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PolitiqueÉpisode 2/115

Tchad-CPI : l'offensive Trump qui fracture la justice internationale

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-02
Illustration: Tchad-CPI : l'offensive Trump qui fracture la justice internationale
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L'annonce qui change la donne

Le 27 juillet, N'Djamena a pris une décision lourde. Quitter le Statut de Rome. La déclaration officielle, rapportée par Le Média dans son émission Géostratégics, ne laisse aucun doute : la CPI est accusée de « poursuites sélectives », d'un « système à double vitesse ». Le Tchad refuse d'être « les victimes consentantes » d'une justice qu'il juge partiale.

Neuf enquêtes sur treize visent des États africains. Le chiffre est réel, et il a longtemps nourri la critique d'une justice post-coloniale. Mais le contexte a changé. La CPI a inculpé Vladimir Poutine. Puis Benjamin Netanyahou. — Deux puissances qui ne sont pas membres de la Cour. Du coup, l'argument de « l'acharnement sur l'Afrique » devient plus difficile à défendre.

Et voilà où le bât blesse.

Le Tchad n'est pas seul. Le Mali, le Niger, le Burkina Faso l'ont précédé. Le Venezuela aussi, pour des motifs similaires. Une coïncidence ? Pascal Boniface, directeur de l'IRIS, avance une autre explication dans l'émission : « Le Tchad et le Venezuela se sont retirés pour complaire à Donald Trump. » Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a déclaré la guerre à la CPI. Les juges sont sous sanctions. Leurs biens aux États-Unis saisis. Leur accès au système bancaire coupé. On les traite comme des trafiquants de drogue ou des terroristes.

Le message est clair : quittez la Cour, ou subissez les conséquences.

La mécanique de la pression américaine

Washington a franchi un cap. Donald Trump mène une offensive frontale contre la CPI — ce n'est pas nouveau, mais l'administration actuelle a intensifié la pression. Les juges sont sanctionnés individuellement. Leurs avoirs gelés. Leur liberté de mouvement entravée.

Marco Rubio ne s'en cache pas. Il appelle ouvertement les pays à se retirer. Le Tchad obéit. Le Venezuela aussi. Les pays du Sahel suivent le mouvement. Combien d'autres céderont ?

La France, elle, adopte une position ambiguë. Selon des sources diplomatiques citées par Le Média, Paris aurait autorisé le survol de l'avion de Benjamin Netanyahou au-dessus du territoire français pour se rendre à New York. Normalement, la France aurait dû l'intercepter ou refuser le passage. Elle ne l'a pas fait. Silence radio des autorités françaises sur cette affaire.

Pendant ce temps, un sondage révèle que 49 % des Américains seraient favorables à l'arrestation de Netanyahou sur le sol américain. Les États-Unis ne sont pas membres de la CPI. Mais l'opinion publique américaine semble plus exigeante que son gouvernement.

En Cisjordanie, un autre front s'embrase

Le retrait du Tchad n'est pas un événement isolé. Il s'inscrit dans un contexte de tensions mondiales croissantes. En Cisjordanie, la situation se dégrade rapidement.

Le 24 juillet, un raid de colons israéliens armés a tué quatre Palestiniens près de Naplouse. Le village de Tal est placé sous couvre-feu. Plus de 70 arrestations en moins de 24 heures. L'armée israélienne s'accapare des maisons privées. La ville de Naplouse est bouclée.

Les chiffres donnent le vertige. Depuis le 7 octobre 2023, plus d'un millier de Palestiniens ont été tués, soit par l'armée israélienne, soit par les colons. Et aucun Israélien n'a été inquiété pour avoir tué un Palestinien. Aucun. C'est ce que confirme Pascal Boniface dans l'émission, citant des témoignages de soldats israéliens et la journaliste Amira Hass, du quotidien israélien de gauche Haaretz.

L'impunité est totale. Les colons attaquent. L'armée intervient — contre les Palestiniens. Un Palestinien a saisi l'arme d'un colon qui lui tirait dessus. Bilan : cinq morts palestiniens, un mort israélien. L'armée a immédiatement arrêté une centaine de Palestiniens, les yeux bandés, menottés. Les colons, eux, sont présentés comme des « randonneurs » attaqués.

La version officielle israélienne tient. Mais les faits sont têtus.

La stratégie ukrainienne : lier les guerres pour survivre

Pendant ce temps, l'Ukraine tente de s'ancrer dans le camp occidental par une autre voie. Le 25 juillet, des drones ukrainiens ont frappé un navire commercial iranien en mer Caspienne. Le Wall Street Journal parle d'une « imbrication des deux guerres ». Kiev accuse ce navire de transporter du matériel militaire iranien vers la Russie. L'attaque a tué un marin et fait trois blessés, selon les autorités iraniennes.

La stratégie est claire. L'Ukraine veut montrer qu'elle combat le même ennemi que les États-Unis et Israël. L'Iran est le dénominateur commun. En frappant un navire iranien, Kiev espère convaincre Washington de maintenir son soutien. Donald Trump avait promis d'abandonner l'Ukraine. Il ne l'a pas fait complètement, mais l'aide américaine est désormais payée par les Européens. Les États-Unis fournissent encore le renseignement et la communication.

L'Iran a menacé de riposter. Mais ses capacités sont limitées. Et l'Ukraine n'a pas intérêt à ouvrir un nouveau front. L'opération est surtout un signal. Un message adressé à Washington : « Nous sommes dans le même camp. »

La Chine : le grand bénéficiaire silencieux

Pendant que les États-Unis s'enlisent, la Chine regarde. Et elle récolte.

Une étude du PEW Research Center, citée par Le Média, révèle un basculement historique. Dans une majorité des 36 pays interrogés, la Chine est désormais perçue plus favorablement que les États-Unis. La dégradation de l'image américaine est brutale. Elle est directement liée à la présidence Trump. Les citoyens du monde entier en ont marre de la brutalité, du mépris, de l'agressivité.

La Chine, elle, ouvre ses portes. Elle construit des infrastructures. Elle ne donne pas de leçons de morale. Elle ne conditionne pas son aide à des critères politiques. Les pays africains le disent : quand les Occidentaux viennent, ils font la morale. Quand les Chinois arrivent, ils construisent des routes.

Le soft power américain s'effondre. Le soft power chinois progresse. Pas parce que la Chine est devenue plus démocratique. Mais parce que les États-Unis sont devenus plus répulsifs.

Ce que ça dit de la France

La France est prise en étau. D'un côté, elle se présente comme un défenseur de l'État de droit et de la justice internationale. De l'autre, elle autorise le survol de l'avion de Netanyahou, mis en examen par la CPI. Elle ne proteste pas contre les sanctions américaines contre les juges de la Cour.

Le message est ambigu. La France veut ménager tout le monde. Résultat : elle ne satisfait personne.

Ce n'est pas un problème de moyens. La France prélève 45,4 % du PIB en impôts. Elle dépense 57 % du PIB en dépenses publiques — record mondial. Mais l'argent ne va pas là où il devrait. La diplomatie française manque de cohérence. Les déclarations de principe ne suffisent plus quand les actes contredisent les paroles.

Le contribuable français finance une politique étrangère qui oscille entre fermeté affichée et compromis discrets. Le rapport qualité-prix est mauvais. Comme dans beaucoup de services publics français.

Et maintenant ?

Le retrait du Tchad n'est probablement que le début. D'autres pays africains pourraient suivre. La CPI risque de perdre son assise continentale. Les États-Unis de Trump continueront leur offensive. Les juges de la Cour vivent déjà sous sanctions.

La question centrale reste : qui peut encore faire respecter le droit international quand les grandes puissances le piétinent ?

La réponse est simple : personne, tant que les nations qui y croient encore ne paient pas le prix de leur conviction. La France pourrait jouer ce rôle. Elle ne le fait pas. Pas assez. Pas clairement.

L'affaire commence ici. Et elle finira mal si personne ne réagit.

À suivre.

📰Source :www.youtube.com

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