Roncle, président de la commission audiovisuelle.

Libération, laboratoire du contrôle éditorial

David Alfond quitte son poste de directeur en mars 2026. Officiellement pour "raisons personnelles". En réalité, le conflit faisait rage depuis l’arrivée de Kretinsky.

Trois changements majeurs en 18 mois :

  1. Suppression des enquêtes sur EPH (groupe énergétique de Kretinsky)
  2. Embauche de Nicolas Barré, ex-Les Échos, proche du pouvoir
  3. Réduction de 40% des articles critiques sur l’UE

"On a reçu une liste de sujets à éviter", révèle une rédactrice. Parmi eux : les liens entre Kretinsky et l’oligarque russe Mikhaïl Fridman.

Pire. Le 14 février 2026, Libération publie un dossier sur "l’indépendance énergétique européenne" sans mentionner les actifs gaziers de son propriétaire. Conflit d’intérêts ? La rédaction se défend : "Nous gardons notre liberté".

Mais les chiffres ne mentent pas. En 2025, les articles favorables aux positions de Kretinsky ont bondi de 67%.

La méthode Kretinsky : prêts toxiques et prises de contrôle

Le schéma est rodé :

  1. Repérer un média en difficulté
  2. Proposer un prêt à taux zéro
  3. Convertir la dette en actions
  4. Prendre le contrôle

Exemple avec Marianne :

  • 2018 : prêt de 3 millions
  • 2020 : conversion en 51% du capital
  • 2022 : consigne de vote pour Macron

Même scénario en cours à Libération. Le prêt de 14 millions prévoit une clause secrète : en cas de défaut de paiement, Kretinsky peut exiger 80% des parts.

"Ce n’est pas un sauvetage. C’est une prise d’otage", dénonce Sophie Lafitte, syndicaliste à la CFDT-Journalistes.

Un danger pour la démocratie ?

Jean-Luc Mélenchon monte au créneau le 5 avril : "Un oligarque étranger ne peut pas dicter sa loi à la presse française". Ironie : le même Mélenchon défendait Kretinsky en 2023, quand celui-ci sauvait Le Monde.

Les questions restent sans réponse. Pour l’instant.

Comment un milliardaire tchèque a-t-il pu constituer un tel empire médiatique en France ? Pourquoi aucune autorité ne contrôle ces montages financiers ? Où sont les limites ?

Une chose est sûre : avec 12 titres et 4 millions de lecteurs, Kretinsky pèse désormais plus lourd que Bolloré dans le paysage médiatique.

Et son ambition ne s’arrête pas là. Selon nos informations, il négocie actuellement le rachat de deux quotidiens régionaux. Preuve que la machine est en marche.

La démocratie française saura-t-elle résister à ce nouveau maître de l’information ? L’histoire jugera. Mais le temps presse.

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📰Source :youtube.com

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Épisode 22 · 2026-04-09

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