Europe divisée face aux guerres : La dépendance énergétique et les défis de la transition

Le prix de la division
Le 28 février, Donald Trump déclenche la guerre en Iran. Les Européens, eux, sont divisés. "Ils sont hélas divisés", affirme Enrico Letta, ancien président du Conseil italien. "Cette division est un énorme problème." Pourquoi ? Parce qu'elle empêche l'Europe de bloquer les "folies" de l'administration Trump. Une folie qui fait chuter l'économie mondiale et met le Moyen-Orient à feu et à sang.
Le prix de l'énergie double. Les avions sont cloués au sol faute de carburant. "On va payer un prix très grave", prévient Letta. Les Européens, surtout. Ils paieront double. Car sans unité, l'Europe ne peut pas dire non. Elle ne peut pas bloquer. Elle ne peut pas se défendre.
Le chantage de Trump est clair : "Si vous ne me suivez pas, moi je cesse d'aider l'Ukraine." Un chantage qui fonctionne. Car l'Europe n'a pas de défense unie. Ses industries de défense sont fragmentées. Les armes ? Achetées aux Américains. Les emplois ? Créés aux États-Unis.
La Hongrie, épine dans le pied de l'Europe
En décembre 2025, les 27 approuvent un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. Avec une clause de non-participation pour la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque. Une décision "qui ne le touchait pas", explique Letta. Mais Victor Orban, le premier ministre hongrois, bloque le prêt. Pourquoi ? Parce qu'il peut. Et parce que les élections approchent.
Le 12 avril, les Hongrois votent. Orban mène une campagne violente contre l'Union européenne et l'Ukraine. Soutenu par la Russie, soupçonné d'ingérence sur les réseaux sociaux, il reçoit même le soutien de Marine Le Pen. "Le rôle de la Hongrie comme pays qui a bloqué l'Europe est incroyable", dénonce Letta. "C'est de la trahison."
La solidarité européenne est cassée. Les espions de Moscou sont parmi nous. Le ministre des affaires étrangères hongrois passe des informations à son homologue russe. Une rupture de la solidarité européenne. Une rupture qui coûte cher.
L'euro numérique, une solution ?
Nicolas Guillou, juge à la Cour pénale internationale, est sous sanctions américaines. Sa carte bancaire ? Bloquée. Les panneaux dans les gares ? Chinois ou américains. "Quand un pays extérieur vous ferme le robinet du paiement, vous n'avez plus aucune possibilité pour payer", explique Guillou. Une fragilité énorme.
L'euro numérique pourrait être une solution. Une monnaie électronique émise par la Banque centrale européenne. Un moyen de paiement sûr et garanti. Mais les banques s'inquiètent. Elles craignent de perdre les dépôts de leurs clients. Et les frais bancaires qu'elles prélèvent.
"Le moment est venu de reprendre notre souveraineté", insiste Letta. Une souveraineté bancaire. Une souveraineté monétaire. Une souveraineté énergétique.
La transition énergétique, un défi colossal
L'Europe dépend à 55% des importations pour sa consommation énergétique. Le gaz russe ? Toujours là. Le gaz américain ? En hausse. Les sanctions contre la Russie ont exacerbé la crise. La France mise sur le nucléaire. L'Allemagne sur les énergies renouvelables. Mais les divisions persistent.
"On doit vraiment produire davantage en Europe", explique Christophe Grudler, eurodéputé français. "Développer les renouvelables et le nucléaire." Mais les objectifs sont ambitieux. Et les moyens manquent.
Le marché européen de l'électricité a été réformé. Les contrats à long terme sont autorisés. Une garantie pour les investisseurs. Mais la transition reste chaotique. Les énergies renouvelables ? Subventionnées. Le nucléaire ? Une énergie décarbonée et moins chère.
"L'Europe n'a jamais été aussi forte que dans les crises", conclut Letta. Une crise énergétique. Une crise politique. Une crise de souveraineté. Mais une opportunité aussi. Pour s'organiser. Pour investir. Pour transformer.
Sources
- France 24
- Cour pénale internationale
- Commission européenne
- Parlement européen
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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