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Faits diversÉpisode 11/33

Affaire Jubillar : l’avocat raconte comment Cédric a conduit aux ossements de Delphine

Par la rédaction de Le Dossier · 18 JUILLET 2026
Illustration: Affaire Jubillar : l’avocat raconte comment Cédric a conduit aux ossements de Delphine
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L’aveu et la promesse

Dans le bureau d’un juge d’instruction, Cédric Jubillar a été entendu. Il a reconnu avoir donné la mort à son épouse Delphine. Le secret de l’instruction interdit d’entrer dans les détails du mobile, précise son avocat. Puis il s’est engagé « de manière très formelle », selon les mots de Me du Buisson, à conduire les enquêteurs sur le site où il a dissimulé le corps.

« Il l’a fait, et heureusement », déclare l’avocat sur BFMTV. « Heureusement parce que sinon cela aurait posé problème, bien évidemment, et tous les esprits chagrins, les complotistes qui n’arrêtent pas d’inventer quelques histoires qui pourraient mettre un peu de sel dans cette affaire qui est pourtant restée très simple. »

Deux fémurs dans un tas de terreau

Le convoi a quitté la maison d’arrêt. Direction un champ situé à une dizaine de kilomètres du domicile des Jubillar. Cédric Jubillar a indiqué l’endroit. Les enquêteurs ont mis au jour deux fémurs.

L’avocat décrit la scène. « Dans un moment de précipitation, monsieur Jubillar avait enfoui le corps de Delphine non pas à 50 cm ou 1 m dans la terre — puisque certains se sont dit : il faut une pelle, une pioche, en hiver c’est pas possible, donc il aurait pu préparer la tombe, et cetera — il a simplement enfoui dans un tas de 3 mètres qui était de la tourbe, en quelque sorte, le corps de celle-ci, de manière très rapide, très succincte. »

Pas de pelle. Pas de pioche. À mains nues. Cédric Jubillar a creusé le terreau avec ses doigts, enfoui le corps, puis il est reparti. Il n’est jamais revenu, insiste son avocat. « Il aurait pu tenter de revenir pour dissimuler ce corps. Il ne l’a pas fait. »

Le hasard et l’agriculteur

Le récit de Me du Buisson révèle que le tas de terreau — un mélange de tourbe et de fumier — n’était pas destiné à rester en place. Un agriculteur devait l’épandre sur plusieurs parcelles pour enrichir la terre.

« Il faut savoir que l’agriculteur qui devait épandre ce terreau sur diverses parcelles a probablement attendu 2024 pour enlever la partie qui l’intéressait et pour l’épandre », explique l’avocat. « Ce qui veut dire qu’il n’a trouvé — et quand je dis trouvé, il n’y avait dans le godet de son tractopelle uniquement que des ossements — et il n’a rien constaté. »

Si l’agriculteur était intervenu trois ou quatre jours après les faits, il aurait découvert le cadavre, aurait appelé la gendarmerie, et Cédric Jubillar aurait été interpellé immédiatement. Le corps est resté dans ce tas de terreau pendant cinq ans, jusqu’à ce que Cédric Jubillar décide de parler.

La question qui fâche : pourquoi les gendarmes n’ont-ils rien vu ?

L’avocat pose une question : le site se trouve à dix minutes du domicile, le corps n’était pas enterré profondément, il était dans un tas de terreau. « Pourquoi les enquêteurs, qui ont — disent-ils — fait le maximum pour trouver les ossements dans un premier temps, le cadavre, éventuellement les ossements, n’ont-ils pas été retrouvés ? »

Me du Buisson ne met pas directement en cause le travail des gendarmes. « Je ne mets pas en cause, je dis simplement qu’ils n’ont pas retrouvé le cadavre à 10 minutes de la maison. On peut se poser la question aussi de savoir s’ils n’ont pas retrouvé d’empreinte ou de trace, et cetera, pourquoi ils ne les ont pas retrouvés ? »

Il évoque les conditions de l’enquête initiale. « Deux jeunes femmes gendarmes récentes sont intervenues et ont fait des déclarations relativement précises qui ont été en partie contestées par mes prédécesseurs à la défense. » Les anciens avocats de Cédric Jubillar avaient déjà pointé « des lacunes très importantes et des carences très importantes sur l’enquête qui a été faite à l’époque », selon Me du Buisson.

Une question demeure : comment se fait-il que les vêtements de Cédric Jubillar, sa voiture, ses chaussures n’aient pas porté de traces de terreau ou de fumier ? L’avocat élude. « Je constate seulement avec vous que rien n’a été retrouvé, comme le corps d’ailleurs n’a pas été retrouvé au bout de cinq ans. »

Un accès de colère, pas une préméditation

Sur le fond, la défense construit une ligne. Cédric Jubillar conteste la préméditation. Il parle d’un « accès de colère », d’un moment où il a « dégoupillé ». L’avocat précise : « Il y a eu un conflit que l’on peut expliquer de plusieurs manières, et c’est à l’issue de ce conflit qu’il a eu un moment où il a perdu pied. Il s’est paniqué dans un premier temps. Il est devenu violent, c’est incontestable, et il a donné — sans le vouloir, et j’insiste bien — la mort de Delphine. »

« Sans le vouloir », répète l’avocat. C’est ce que dit son client. « Moi, je n’y étais pas, vous non plus. C’est ce qu’il dit. Pourquoi ne pas le croire ? »

Me du Buisson insiste sur le contexte. Les enfants se trouvaient à proximité. « Dans son moment de panique, il n’a pas voulu que les enfants, qui étaient à deux ou trois mètres du lieu où il a donné la mort à son épouse, constatant qu’elle était décédée, trouvent un cadavre et voient leur mère morte. » Alors il a pris le corps, l’a mis dans le coffre de sa voiture, et il est parti « un peu à l’aventure ».

Une reconstitution à venir

L’instruction n’est pas terminée. Une reconstitution des faits est prévue. L’avocat se dit confiant. « Monsieur Jubillar a dit la vérité. Il a reconnu les faits en ce qui concerne la mort de Delphine. » Il voit dans cette démarche un signe positif. « Je pense que tout le monde devrait être soulagé. Cet homme a tout fait pour aider la justice. Il est allé à la porte de la vérité, il l’a ouverte d’une manière très simple. »

Sources

  • BFMTV — Interview de Me Guy du Buisson, avocat de Cédric Jubillar

📰Source :youtube.com

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