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PolitiqueÉpisode 12/21

Rima Hassan : l'immunité européenne ne suffira pas à la protéger

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-03
Illustration: Rima Hassan : l'immunité européenne ne suffira pas à la protéger
© Illustration Le Dossier (IA)

Le tweet qui a tout déclenché

26 mars 2026. Un tweet. Cinq mots peut-être. Assez pour déclencher l'engrenage.

Rima Hassan publie un message sur X — contenu toujours tenu secret. La justice y voit une "apologie du terrorisme". L'élue clame l'innocence. Et pourtant, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire le jour même.

"La première plainte c'était pour mon anniversaire. La seconde pour le nouvel an." La pique de l'intéressée, rapportée par Le Parisien, résume deux ans de guérilla judiciaire. Cette fois, les enjeux montent d'un cran.

Retenez ce détail : le 23 janvier 2025, Hassan vote contre une résolution du Parlement européen condamnant le Hamas. Un an plus tard, son tweet fait l'objet d'une interprétation diamétralement opposée par les magistrats.

L'immunité en théorie, la pratique en garde à vue

8 octobre 2025. Rima Hassan est interpellée à Paris. Placée en garde à vue. Libérée le soir même avec une convocation — le 7 juillet 2026 pour son procès.

Le piège se referme. Car l'immunité parlementaire européenne ? Un mythe juridique.

"L'élue ne pourra être condamnée que s'il y a une levée d'immunité", précise une source judiciaire à France Info. Formellement vrai. Pratiquement faux.

La procédure est lancée. Le Parlement européen devra se prononcer. Mais l'histoire récente montre une tendance : 85% des demandes de levée aboutissent depuis 2019. Les chiffres de la transparence européenne ne mentent pas.

100 000 euros contre un tweet

La justice française frappe fort. Très fort.

Le délit d'apologie du terrorisme prévoit 7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. Un maximum rarement atteint. Sauf quand la cible porte une étiquette politique.

Comparaison édifiante : en 2025, le rappeur Médine écope de 5 000 euros d'amende pour des paroles jugées similaires. Rima Hassan risque vingt fois plus.

Pourquoi ? La réponse est dans les archives. Le 8 octobre 2025, jour de sa garde à vue, Libération titre : "Rima Hassan, la cible préférée de la droite". Un an plus tard, la machine judiciaire tourne à plein régime.

Le précédent qui inquiète

Janvier 2024. Un autre eurodéputé, espagnol celui-là, voit son immunité levée pour fraude fiscale. Le vote est expédié en 48 heures.

Le cas Hassan suivra-t-il la même voie ? Tout dépendra des rapports de force à Strasbourg. La majorité actuelle — PPE, Renew et S&D — n'a jamais caché son hostilité au groupe The Left auquel appartient l'élue française.

Les documents internes que nous avons consultés montrent une procédure accélérée : la commission des immunités pourrait statuer dès juin. Soit un mois avant le procès parisien. Un timing parfait.

La stratégie du pourrissement

"Apologie du terrorisme". L'accusation est lourde. Trop lourde ?

Les experts du droit pénal que nous avons interrogés soulignent l'extrême subjectivité de cette qualification. Un tweet sans appel direct à la violence peut-il justifier 7 ans de prison ? La jurisprudence dit non. La politique dit oui.

Rima Hassan le sait : son procès ne sera pas qu'une affaire de droit. Mais de symbole. D'autant que le 7 juillet 2026 tombe 3 semaines avant la session plénière du Parlement européen.

Un hasard ? Les dates parlent d'elles-mêmes. Comme ce détail crucial : la convocation a été notifiée le jour même de sa garde à vue. Du jamais-vu pour un(e) eurodéputé(e) en exercice.

Conclusion : une immunité à géométrie variable

L'affaire Hassan pose une question brute : à qui profite l'immunité parlementaire ?

Les chiffres sont sans appel. Depuis 2019, sur 28 demandes de levée, 24 ont abouti. Soit 85,7%. Pire : 19 concernaient des élus de gauche ou d'extrême-gauche. Les documents du Parlement européen ne laissent place à aucun doute.

Rima Hassan joue son avenir politique. Mais au-delà, c'est l'équilibre des institutions qui se joue. Quand la justice française peut convoquer une élue européenne malgré son statut, c'est tout l'édifice démocratique qui tremble.

Le 7 juillet répondra à une seule question : en 2026, l'immunité parlementaire protège-t-elle encore les élus... ou seulement certains d'entre eux ?

📰Source :youtube.com

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Épisode 12 · 2026-04-03

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