Iran : Comment le régime résiste à l'offensive israélo-américaine

Une guerre déséquilibrée… mais pas si simple
Les États-Unis et Israël. Deux armées parmi les plus puissantes au monde. Face à eux, l’Iran. Un pays sous sanctions depuis des décennies, avec un arsenal vieillissant. Et pourtant, le régime résiste. Comment ?
Le 28 février, l’offensive démarre. Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, est assassiné. Plusieurs dignitaires suivent. Le régime aurait dû s’effondrer. Il tient toujours. "Le système politique iranien est conçu pour se régénérer de lui-même", explique un expert. Ce n’est pas une simple clique au pouvoir, comme en Irak ou en Syrie. C’est une architecture institutionnelle solide.
L’Iran sait qu’il ne gagnera pas une guerre conventionnelle. Alors, il mise sur une stratégie asymétrique. Objectif ? Imposer un coût élevé à ses adversaires. Militaire, économique, politique. Et faire durer le conflit. Plus la guerre s’éternise, plus le prix grimpe pour les États-Unis et Israël.
Escalade horizontale : la tactique du chaos
Frappez l’Iran ? Le régime riposte en ciblant ses voisins. Émirats arabes unis, Bahreïn, Koweït. Même l’Arabie saoudite. Pourquoi ? Pour régionaliser le conflit, multiplier les zones de tension. "C’est ce que les analystes appellent l’escalade horizontale", précise une source.
Les pays du Golfe vivent de la stabilité régionale. Dubaï, par exemple, a bâti son succès sur ce pilier. Les attaques de drones iraniens fragilisent tout ça. Objectif ? Faire pression sur les capitales de la région pour qu’elles poussent Washington à un cessez-le-feu.
Le temps joue pour l’Iran. Plus la guerre dure, plus le coût augmente pour Israël et les États-Unis. Les Israéliens ont dépensé 6 milliards de dollars en 20 jours. Les États-Unis, 12 milliards en 6 jours. Le Pentagone réclame une rallonge budgétaire de 200 milliards de dollars (Washington Post). Donald Trump doit rendre des comptes à son électorat. Les défections pourraient lui coûter cher lors des élections de mi-mandat en novembre.
Le détroit d'Ormuz, un verrou stratégique
Long de 30 kilomètres. Situé au sud de l'Iran. Le détroit d'Ormuz relie l'océan Indien au golfe Persique. Un carrefour vital pour le pétrole mondial. 20 % du pétrole mondial y transite. Essentiel pour l’Asie : 57 % du pétrole chinois vient du Moyen-Orient.
Dès le début de l'offensive, Ali Khamenei annonce la fermeture du détroit d'Ormuz. Résultat ? Aucun tanker ne traverse sans risquer une frappe iranienne. Les cartes du trafic maritime le montrent clairement : avant et après le début du conflit.
Le 9 mars, Donald Trump menace de frapper l’Iran "20 fois plus durement". Trois semaines plus tard, le détroit est toujours bloqué. Les pays producteurs réduisent leur production. Le baril dépasse les 100 dollars. Pour contenir la flambée, les États-Unis assouplissent les sanctions contre la Russie. Résultat ? Les Russes engrangent 6 milliards d'euros depuis le début du conflit. Soit 150 millions par jour (Financial Times).
Les États-Unis annoncent qu’ils escorteront des pétroliers dans le détroit. Les jours passent. Aucun pétrolier n’ose s’y risquer. L'Iran aurait posé des mines marines. Le pays dispose de 200 petits navires vedettes. Armés de mitrailleuses, de drones, de missiles de croisière. Des patrouilleurs low-cost. Parfaits pour bloquer le détroit.
Les drones Shahed, l'arme du faible mais efficace
Shahed 136. Le drone star de la stratégie iranienne. Portée maximale : 2500 km. Il peut atteindre Mumbai ou Athènes. Vitesse maximale : 190 km/h. Lent, mais assez pour passer sous les radars. Les drones Shahed sont souvent lancés depuis des positions proches, ce qui complique leur détection.
Le 14 mars, l’armée iranienne publie une vidéo. Un drone survole une base américaine en Irak. Sans être repéré. Ces drones n’ont pas besoin de base de lancement fixe. Un camion suffit. Difficiles à détecter. Difficiles à neutraliser.
Le principal atout du Shahed 136 ? Son coût. Entre 20 000 et 50 000 dollars. Un prix dérisoire qui permet à l’Iran d’en produire rapidement et en masse. Le système est opaque. Mais on estime qu’ils peuvent produire environ 50 drones par jour. Plusieurs milliers sont déjà en stock.
Depuis le début du conflit, seulement 6 % des drones iraniens atteignent leur cible. Mais même lorsqu’ils sont interceptés, ils imposent un coût élevé. Israël et les États-Unis utilisent des systèmes d'interception coûteux. Un missile Patriot coûte 3,5 millions de dollars. Soit 70 fois plus qu’un drone Shahed.
Les pays du Golfe auraient dépensé 5 à 10 fois plus dans leur défense que les armes utilisées par l'Iran pour les viser. Les drones Shahed sont souvent déployés en essaims. Ils épuisent les défenses adverses. Et ouvrent la voie aux missiles balistiques.
La défense en mosaïque, une résilience surprenante
Après 2003, les Gardiens de la Révolution développent un concept : la défense en mosaïque. Une organisation décentralisée. Le régime sait qu’il est désavantagé dans une guerre classique. Alors, il prépare le pays à une attaque ou une occupation. Avec une guérilla organisée à l’échelle du territoire.
La décentralisation du commandement militaire s’est accentuée après la répression du mouvement vert en 2009. Dans cette guerre asymétrique, la défense en mosaïque absorbe les chocs. Le premier jour de la guerre, une frappe israélienne tue le guide suprême et plusieurs responsables iraniens. Le régime est très affaibli. Mais il réplique.
Le commandement est dispersé. Les unités locales agissent de manière autonome. Sans attendre des ordres centraux. Si des frappes détruisent des centres de commandement ou des bases, les autres unités continuent de fonctionner. Ce qui évite une paralysie du système.
Les Gardiens de la Révolution sont imprévisibles. Une semaine après le début de la guerre, le président iranien présente ses excuses à ses voisins du Golfe. Il promet qu’il n’y aura plus d’attaques. Les frappes continuent. Était-ce sincère ? Une stratégie ? Difficile à dire.
L'idéologie, une arme de résistance
L'anti-américanisme est ancré dans le régime depuis sa création. L’Iran se prépare à cette guerre depuis longtemps. Le régime combat pour sa survie. Dans cette lutte existentielle, l’aspect religieux joue un rôle clé. Dans le chiisme, la figure du martyre est centrale. Elle est valorisée dans les discours officiels pour légitimer l’effort de guerre et encourager la résistance.
Cette figure s’est renforcée dans les années 80, pendant la guerre Iran-Irak. Un conflit qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts. Il a laissé une empreinte profonde dans la mémoire collective iranienne. Aujourd’hui, elle sert à renforcer le sentiment national face à un ennemi perçu comme supérieur.
La population iranienne est loin d’être homogène. Environ 10 à 15 % soutiennent le pouvoir. Par intérêt ou par loyauté. Une grande partie rejette le régime. Mais elle souhaite aussi que la guerre s’arrête. Dans les premiers jours de l’offensive, Donald Trump et Benjamin Netanyahu appellent le peuple iranien à se soulever. Le régime réprime violemment les manifestations étudiantes. Plus de 30 000 morts. Une des répressions les plus meurtrières du 21e siècle.
Conclusion : une guerre qui s'éternise
Les États-Unis et Israël contrôlent le ciel iranien. Mais sans déploiement de troupes au sol, la chute du régime semble hors de portée. Le conflit pourrait durer bien plus longtemps que prévu. Donald Trump a annoncé que des négociations sur un accord de paix étaient en cours. Une information démentie par les responsables iraniens.
Deux hauts responsables iraniens ont été retirés de la liste des cibles à éliminer. Donald Trump commence déjà à rejeter la faute sur son secrétaire à la défense. L’issue de ce conflit reste incertaine. Mais une chose est sûre : l’Iran a montré qu’il pouvait résister à une offensive israélo-américaine. Grâce à une guerre asymétrique bien pensée. Et une résilience institutionnelle impressionnante.
À suivre.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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