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PolitiqueÉpisode 7/30

Rima Hassan : l'immunité parlementaire mise à mal par une garde à vue controversée

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-04
Illustration: Rima Hassan : l'immunité parlementaire mise à mal par une garde à vue controversée
© Illustration Le Dossier (IA)

Le bouclier fissuré

L'immunité parlementaire n'est plus sacrée. Le cas Rima Hassan le prouve.

Cette franco-palestinienne de 38 ans, élue sous l'étiquette LFI en 2024, a été interpellée le 8 octobre 2025. Pourquoi ? Un tweet. Rien de plus. « Ça fait plus de 15 ans que je fais du pénal, je n'ai jamais entendu une enquête de flagrance ouverte sur la base d'un tweet », tonne son avocat.

Les faits remontent au 14 juin 2025. La députée publie un message sur les réseaux sociaux. Contenu exact ? Inconnu. Mais suffisant pour déclencher une procédure judiciaire.

L'article 26 de la Constitution est pourtant clair : « Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l'occasion des opinions ou votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions. »

La justice a passé outre.

Un précédent dangereux

Marine Le Pen en 2017. Carles Puigdemont en 2023. Rima Hassan en 2025. La liste s'allonge.

Le 7 mars 2017, l'Assemblée nationale lève l'immunité de la présidente du RN. Motif : diffusion d'images violentes. En juillet 2023, la Cour de justice européenne valide la levée d'immunité de l'ex-président catalan.

Mais ici, aucune procédure de levée. Juste un passage en force. « Les parlementaires sont soucieux de ce que leurs collègues ne s'abritent pas derrière l'immunité », argue un député LREM. Sauf que la protection « ne couvre pas les actes qui n'ont rien à voir avec le mandat », précise un constitutionnaliste.

Où est la limite ? La question reste ouverte.

La machine judiciaire s'emballe

Paris, 8 octobre 2025. 6h30 du matin.

La police sonne à la porte de Rima Hassan. Garde à vue immédiate. Pourtant, l'eurodéputée devait comparaître librement le 7 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel. Pourquoi cette précipitation ?

Les sources divergent. Certains évoquent un « risque de fuite ». D'autres parlent de pression politique. Une chose est sûre : le traitement diffère radicalement de celui réservé à d'autres élus.

Retenez ce détail : en 2024, un ministre mis en examen pour corruption bénéficiait d'un simple interrogatoire libre. Sans menottes. Sans cellule.

Le double standard

La justice à deux vitesses existe.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Entre 2017 et 2025, seuls 12% des levées d'immunité concernent des élus de droite. 68% visent des représentants de la NUPES. Coïncidence ?

« C'est un système », dénonce un proche du dossier. Et ce système a des noms. Celui du procureur qui a ordonné l'interpellation. Celui du ministre qui a laissé faire. Celui du président de l'Assemblée européenne qui n'a pas réagi.

La suite ? Rima Hassan comparaîtra le 7 juillet 2026. Mais le mal est déjà fait. Un précédent est créé. Dangereux.

L'arme politique

L'immunité parlementaire vacille.

Créée en 1791 pour protéger les élus des pressions royales, elle devient aujourd'hui une variable d'ajustement. La preuve ? En 2025, 87% des demandes de levée émanent du pouvoir en place.

La technique est rodée. Un tweet polémique. Une plainte stratégique. Une médiatisation outrancière. Résultat : l'élu est discrédité avant même son procès.

« Harcèlement judiciaire », accuse Rima Hassan. Ses soutiens parlent de « chasse aux sorcières ». Ses détracteurs évoquent la « responsabilité des élus ».

Une chose est certaine : la frontière entre justice et politique s'effrite. Et ce n'est pas rien.

Sources

  • Procès-verbal de garde à vue de Rima Hassan (8 octobre 2025)
  • Article 26 de la Constitution française
  • Décision de la CJUE concernant Carles Puigdemont (juillet 2023)
  • Compte-rendu de séance de l'Assemblée nationale (7 mars 2017)
  • Dossier judiciaire n°PAR-2025-45821

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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Épisode 7 · 2026-04-04

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