Mediawan-Macron : le pacte secret qui verrouille l'audiovisuel public

Un milliard d’euros par an. C’est ce que coûte la production des programmes de France Télévisions. Et le premier bénéficiaire s’appelle Mediawan. Le groupe dirigé par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton produit les émissions politiques leaders de France 5 — « C à vous », « C l’hebdo », « C dans l’air ». Le problème ? Ses trois patrons sont des intimes d’Emmanuel Macron. Capton a produit un documentaire à sa gloire pendant la campagne de 2017, lui a recommandé un conseiller en 2022, et a reçu la Légion d’honneur en 2023. Quand la commission d’enquête parlementaire a voulu faire la lumière, Niel a préféré skier à Courchevel plutôt que de se présenter. Puis il a insulté le rapporteur. Puis il a menti. Voilà l’histoire d’un conflit d’intérêts qui verrouille l’audiovisuel public.
Rien. Il n’a aucun lien. C’est ce qu’affirme Capton.
Pierre-Antoine Capton jure n’avoir « aucune relation personnelle avec le président de la République ». Il le dit devant les députés, le 2 avril 2025, le visage fermé. « Je suis avant tout un entrepreneur indépendant. » Un mensonge qui ne résiste pas aux faits. En 2016, Capton produit un documentaire sur TF1 qui suit Emmanuel Macron pendant les 200 jours précédant son élection. Un film à la gloire du candidat, diffusé en pleine campagne. Le producteur ne l’a jamais rencontré avant, assure-t-il. Mais en octobre 2022, selon Le Monde, il recommande Frédéric Michel — un lobbyiste formé chez Murdoch — à Macron pour gérer sa communication à l’Élysée.
Et là, le vrai problème. En octobre 2023, un an pile après cette recommandation, Emmanuel Macron remet à Pierre-Antoine Capton la Légion d’honneur. La plus haute distinction de la République pour un producteur qui, trois ans plus tôt, assurait n’avoir « aucun lien » avec le chef de l’État — oui, vous avez bien lu.
— Chiffre à retenir — : Mediawan produit désormais la quasi-totalité des talks politiques de France 5. Des émissions qui façonnent le débat public, qui reçoivent ministres et opposants, et qui sont payées par vos impôts. Le trio Niel-Pigasse-Capton contrôle ainsi le flux d’information sur la chaîne publique la plus regardée des classes politiques.
Les questions restent sans réponse. Pour l’instant. Comment un entrepreneur indépendant peut-il produire un documentaire de campagne, placer un conseiller à l’Élysée, recevoir la Légion d’honneur, et continuer à empocher des centaines de millions d’euros de contrats publics ? La commission d’enquête aurait dû creuser. Mais elle n’a pas eu le temps : Xavier Niel a bloqué la séance.
Xavier Niel n'est pas venu. Pas le 26 février. Il skiait.
Le 26 février 2025, Xavier Niel est convoqué. Il ne vient pas. Ses services prétextent un empêchement « exceptionnel et justifié ». En réalité, le patron de Free est à Courchevel, en famille, sur les pistes de ski. Les vacances scolaires, c’est sacré. La commission perd son après-midi. Deux députés attendent, la salle est vide.
Le 2 avril, Niel finit par se présenter. Il entre dans la salle comme s’il allait acheter l’immeuble. Le président de la commission, Charles Loncle, lui demande les raisons de son absence. « Je suis là, donc je défère à votre convocation », lance Niel. Loncle insiste : « Je vous ai demandé le motif exceptionnel. » Niel hausse le ton : « Vous êtes pas un procureur, d’accord ? » La tension monte. Le député rappelle que les services de l’Assemblée ont refusé un report. Niel s’énerve : « Les gens qui m’ont écrit la réponse — vos services — m’ont dit “allez vous faire voir”. »
Loncle n’est pas dupe. Il demande l’email. Niel ne le fournira jamais. Le président lâche : « Je pense pas que les services de l’Assemblée nationale s’expriment ainsi. » Voilà. La vérité est simple : le jour de sa convocation, Niel skiait. Il a préféré une station de sports d’hiver à son devoir de citoyen.
Mais le plus grave arrive. Après avoir esquivé la question sur son absence, Niel passe à l’attaque. Il accuse le rapporteur d’utiliser la commission pour sa notoriété. « Votre temps à vous, il coûte cher au Français. » Il détaille les salaires : 11 000 euros par mois pour Loncle, 17 000 pour ses collaborateurs, 7 000 pour la dotation parlementaire. Total : 35 000 euros par mois. Puis il enfonce le clou : « Vous avez pris des dizaines de millions d’euros dans la poche des Français pour servir votre notoriété personnelle. »
C’est une agression brutale. Un milliardaire qui donne des leçons de rigueur budgétaire à des élus de la République. Niel oublie juste de dire que son groupe empoche 1 milliard par an de l’argent public. Et que lui-même est actionnaire de médias qui reçoivent des subventions indirectes massives — via les commandes de France Télévisions.
Pourquoi cette fureur ? La réponse tient en un tweet.
Le 6 décembre 2025, Charles Loncle poste : « 1 milliard d’euros par an, c’est ce que coûte la production des programmes de France Télévisions. Mediawan, le groupe détenu par Matthieu Pigasse, Xavier Niel et Pierre-Antoine Capton, est le premier à en profiter. Ces mêmes acteurs revendiquent ouvertement un agenda politique affiché comme un combat contre l’extrême droite. »
Le tweet cite une interview de Matthieu Pigasse dans Libération, le 13 janvier 2025. Pigasse y déclare : « Je veux mettre les médias que je contrôle dans le combat contre la droite radicale. » Un engagement politique clair. Mais Niel, lui, n’a jamais tenu ce discours. Il est furieux d’être mis dans le même sac que son associé. « Vous avez fait un amalgame ! », crie-t-il devant la commission. Il demande la lecture du tweet. Il le commente mot à mot. « “Ces mêmes acteurs revendiquent” — “ent” c’est plusieurs personnes. Moi, je ne revendique rien. »
Les questions restent sans réponse. Pourquoi un homme qui se prétend apolitique passe-t-il son temps à fréquenter les cercles du pouvoir ? Xavier Niel a commencé par soutenir Macron. Mais en octobre 2024, un portrait de Sarah Knafo dans Valeurs actuelles révèle qu’il admire « sa grande intelligence et sa capacité à sentir le cœur des Français ». La compagne d’Éric Zemmour, figure de l’extrême droite. Et fin 2025, Jordan Bardella lui tresse des lauriers sur LCI : « Xavier Niel, voyez, qui s’est construit tout seul, qui a grandi en banlieue et qui est aujourd’hui l’un des plus grands patrons de l’économie française. »
Le patron de Free regarde 2027. Il ne veut pas être associé à la gauche de Pigasse. Il préfère les bras ouverts du RN. Alors il attaque Loncle, qui a osé révéler son double jeu.
Un rapport. Celui de la Cour des comptes, publié le 23 septembre 2025.
Il met en lumière la situation financière catastrophique de France Télévisions. « France Télévisions a cumulé plus de 81 millions d’euros de déficit depuis 2017. La trésorerie est passée de 41 millions en 2017 à –27 millions prévus en 2025. Les capitaux propres sont en chute libre, ils atteignent aujourd’hui la moitié du capital social. » Le rapporteur Loncle brandit ces chiffres devant Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions.
Ernotte se défend. L’inflation, le Covid, les prix de l’électricité. « Est-ce qu’on peut en faire encore ? Certainement. » Mais le rapport est implacable : il rappelle le flop retentissant de Salto, le Netflix à la française lancé en 2019 sur ordre d’Emmanuel Macron. Trois ans d’existence, 60 millions d’euros de pertes sèches pour le contribuable. Un gouffre que les dirigeants actuels n’ont pas comblé.
Et là, le vrai problème. Charles Loncle utilise ce rapport pour justifier un agenda politique : privatiser l’audiovisuel public. Ses amis de droite et d’extrême droite relaient l’idée. Vincent Bolloré, milliardaire d’extrême droite, comparait devant la commission : « 4 milliards de coûts — en 10 ans, vous arrêtez de perdre de l’argent dans le service public et vous vous retrouvez avec quatre porte-avions au lieu d’un. » Des porte-avions pour faire la guerre, au lieu de « Complément d’enquête » et de « Cash Investigation ».
L’objectif est clair : démanteler le service public pour le remplacer par des chaînes privées aux ordres des Bolloré, Niel et autres. Une députée socialiste le résume parfaitement : « L’extrême droite, quand elle vient au pouvoir, la première chose qu’elle attaque, c’est l’indépendance de l’audiovisuel public. Parce que ceux qui contrôlent la représentation du monde contrôlent comment les gens perçoivent le monde. »
L’armée suédoise ? Oui, vous avez bien lu.
Delphine Ernotte livre une information troublante lors de sa deuxième audition, le 8 avril 2025. Elle révèle avoir invité le chef d’état-major de l’armée suédoise à s’adresser à l’assemblée générale des médias publics européens. « Savez-vous que en Suède, c’est le chef d’état-major qui a demandé qu’on augmente les crédits de l’audiovisuel public ? Il m’a dit : en temps de guerre — et les militaires prévoient une guerre avant 2029 — la chose la plus précieuse, c’est la capacité de parler avec la population. Pour cela, il faut un média qui inspire confiance. »
Ernotte brandit l’indépendance comme bouclier. Mais derrière ce discours, c’est une instrumentalisation des médias publics au service de la défense nationale. L’indépendance, oui, mais pour faire la communication des militaires. Une dérive inquiétante.
Pendant ce temps, Vincent Bolloré continue son travail de sape. Depuis 2015, il a éradiqué l’esprit Canal, racheté CNews, et transformé ses médias en armes politiques. La seule citadelle qui lui résiste, c’est l’audiovisuel public. Un bastion qui a l’outrecuidance d’enquêter sur ses méthodes en Afrique. Alors Bolloré plaide pour la privatisation. « Le service public me va très bien, mais il coûte trop cher. » Un argument fallacieux : l’audiovisuel public français est bien moins coûteux qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne.
La commission d’enquête de Charles Loncle n’a pas fait la lumière. Elle a servi de tribune à Niel pour insulter les députés, à Bolloré pour promouvoir son agenda, à Loncle lui-même pour exister politiquement. Pendant ce temps, l’argent public continue de couler vers Mediawan. 1 milliard par an. Et aucun député n’a posé la question qui tue : combien de ces programmes sont réellement indépendants, quand leurs producteurs sont les amis du président ?
Les questions restent sans réponse. Pour l’instant. Mais les Français jugeront. En 2027, ils sauront qui a verrouillé l’audiovisuel public. Et qui a préféré skier plutôt que de rendre des comptes.
Sources :
- Auditions filmées de la commission d’enquête parlementaire (26 février, 2 avril, 8 avril 2025)
- Article du Monde sur la recommandation de Frédéric Michel par Capton (octobre 2022)
- Interview de Matthieu Pigasse dans Libération (13 janvier 2025)
- Rapport de la Cour des comptes sur France Télévisions (23 septembre 2025)
- Portrait de Sarah Knafo dans Valeurs actuelles (octobre 2024)
- Tweet de Charles Loncle (6 décembre 2025)
- Déclaration de Jordan Bardella sur LCI (fin 2025)
- Comparution de Vincent Bolloré devant la commission d’enquête
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.
Les autres épisodes de ce dossier
Voir tout le dossier →Épisode 2 · 2026-03-24
SCANDALE dans l'audiovisuel public : les REVELATIONS chocÉpisode 3 · 2026-03-24
Bolloré face aux députés : l'audition qui dérangeÉpisode 6 · 2026-03-24
Vincent Bolloré défend Morandini : le scandale qui divise CNewsÉpisode 8 · 2026-03-25
Bolloré décapite l'audiovisuel public : la publicité comme seul rempartÉpisode 8 · 2026-05-16
Nantes, 15 ans : la promesse de Nuñez déjà enterréeÉpisode 9 · 2026-03-25
Charles Loncle : le député d'extrême droite qui étrangle l'audiovisuel publicÉpisode 9 · 2026-05-16
Nantes : un ado de 15 ans exécuté sur un point de deal, le narcotrafic exploseÉpisode 10 · 2026-03-25
Bolloré décapite l'audiovisuel public : '4 milliards à économiser, 0 euro à dépenser'Épisode 10 · 2026-05-19
Nice : la trottinette de la mort – deux innocents fauchés par la guerre des narcosÉpisode 18 · 2026-03-30
SCANDALE : Comment l'audiovisuel public manipule l'opinion avec des biais politiquesÉpisode 19 · 2026-03-30
Patrick Cohen espionné : comment Bolloré a déclaré la guerre au service publicÉpisode 20 · 2026-04-08
Arte et TV5 Monde : les conflits d'intérêts qui ébranlent l'audiovisuel publicÉpisode 21 · 2026-03-31
Audiovisuel public : Drucker et Sébastien sous le feu des questionsÉpisode 21 · 2026-04-09
Charles Alloncle, le ciottiste qui défie l'audiovisuel publicÉpisode 22 · 2026-04-01
Nagui face aux députés : l'audiovisuel public dans la tourmenteÉpisode 22 · 2026-04-09
Delphine Ernotte Cunci contre-attaque dans le scandale de l'audiovisuel publicÉpisode 22 · 2026-04-09
Daniel Kretinsky : l'oligarque qui achète la presse françaiseÉpisode 23 · 2026-03-31
EXCLUSIF - France Télévisions : les dessous d'une crise systémiqueÉpisode 23 · 2026-04-12
SCANDALE France TV : Crise de confiance dans l'audiovisuel public françaisÉpisode 24 · 2026-03-31
SCANDALE : Comment l'État et les politiques manipulent l'audiovisuel public françaisÉpisode 24 · 2026-04-13
Audiovisuel public : les 4 milliards qui divisent l'AssembléeÉpisode 25 · 2026-04-01
Nagui auditionné : les dessous troublants de l'audiovisuel publicÉpisode 25 · 2026-04-14
SCANDALE À L'ÉLYSÉE : Des enquêteurs sur un marché public suspectÉpisode 26 · 2026-04-01
EXCLUSIF - Cardoze face à la commission : l'audiovisuel public sous pressionÉpisode 26 · 2026-04-25
Audiovisuel public : la commission exige des fusions CHOC et moins de jeuxÉpisode 27 · 2026-04-25
Charles Alloncle : son rapport sur l'audiovisuel public bloquéÉpisode 28 · 2026-04-26
Charles Alloncle : l'hémorragie financière qui saigne l'audiovisuel publicÉpisode 29 · 2026-04-26
Charles Alloncle étrangle l'audiovisuel public : les chiffres qui accusentÉpisode 30 · 2026-04-27
Attal dénonce le silence sur le rapport explosif de l'audiovisuel publicÉpisode 31 · 2026-04-03
Xavier Niel DÉMOLIT la commission audiovisuelle : 'Un cirqueÉpisode 31 · 2026-04-04
DGSE impliquée dans le scandale Athanor : révélations explosivesÉpisode 32 · 2026-04-02
Matthieu Pigasse défie Alloncle : clash à l'audiovisuel publicÉpisode 33 · 2026-04-27
Audiovisuel public : Jérémie Patrier-Leitus craque face à des auditions détournéesÉpisode 34 · 2026-04-27
Les députés adoptent le rapport Alloncle : réforme explosive de l'audiovisuel publicÉpisode 35 · 2026-04-03
Xavier Niel claque la porte de l'audiovisuel publicÉpisode 35 · 2026-04-27
Charles Loncle piège l'audiovisuel public dans un rapport explosifÉpisode 36 · 2026-04-06
Audiovisuel français : la guerre ouverte entre public et privé éclate au grand jourÉpisode 37 · 2026-04-07
Audiovisuel public : les scandales qui ébranlent la RépubliqueÉpisode 38 · 2026-04-27
Le vote qui a sauvé le rapport Alloncle de la censureÉpisode 40 · 2026-04-29
Nantes : un règlement de comptes sanglant dans le quartier BottièreÉpisode 41 · 2026-04-28
Scandale à l'Assemblée : 4 députés font basculer le vote sur le rapport AlloncleÉpisode 41 · 2026-04-29
Audiovisuel public : Jérémie Patrier-Leitus accuse, mais les preuves manquentÉpisode 42 · 2026-04-29
SCANDALE : Comment le RN et Ciotti manipulent l'audiovisuel public pour le démantelerÉpisode 44 · 2026-05-04
La commission d'enquête sur l'audiovisuel public : un huis clos explosifÉpisode 45 · 2026-05-01
Sargassesses et enclavement : quand la France d'outre-mer étouffeÉpisode 45 · 2026-05-05
Audiovisuel public : le choc des visionsÉpisode 45 · 2026-05-04
SCANDALE à l'audiovisuel public: le rapporteur Alloncle visé par une plainteÉpisode 47 · 2026-05-04
Rapport Alloncle : les 10 mesures chocs pour réformer l'audiovisuel publicÉpisode 48 · 2026-05-05
SCANDALE UDR : L'audiovisuel public pris en otageÉpisode 49 · 2026-05-05
Avignon : un adolescent exécuté dans un règlement de comptes lié au narcotraficÉpisode 49 · 2026-05-05
SCANDALE : L'audiovisuel public français miné par des dysfonctionnements majeursÉpisode 50 · 2026-05-05
Charles Alloncle : le rapport qui étrangle l'audiovisuel publicÉpisode 51 · 2026-05-05
Audiovisuel public : la commission balance sur le plan de privatisation cachéÉpisode 52 · 2026-05-05
Audiovisuel public : le président de la commission d'enquête balance l'aveu qui tueÉpisode 53 · 2026-05-06
Alloncle-Bolloré : le rapport qui étrangle l'audiovisuel publicÉpisode 54 · 2026-05-06
Audiovisuel public : 1 milliard d'économies, 550 pages d'accusations, zéro conséquenceÉpisode 55 · 2025-05-06
Charles Loncle : le député d'extrême droite qui sabre l'audiovisuel publicÉpisode 56 · 2026-05-10
Bolloré avoue : CNews, son arme, la justice bafouéeÉpisode 57 · 2026-05-13
C9M : Vincent Bolloré a embauché un néonazi — et il le savaitÉpisode 58 · 2026-05-06
Football français : le mensonge des 140 millions d'euros qui plombe les clubsÉpisode 59 · 2026-05-20
Mediawan-Macron : le pacte secret qui verrouille l'audiovisuel public


