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Accusé de viol, renvoyé du lycée : le profil du ravisseur présumé de Lyhanna

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-03
Illustration: Accusé de viol, renvoyé du lycée : le profil du ravisseur présumé de Lyhanna
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Six jours de silence, six jours d’angoisse

Vendredi 29 mai, Lyhanna, 11 ans, ne rentre pas. Elle fréquentait le collège de Fleurance, commune paisible du Gers. Des témoins l’ont vue quitter l’établissement vers 16 h 30. Depuis, rien. Aucun appel, aucun message, aucun signe de vie.

Les recherches sur le terrain entrent dans leur sixième jour. Gendarmes, hélicoptères, chiens pisteurs, bénévoles — tout le Gers s’est mobilisé. Mais le temps joue contre eux. Chaque heure qui passe réduit les chances de retrouver l’enfant vivante.

Mardi soir, le parquet a communiqué un nom. Un seul. L’homme soupçonné d’avoir enlevé Lyhanna a 41 ans, deux enfants. Il habitait à Montestruc-sur-Gers, à une dizaine de kilomètres du collège. Les enquêteurs ont perquisitionné son domicile. Ils ont saisi son véhicule, son téléphone, son ordinateur.

Rien n’a filtré du contenu des saisies. Mais ses antécédents, eux, sont publics.

Une plainte pour viol sur mineure a été déposée contre lui en août 2025. La procureure l’a confirmé mercredi, lors d’une conférence de presse tendue. Cette plainte, déposée par une autre victime présumée, a été transmise pour enquête à la gendarmerie en janvier 2026. « Les investigations sont en cours depuis », a précisé Clémence Meyer (source : Le Monde).

La suite est édifiante.

Une plainte pour viol classée sans suite ?

Août 2025. Une jeune fille — ou une enfant, les détails restent flous — porte plainte. Elle accuse cet homme de viol. La plainte est reçue, enregistrée. Et ensuite ? Cinq mois s’écoulent avant que le parquet ne transmette le dossier aux gendarmes. Cinq mois. Pourquoi un tel délai ? La procureure n’a pas donné d’explication satisfaisante.

En janvier 2026, l’enquête préliminaire débute. Puis, le 23 janvier, le parquet d’Auch décide de classer l’affaire ? Non : les investigations se poursuivent. Mais l’homme n’a jamais été placé en garde à vue pour cette plainte. Jamais entendu. Jamais interrogé.

« Mon client est toujours présumé innocent, il n’a jamais été entendu dans le cadre de cette enquête », a déclaré son avocat au Monde. Une défense classique. Mais quand une plainte pour viol sur mineure est déposée, n’y a‑t‑il pas urgence à auditionner le mis en cause ? — surtout quand il continue de travailler, de vivre normalement, et qu’il fréquente potentiellement des mineures.

Où est l’argent ? Où sont les moyens ? Le parquet d’Auch, comme beaucoup de parquets de province, croule sous les dossiers. Effectifs insuffisants. Délais qui s’allongent. Les victimes mineures attendent. Pendant ce temps, le présumé agresseur reste libre.

Le 29 mai 2026, neuf mois après la plainte, Lyhanna disparaît.

Le lycée avait alerté, personne n’a écouté

Ce n’est pas tout. L’homme n’en était pas à sa première alerte. Renvoyé de son lycée pour « comportement inapproprié envers une lycéenne ». L’information, confirmée par la procureure, a été rapportée par plusieurs médias. Un lycée, donc. Pas une rumeur. Un établissement qui a pris la décision de l’exclure.

Pourquoi ? Quels gestes précis ? Quels faits ? La procureure n’a pas donné de détails. Mais le motif est sans équivoque : « comportement inapproprié envers une lycéenne ». Une mineure, là encore.

(oui, vous avez bien lu)

Un homme accusé de viol sur mineure, renvoyé pour comportement inapproprié avec une autre mineure — et pourtant toujours en liberté, toujours inséré socialement, père de famille. Les pièces du puzzle s’assemblent. Le tableau est terrifiant.

Combien de signalements sont passés entre les mailles du filet ? Combien de fois cet homme a-t-il été signalé avant d’enlever Lyhanna ? Nous ne le savons pas encore. Mais au moins deux incidents graves étaient connus des autorités.

Pourtant, aucune mesure de contrôle judiciaire, aucune interdiction de contact avec des mineurs, aucun bracelet électronique. Rien.

Voilà.

Les questions que la procureure n’a pas posées

Clémence Meyer a parlé mercredi. Elle a confirmé les faits. Mais ses réponses ont laissé un goût amer. Les journalistes ont posé des questions précises. « Pourquoi le suspect n’a-t-il pas été arrêté avant ? » « Comment se fait-il qu’il n’ait pas été entendu depuis janvier ? » « Y a-t-il eu des signalements supplémentaires ? »

La procureure a répondu avec des phrases prudentes. Trop prudentes. « L’enquête sur la plainte pour viol est toujours en cours. » « Nous ne pouvons pas commenter une enquête en cours. » « Le principe de présomption d’innocence s’applique. » Des réponses juridiquement correctes, mais politiquement désastreuses.

Car le sujet, ce n’est pas la culpabilité pénale du suspect. C’est la protection des enfants. Quand une plainte pour viol sur mineure est déposée, quand un renvoi pour comportement inapproprié est prononcé, les autorités doivent-elles attendre que le pire arrive pour agir ?

La procureure n’a pas répondu.

Le parquet d’Auch a-t-il sous-estimé le danger ? Manqué de moyens ? Ou y a-t-il eu une forme de laxisme ? Les proches de Lyhanna, eux, ne posent pas ces questions. Ils veulent juste retrouver leur fille. Mais la société doit exiger des réponses.

La France des failles judiciaires

Ce n’est pas un cas isolé. Les faits divers de ce type se multiplient — et à chaque fois, la même rengaine : le suspect était connu, signalé, mais rien n’a été fait. Pas assez de moyens, pas assez de coordination entre l’Éducation nationale, la justice, la police. Pas assez de suivi des plaintes pour violences sexuelles.

Le Gers n’est pas une exception. La France entière souffre d’un système qui protège plus la réputation des institutions que la sécurité des enfants. Les plaintes s’empilent. Les délais s’allongent. Les victimes se découragent. Et les prédateurs continuent.

Dans cette affaire, l’homme de 41 ans est aujourd’hui le principal suspect de l’enlèvement de Lyhanna. Les recherches se poursuivent. Les gendarmes ont passé au peigne fin les environs de Montestruc-sur-Gers. Des plongeurs ont sondé les cours d’eau. Les pistes sont minces.

Mais la question qui reste — la seule qui importe pour les parents de Lyhanna, pour nous tous — : où est Lyhanna ?

Pourquoi l’État n’a-t-il pas protégé cette enfant avant qu’il ne soit trop tard ?

Ce n’est pas une erreur de gestion. C’est une succession de défaillances. Et ces défaillances ont des noms : des noms de magistrats, de fonctionnaires, de chefs d’établissement. Mais surtout, elles ont un visage : celui d’une petite fille de 11 ans qui n’est toujours pas rentrée chez elle.

Nous publierons les suites de cette enquête. Les révélations ne font que commencer.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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