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Jubillar : six ans après, il avoue et mène aux ossements de Delphine

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-17
Illustration: Jubillar : six ans après, il avoue et mène aux ossements de Delphine
© Illustration Le Dossier (IA)

L’aveu, six ans après

Ce jeudi 16 juillet 2026, une centaine de gendarmes convergeaient vers Mailhoc, dans le Tarn. La route départementale 600 a été coupée dans les deux sens au lieu-dit le Régailleur, selon La Dépêche du Midi et Tarn libre, rapporté par Midi Libre. Les militaires filtraient les accès. Cédric Jubillar a été extrait pour guider les enquêteurs vers un terrain jamais exploré.

Les fouilles ont porté leurs fruits. Rapidement. Dans la matinée, deux fémurs humains ont été exhumés à l’aide d’une mini-pelleteuse. La zone se trouve à la limite des communes de Villeneuve-sur-Vère et Mailhoc, près de la route reliant Albi à Cordes-sur-Ciel. Une dizaine de kilomètres séparent ce lieu du domicile du couple à Cagnac-les-Mines.

Midi Libre précise que les ossements n’ont pas encore été officiellement authentifiés.

Le récit de l’avocat

Selon la source, l’avocat de Cédric Jubillar s’est exprimé sur BFMTV. Son client « a dit la vérité », affirme-t-il.

Les aveux sont survenus dans une lettre datée du 6 juillet 2026. Puis, lors d’une audition le 15 juillet, il a réitéré et accepté de collaborer. Le lendemain, les fouilles ont eu lieu.

Le contexte : une affaire hors normes

Delphine Jubillar a disparu de son domicile de Cagnac-les-Mines dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Son mari, Cédric Jubillar, a rapidement été soupçonné.

Le procès, à Albi en septembre-octobre 2025, a été très médiatisé. Après quatre semaines d’audience et un délibéré de près de six heures, le verdict est tombé : trente ans de réclusion criminelle. Cédric Jubillar a été reconnu coupable du meurtre de son épouse, malgré l’absence de corps.

Pendant six ans, Cédric Jubillar a nié. Jusqu’à cette lettre de juillet 2026.

Le traitement judiciaire : une enquête qui se poursuit

La découverte des deux fémurs ouvre une nouvelle phase. Les ossements seront soumis à des analyses ADN et anthropologiques. L’identification formelle de Delphine Jubillar permettrait de clore le volet « disparition » et d’établir les circonstances exactes de sa mort.

Cédric Jubillar, déjà condamné, pourrait voir sa peine confirmée ou modifiée ? Le droit français interdit de juger deux fois une même personne pour les mêmes faits (non bis in idem). Cependant, si des éléments nouveaux révélaient des circonstances aggravantes (actes de torture, préméditation non retenue), un nouveau procès serait envisageable. Mais à ce stade, rien n’indique une telle évolution.

Ce que ça dit de la France

Cette affaire illustre une réalité glaçante : dans les féminicides, la vérité judiciaire peut coexister avec le mystère matériel. Cédric Jubillar a été condamné sans corps. Il a fallu six ans, et ses propres aveux, pour que les restes de sa femme refassent surface.

Pourquoi un condamné avoue-t-il après des années de déni ? Est-ce le poids de la culpabilité, la lassitude, ou un calcul pour obtenir une réduction de peine ? Les motivations restent obscures.

Les féminicides sont souvent des crimes d’intimité. L’auteur connaît la victime, il a le temps de dissimuler les preuves. En France, plus de 100 femmes sont tuées chaque année par leur conjoint ou ex-conjoint. Dans la plupart des cas, le corps est retrouvé rapidement. Mais parfois, comme ici, il reste introuvable pendant des années. La justice condamne sur la base d’indices, mais la vérité physique, elle, reste enfouie.

L’affaire Jubillar montre que la parole du suspect, même après condamnation, reste le dernier verrou. C’est lui qui a mené aux ossements. Sans ses aveux, le corps de Delphine serait peut-être encore perdu. Cette dépendance à la confession interroge notre système : comment faire éclater la vérité quand l’accusé se tait ?

À suivre. Les analyses des fémurs diront si la boucle est bouclée. Mais pour la famille de Delphine, pour ses enfants, l’attente n’est pas finie. Et pour la société, une question demeure : combien d’autres affaires similaires resteront sans sépulture ?

📰Source :www.youtube.com

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Épisode 10 · 2026-07-17

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