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PolitiqueÉpisode 12/29

Rittmann accuse Macron d’asphyxier les entreprises françaises – 70 000 défaillances, 17 milliards volés

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-21
Illustration: Rittmann accuse Macron d’asphyxier les entreprises françaises – 70 000 défaillances, 17 milliards volés
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Le chiffre qui tue : 1 219 emplois par semaine

Olivier Rittmann est sénateur LR de la Haute-Saône. Il préside la délégation sénatoriale aux entreprises. Il a les chiffres en tête. Et il les balance.

« Dans les entreprises de moins de 10 salariés, 1 219 emplois ont été supprimés par semaine en 2025. »

Ce n’est pas une prévision. C’est un constat. La Banque de France confirme : ces TPE sont les premières victimes des défaillances. 69 000 entreprises ont mis la clé sous la porte l’an dernier. Un record historique — supérieur au niveau d’avant Covid.

Mais ce n’est pas tout. Les PME de taille intermédiaire, les ETI (plus de 250 salariés), sont aussi touchées. Plus de 100 ETI ont déposé le bilan en 2025. Un phénomène inédit.

« On revient à des niveaux supérieurs à la période avant Covid, insiste Rittmann. Et on a de plus en plus de PME de taille importante qui tombent. Avant, ça n’arrivait pas. »

Pourquoi ? Le sénateur pointe un coupable unique : la politique d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements successifs.

« Dans une volonté affichée de débrider la production, ils ont fait du en même temps. D’un côté, un discours de soutien. De l’autre, des contraintes et des entraves à la pelle. »

Retenez ce détail : le nombre de créations d’entreprises est aussi record — 1,2 million. Mais Rittmann relativise. « Créer un numéro de SIRET pour donner deux heures de cours d’anglais, ce n’est pas créer une entreprise qui produit de la richesse. » La culture entrepreneuriale existe. La survie, non.

17 milliards d’euros dans le trou noir des retards de paiement

Le deuxième chiffre qui tue : 15,3 à 17 milliards d’euros. C’est le coût annuel des retards de paiement pour les entreprises françaises, selon la Banque de France.

« Ces retards augmentent de 25 % le risque de faillite », détaille Rittmann.

Un quart des faillites serait évitable si les délais de paiement étaient respectés. Mais qui paie en retard ? L’État lui-même. Les hôpitaux, les collectivités, les ministères. Le sénateur a interpellé le ministre des PME Serge Papin : « Est-ce qu’il vaut mieux préserver le budget de l’État et ne pas payer les hôpitaux, qui sont des très mauvais payeurs, ou bien grever un peu le budget mais sauver les entreprises ? »

Sa proposition de loi sur le « test PME » a été votée à l’unanimité au Sénat. Elle impose de mesurer l’impact de chaque nouvelle norme sur les petites entreprises. Mais le texte dort à l’Assemblée nationale. « Il n’a pas encore été inscrit à l’agenda. Je pousse Matignon pour qu’on l’examine très vite. »

Pendant ce temps, les entreprises crèvent. Littéralement. « Quand vous avez des problèmes de trésorerie et que le conflit États-Unis/Iran vient s’abattre dessus, ça devient impossible. »

Le coût de production : 14 € en France, 12 € aux États-Unis, 5 € en Chine

Prenons un exemple concret. Top Clean Packaging, groupe auvergnat spécialisé dans le packaging médical. 60 millions d’euros de chiffre d’affaires. 200 salariés dans le Puy-de-Dôme. Une usine en Chine depuis 2006, une autre aux États-Unis.

François Berry a fondé l’entreprise. Son fils Jean a pris la relève. Le même produit coûte 14 euros à fabriquer en France, 12 euros aux États-Unis, et 5 à 6 euros en Chine.

Pourquoi ? Le coût horaire élevé, les charges, les 35 heures. Mais aussi les normes françaises, plus strictes que les normes européennes.

« On a l’habitude de vouloir laver plus blanc que blanc, dénonce Rittmann. On impose à nos entreprises des normes plus fortes que ce qui se fait en Europe. On va plus loin que la norme communautaire. »

Résultat : les entreprises françaises délocalisent ou ferment. Et quand elles s’installent à l’étranger, elles y sont traitées comme des étrangères. « En Chine comme aux États-Unis, Top Clean Packaging est considérée comme une entreprise étrangère, même si elle produit sur place. »

Le protectionnisme américain et chinois frappe fort. La guerre commerciale s’intensifie. Et la France, engluée dans ses propres contraintes, ne peut pas riposter avec les mêmes armes.

L’IA : une course perdue d’avance ?

Troisième angle : l’intelligence artificielle. La France a lancé le plan OZELIA, abondé de 15 millions d’euros. Objectif : 100 % d’IA dans les grands groupes d’ici 2030, 80 % dans les PME, 50 % dans les TPE.

Mais les chiffres sont cruels. Seuls 26 % des TPE/PME utilisent l’IA. Rittmann corrige : « C’est 55 % des PME qui l’utilisent. Mais les très petites entreprises tirent le chiffre vers le bas. »

Problème plus grave : l’Europe produit 3 modèles d’IA générative. Les États-Unis en ont 40. La Chine 15. « Si on n’accélère pas dans les deux ans, l’Europe deviendra simple consommatrice de produits étrangers », prévient le patron de Mistral AI, auditionné à l’Assemblée.

Meta a déjà licencié 8 000 personnes à cause de l’IA. 70 % des Américains estiment que l’IA évolue trop vite, selon un sondage Sémaphore. Plus de 50 % en ont une opinion négative.

Rittmann ne nie pas les risques. Mais il refuse la frilosité. « L’IA, c’est comme l’informatique à ses débuts. On pensait que ça allait remplacer les salariés. Ça a créé de nouveaux emplois. Il faut former. »

Il plaide pour un investissement massif au niveau européen. « La France seule n’a pas les moyens de lutter contre les États-Unis et la Chine. Il faut un fonds européen, un livret d’épargne dédié à l’IA, comme le proposent Damien Michalet et Laurence Garnier. »

« À continuer comme ça, le chômage va exploser »

La conclusion est brutale. Le Sénat, dans ses rapports économiques, avait prévenu le gouvernement : la politique actuelle entraînerait une augmentation du chômage. « On n’est plus sur du conjoncturel, tranche Rittmann. Malgré ce que dit notre ministre de l’Économie. »

Le sénateur vise clairement Emmanuel Macron. « C’est lié à une politique qui, ces dernières années, a mis en place un certain nombre de contraintes et d’entraves. »

La guerre en Iran, les hausses de prix des matières premières (35 à 40 % pour le liquide dérivé du pétrole servant à fabriquer la mousse polyuréthane, selon l’entreprise Ossonoise), tout cela aggrave une situation déjà structurellement malade.

« Produire en France devient trop cher. Est-ce qu’on tient tous à notre modèle social ? Oui. Mais il faut aller chercher d’autres sources de financement que le seul travail. »

Rittmann ne propose pas de solution miracle. Il exige un changement de cap. « Il faut libérer, lâcher les rênes des entreprises. Pas les mettre sous perfusion. La création de richesse, c’est le noyau du réacteur. Sans ça, on peut annoncer toutes les politiques sociales qu’on veut, ça reste du rêve. »

Sources

  • Rapport d’Olivier Rittmann à la délégation sénatoriale aux entreprises (2024)
  • Banque de France – Étude sur les retards de paiement (2025)
  • Auditions parlementaires d’Olivier Rittmann (été 2025)
  • Article de La Montagne – Top Clean Packaging (mai 2025)
  • Sondage Sémaphore (média américain, 2025)
  • Interview exclusive d’Olivier Rittmann – Le Dossier (mai 2026)

📰Source :youtube.com

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