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Détroit d'Ormuz : la reprise à 25 navires qui cache trois tempêtes

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-22
Illustration: Détroit d'Ormuz : la reprise à 25 navires qui cache trois tempêtes
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Un accord, des applaudissements, et vingt-cinq bateaux. C'est le bilan officiel de la réouverture du détroit d'Ormuz selon les plateformes de suivi maritime. Emmanuel Macron s'est félicité : le point 5 de l'accord prévoit la fin du blocus des navires commerciaux. Mais le diable — comme souvent — se niche dans les détails. La reprise est fragile. Très fragile.

Vingt mines sous la mer : le déminage qui divise

Donald Trump l'a répété au G7 : l'Iran a miné le détroit. Affirmation martelée sur son réseau Truth Social. Sauf que personne n'a confirmé visuellement la présence de ces mines. Ni officiellement. Le Washington Post évoque potentiellement une vingtaine d'engins dans la zone, mais aucune certitude.

Dans le doute, une zone rouge est soigneusement évitée par les navires.

Les trajets passent presque exclusivement par un couloir étroit, à quelques kilomètres des côtes iraniennes. Le temps du déminage. Car détecter puis neutraliser des mines, ça prend du temps. Beaucoup de temps. La France a justement deux bâtiments chasseurs de mine — la Lire et l'Andromède — positionnés entre le golfe d'Aden et la mer d'Arabie. Selon le ministre des Armées en fonction, ils sont prêts à intervenir.

Mais la marine française l'expliquait en avril dernier : « On doit travailler doucement. Il faut aller doucement pour pouvoir le temps de reconnaître tous les objets sur le front. » Ensuite ? Des drones sous-marins identifient avec une caméra. Puis des plongeurs ou des sous-marins téléguidés font exploser la mine.

Le texte de l'accord promet un retour à la normale en trente jours. Le Washington Post avance six mois.

Oui, vous avez bien lu : six mois. Contre trente jours. C'est là que ça devient intéressant. Le porte-avions français Charles de Gaulle est positionné dans la région depuis mai. Il pourrait être déployé dans les deux ou trois jours. Mais même lui ne peut pas accélérer le déminage.

Le piège du péage : 60 jours de gratuité, et après ?

Emmanuel Macron s'est félicité de la réouverture « sans frais » du détroit. L'accord mentionne effectivement une réouverture totale sans péage pour les navires commerciaux. Mais seulement pendant soixante jours.

Voilà où ça se complique.

Pour la suite, le texte est clair : « La République islamique d'Iran engagera un dialogue avec le Sultan d'Oman afin de définir l'administration future et les services maritimes dans le détroit d'Ormuz en concertation avec les autres États riverains du golfe Persique. »

Traduction : les Iraniens veulent installer un droit de passage.

Le négociateur en chef iranien l'a confirmé à la télévision nationale. Et ça soulève une cascade de questions.

Quel tarif ? Sera-t-il calculé sur la taille du navire ou la nature de la cargaison ? Y aura-t-il des inspections ? Qui paiera — l'armateur, le producteur, l'importateur ? En échange, y a-t-il une promesse de protection ?

Et si l'Iran et ses voisins du Golfe ne s'entendent pas ? Retour à la case blocage.

Les acteurs du transport maritime et du pétrole ont de quoi s'arracher les cheveux. Sans visibilité sur le coût futur du passage, difficile d'investir dans la reprise.

La sécurité absente : qui protégera les pétroliers ?

Dernier obstacle, et non des moindres. Sans sécurité garantie, les tarifs d'assurance des navires resteront très élevés. Trop élevés pour que la reprise soit viable.

La France et le Royaume-Uni ont proposé une coalition d'une vingtaine de pays pour sécuriser le trafic dans la région. Donald Trump n'a pas donné suite pour l'instant.

Selon Emmanuel Macron, une réunion des ministres de la défense de l'OTAN s'est tenue au lendemain de la signature de l'accord. Les Européens ont réaffirmé leur volonté de contribuer à la sécurité de la zone. « Nous sommes présents pour être en capacité de ce transfert du fardeau », a déclaré le président français.

Un décor étrange se dessine : des bâtiments de guerre occidentaux et des pétroliers commerciaux, côte à côte, à quelques kilomètres des forces iraniennes. Pour combien de temps ? Et à quel prix ?

Le blocus a duré plus de quatre mois. Mais la vraie question est ailleurs : cet accord est-il une réouverture durable ou une parenthèse ?

Les mines ne sont pas neutralisées. Le péage n'est pas réglé. La sécurité n'est pas assurée.

25 navires le 18 juin. C'est mieux que cinq. Mais c'est loin d'être une victoire.

📰Source :youtube.com

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