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« On le traitait de sale bougnoule » : suicide d’un jeune de 21 ans après des années de harcèlement raciste en Isère

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-20
Illustration: « On le traitait de sale bougnoule » : suicide d’un jeune de 21 ans après des années de harcèlement raciste en Isère
© Illustration Le Dossier (IA)

Les faits

Ce qui est établi : Joris s'est donné la mort le 13 juillet 2026 à Châtonnay. Le procureur de Vienne, Olivier Rabot, l'a confirmé. Une semaine après, le lundi 20 juillet, deux enquêtes ont été ouvertes. La première, « en recherche des causes de la mort ». La seconde fait suite à une plainte pour harcèlement moral et provocation au suicide déposée par les parents de la victime.

Selon l'avocate Elise Rey-Jacquot, citée par l'AFP, le harcèlement raciste durait depuis plusieurs années. Il émanait de jeunes du village, notamment de membres de l'équipe locale de rugby. Un épisode est relaté : Joris aurait été forcé de porter un t-shirt floqué « DZ PAGU » dans le dos. L'inscription signifie « Algérien paysan », explique l'avocate.

Les insultes rapportées sont « sale bougnoule », « sale arabe ». L'oncle de la victime, joint par France 3 Alpes, a déclaré : « On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe. Il commençait même à être complexé, et disait à son père qu'il regrettait sa peau mate. Il tenait sa couleur de peau de sa mère, qui est ma sœur. Nous sommes des Français d'origine algérienne. »

Le jeune homme se confiait régulièrement à son père, selon l'avocate. Mais aucune plainte n'avait été déposée avant son décès. Voilà.

Peu avant son suicide, Joris avait participé à une fête dans le village voisin de Saint-Jean-de-Bournay. Il en était revenu « extrêmement chamboulé », selon sa famille. La famille a lancé un appel à témoins pour recueillir des éléments sur cette soirée.


Le traitement judiciaire

Deux enquêtes sont en cours, confiées au parquet de Vienne. La première, pour « recherche des causes de la mort ». La seconde, ouverte sur plainte, vise à déterminer si le harcèlement moral et les insultes racistes ont provoqué le suicide de Joris.

Le procureur Olivier Rabot a confirmé l'ouverture de ces enquêtes le 20 juillet. « L'une en recherche des causes de la mort. L'autre fait suite à une plainte pour harcèlement moral et provocation au suicide déposée par les parents de la victime », a-t-il déclaré, cité par l'AFP.

À ce stade, aucune interpellation n'a eu lieu. Aucun suspect n'a été nommé publiquement. Les parents ont déposé plainte, assistés de leur avocate Elise Rey-Jacquot. Celle-ci a évoqué le harcèlement raciste et l'humiliation du t-shirt.

La famille a également lancé un appel à témoins pour recueillir des informations sur la fête de Saint-Jean-de-Bournay, où Joris avait participé peu avant son suicide. « Il était revenu extrêmement chamboulé », a confié l'oncle.


Sources : AFP, France 3 Alpes, déclarations du procureur Olivier Rabot et de l'avocate Elise Rey-Jacquot, témoignage de l'oncle de la victime.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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