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PolitiqueÉpisode 36/102

Barrot-Braun-Pivet : les complices des crimes de guerre israéliens ?

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-03
Illustration: Barrot-Braun-Pivet : les complices des crimes de guerre israéliens ?
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11 enfants par jour : le massacre que la France regarde

Commençons par les faits. L’armée israélienne a passé le Litani. C’est l’invasion la plus profonde depuis 25 ans. Elle appelle à évacuer Nabatiyé. Des ministres israéliens pressent Netanyahou de raser la banlieue sud de Beyrouth. Ils rêvent tout haut d’un grand Israël qui s’étendrait au Liban comme en Cisjordanie.

Ce n’est pas une guerre contre le Hezbollah. C’est une guerre contre le Liban.

Les chiffres ? 1 133 morts depuis le cessez-le-feu du 17 avril. 3 400 depuis le 2 mars. Près de 7 000 depuis 2024. Des dizaines de milliers de blessés. Plus d’un million de déplacés. Des journalistes et des secouristes ciblés délibérément. L’UNICEF confirme : cette semaine, 11 enfants tués chaque jour en moyenne. Des terres agricoles recouvertes de défoliants. Des villages intégralement rasés.

Le député pose la question : « Monsieur le ministre, jusqu’où laisserez-vous faire ? »

Il cite les mots de Macron, qui a déclaré dimanche que « rien ne justifiait l’escalade majeure en cours au sud-Liban ». Il cite Barrot lui-même, qui a parlé de « fautes majeures d’Israël ». Puis il ajoute : « Encore un effort et vous dénoncerez ces actes pour ce qu’ils sont : des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, sur fond de négation du droit international. »

— Et ce n’est pas rien.

Pourquoi ce député — dont le nom n’a pas été retenu par la présidence — est-il le seul à dire tout haut ce que les chiffres crient ? Pourquoi la France tergiverse-t-elle ?


« Vous insultez la mémoire de nos soldats » — la réponse du ministre

Jean-Noël Barrot se lève. Il est ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Sa première phrase est une attaque personnelle : « Alors que vous dénoncez une supposée inaction de la France dans une question qui ne fait pas mention ni de l’adjudant Montorio, ni du caporal-chef Girardin, vous insultez tout simplement leur mémoire et vous crachez au visage des militaires français qui chaque jour au Liban se tiennent aux côtés de la population libanaise. »

Le député quitte l’hémicycle. Barrot continue.

« Si vous soutenez sincèrement le Liban, alors cessez d’exploiter les souffrances de son peuple. Et sachez condamner dans un même souffle les attaques du Hezbollah et celles d’Israël. Et sachez appeler dans un même souffle au désarmement du Hezbollah, au retrait d’Israël, à la restauration de l’autorité d’un État fort disposant du monopole de la force et capable de protéger l’ensemble des communautés. »

La réponse est habile. Elle est aussi profondément malhonnête.

Car le député n’a pas nié les crimes du Hezbollah. Il a simplement dit que le Hezbollah n’est qu’un prétexte. Que Tel Aviv veut un Liban impuissant, meurtri, fracturé. Que les ministres israéliens rêvent d’un grand Israël. Et que la France, au lieu d’exiger la suspension des accords de coopération avec Israël, se retranche derrière le refus de l’Allemagne ou de tel ou tel autre pays.

Barrot n’a pas répondu sur le fond. Il a attaqué l’homme. Braun-Pivet ? Elle a laissé faire.


Une politique française illisible — et coupable

« Malheureusement, chaque déclaration contredit la précédente, et votre politique au Proche-Orient est illisible. » Le député le dit cash : « La faute n’en incombe pas à nos diplomates, pas à notre ambassadeur à l’ONU, qui subit actuellement les foudres du président de la République. La défaillance est politique. »

Il a raison.

Macron parle de « fautes majeures ». Puis il n’exige aucune sanction. La France condamne les frappes. Elle continue pourtant de livrer des pièces détachées pour les avions de combat israéliens. Elle vote des résolutions à l’ONU. Elle bloque les embargos sur les armes. Elle envoie des militaires au Liban dans le cadre de la FINUL. Et elle laisse Israël les bombarder — comme en 2024, quand un obus israélien a tué un observateur français.

Le député interpelle directement : « Allez enfin exiger la suspension des accords de coopération qui lient l’Europe à Israël, au lieu de vous abriter derrière le refus de l’Allemagne. »

Une question simple. Une question que des dizaines d’ONG, de juristes, de parlementaires posent depuis des mois. La France a-t-elle le courage de rompre avec l’impunité israélienne ? Jusqu’ici, la réponse est non.


Des villages rasés, des terres empoisonnées : la guerre totale

Le transcript du débat est sans équivoque. Le député décrit une guerre systématique contre les civils et les infrastructures. Des terres agricoles recouvertes de défoliants. Des villages intégralement rasés. Des journalistes et des secouristes ciblés délibérément. 11 enfants tués chaque jour.

L’UNICEF confirme : cette semaine, c’est la moyenne. 11 enfants par jour. 77 par semaine. 330 par mois. Depuis le cessez-le-feu du 17 avril, ce sont probablement plus de 500 enfants qui ont été tués.

Ce n’est pas une guerre. C’est un massacre.

Le droit international est clair. Viser délibérément des civils, des journalistes, des secouristes, des enfants — c’est un crime de guerre. Raser des villages entiers, détruire des terres agricoles avec des défoliants, forcer plus d’un million de personnes à fuir — c’est un crime contre l’humanité.

Le député le dit. Les faits le prouvent. Les organisations internationales le confirment. Mais la France ne bouge pas. Voilà.


Braun-Pivet, Barrot, Macron : qui porte la responsabilité ?

Le député a interpellé le ministre devant la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Elle préside le débat. Elle aurait pu rappeler à l’ordre le ministre quand il a insulté la mémoire des soldats. Elle ne l’a pas fait. Elle aurait pu exiger une réponse sur le fond. Elle s’est contentée de dire : « Merci, Monsieur le Ministre. Merci de quitter l’hémicycle en silence, s’il vous plaît. »

Un silence de plomb.

Le député — dont le nom n’est pas cité dans le transcript officiel — a été contraint de quitter l’hémicycle sous les huées. Pour avoir dit la vérité. Pour avoir cité des chiffres vérifiés. Pour avoir osé demander une suspension des accords de coopération avec Israël.

La France a une histoire avec le Liban. Une histoire de protection, de présence militaire, de liens culturels et économiques. Aujourd’hui, cette histoire est piétinée. La France regarde Israël détruire le Liban, et elle ne fait rien. Pire : elle continue de coopérer.

Le député a raison : « Monsieur Netanyahou et ses ministres suprémacistes ne s’arrêteront pas d’eux-mêmes. Ils méprisent le droit. Ils n’ont que faire des condamnations molles. Il faut des actes. »

Où sont les actes ? Où est la suspension des accords ? Où est l’embargo sur les armes ? Où est la plainte devant la Cour pénale internationale ?

La France tergiverse. Et pendant ce temps, 11 enfants meurent chaque jour.


Sources

  • UNICEF – déclaration du 3 juin 2026 : 11 enfants tués par jour en moyenne cette semaine au Liban.
  • Assemblée nationale – Questions au gouvernement, séance du 3 juin 2026. Transcript intégral.
  • 20 minutes – rapport sur les violations graves au Liban, juin 2026.
  • Le Monde – « Crimes de guerre et autres atrocités », mai 2026.
  • Présidence de l’Assemblée nationale – fiche biographique de Yaël Braun-Pivet.
  • Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères – déclarations de Jean-Noël Barrot.

Cet article fait partie du dossier « Guerre Iran-Israël-États-Unis : L’Europe prise en étau » (épisode 36). Retrouvez les précédents épisodes sur Le Dossier.

📰Source :youtube.com

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