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JusticeÉpisode 11/20

Lyhanna, 11 ans : une plainte classée, un meurtre, le procureur général avoue l'« échec »

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-10
Illustration: Lyhanna, 11 ans : une plainte classée, un meurtre, le procureur général avoue l'« échec »
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Ce jeudi, le corps de Lyhanna, 11 ans, est retrouvé dans le Gers. Une plainte pour viol sur mineure déposée en août 2025 avait été classée sans suite. Le principal suspect n'avait jamais été entendu. Le procureur général près la Cour de cassation, Riets, l'a reconnu lundi soir sur France 2 : « C'est un échec. » Les ministres de la Justice et de l'Intérieur ont été auditionnés par le Sénat. Plus de 150 rassemblements ont eu lieu en France. La mère d'une autre fillette de 10 ans, elle aussi victime présumée du même suspect, a depuis porté plainte contre l'État et Gérald Darmanin.

Les faits : une plainte classée, un suspect libre

Commençons par le commencement. Lyhanna Delsarte, née le 10 août 2008, disparaît fin mai 2026. Son corps est découvert près d'Auch dans le Gers. L'autopsie « confirme la présence de lésions », selon le parquet. Très vite, un nom émerge : celui d'un homme déjà connu de la justice.

Le principal suspect était libre — malgré plusieurs plaintes pour viol sur mineurs, selon la vidéo de TV Libertés. La plus récente remonte à août 2025. Une plainte déposée par la mère d'une fillette de 10 ans, prénommée Rosa. Les faits auraient eu lieu en 2024 et 2025. La plainte a été classée sans suite. Le suspect n'a jamais été entendu, ni placé en garde à vue. Aucun acte d'enquête rapide n'a été diligenté.

Le drame était écrit. Il s'est produit.

Le 9 juin 2026, la mère de Rosa porte plainte contre l'État et le ministre de la Justice Gérald Darmanin pour « faute lourde ». Cette action en justice vise directement l'incurie du système. Le corps de Lyhanna a été officiellement identifié le 5 juin. « Le corps retrouvé dans le Gers est bien celui de Lyhanna », annonce le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet (source : TF1 Info). Le suspect, lui, n'a pas encore été interpellé au moment des faits rapportés dans la vidéo.

Les aveux : « C'est un échec »

Lundi soir, le 20h de France 2 donne la parole au procureur général près la Cour de cassation, M. Riets. Sa déclaration est sans ambiguïté. « C'est un échec. C'est un échec. Et cette procédure, elle n'aurait pas dû connaître le traitement qu'elle a connu », répète-t-il.

Puis il nuance, défendant l'institution : « Jamais, je peux le dire solennellement, s'il y a bien un sujet sur lequel les magistrats ne font preuve ni de légèreté ni d'involture, ce sont les affaires qui concernent des enfants victimes. »

Contradiction ? Pour TV Libertés, c'est l'illustration d'une « institution pourrie ». La vidéo dénonce un système où « politique et magistrats font même combat ». Le procureur général promet des missions d'inspection. « Il faut absolument tout mettre à plat pour que plus jamais, plus jamais une telle affaire ne survienne. » Le ton est solennel. Les actes, eux, tardent.

Les ministres auditionnés, la crise politique s'installe

Mardi matin, 9 h 30. Laurent Nuñez (Intérieur) et Gérald Darmanin (Justice) sont convoqués par la commission des lois du Sénat. L'audience est tendue. Un député LFI prend Darmanin à partie : « Dans n'importe quel pays où il reste de la dignité en politique, vous auriez pris la parole pour annoncer votre démission. » Le ministre ne démissionne pas. Il reconnaît des dysfonctionnements, mais refuse de quitter son poste. L'horizon 2027 est trop proche.

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, s'en prend au « système politique trop masculin, trop déconnecté des réalités ». TV Libertés rétorque que plus de 70 % des magistrats sont des femmes, et que plusieurs femmes ont occupé le poste de garde des Sceaux — Rachida Dati, Christiane Taubira. Le procès en sexisme serait donc un « faux nez ».

Pendant ce temps, le Premier ministre réunit à Matignon les ministres de l'Intérieur, de la Justice, de la Santé, de l'Éducation nationale et de l'Égalité pour annoncer de nouvelles mesures de protection de l'enfance. La vidéo ironise : « encore l'exécutif devrait taper à côté en mettant en place des dispositifs de surveillance, modification des règles de prescription ou atteinte à la liberté d'éducation. » Sans toucher à la « caste judiciaire ».

Les manifestations : 150 rassemblements, 1 700 personnes à Paris

Partout en France, la colère gronde. Plus de 150 rassemblements sont organisés devant les palais de justice. Environ 1 700 personnes se réunissent près du palais de justice de Paris, et 1 200 place Vendôme, selon TV Libertés. Les cortèges mêlent « badauds, féministes, défenseurs de l'enfance » — un ensemble hétéroclite. Mais le message est le même : le système a failli.

À Paris, des voix s'élèvent contre l'impunité. « Combien d'enfants victimes de violences sexuelles vont arriver à des responsabilités politiques en comprenant ce sujet ? », interroge Marine Tondelier.

La vidéo rappelle que Lyhanna n'est pas la première. L'affaire Lola, l'affaire Philippine. Des noms qui résonnent. Pour TV Libertés, « les morts de Lyhanna, Lola, Philippine n'ont aucune importance pour eux — elles constituent seulement des opportunités de communiquer et de se justifier. »

Les révélations qui enveniment : promotion de la procureure, garde à vue du frère, commission Epstein

Les fuites s'enchaînent. Le journal Valeurs actuelles révèle que la procureure d'Auch, mise en cause dans l'affaire, devait être promue par Gérald Darmanin et Emmanuel Macron. Une information qui ajoute à la défiance.

Le frère du suspect principal a été placé en garde à vue lundi. Les faits : viol sur mineur de plus de 15 ans, viol par conjoint, séquestration et menaces de mort, commis entre 2007 et 2017. L'homme nie. L'enquête suit son cours.

Autre polémique : Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, accusée d'avoir bloqué une commission d'enquête parlementaire sur le volet français de l'affaire Epstein. Pierre Sotarel, sur X, rappelle cette obstruction alors que Braun-Pivet fait de la « réclame sur ce dossier tragique ». La présidente a répondu : « J'ai décidé de saisir le Conseil d'État sur la proposition de loi intégrale pour avoir un avis juridique. Nous sommes prêts, nous ne nous terrons plus. » Une attitude qualifiée de « géométrie variable » par la vidéo.

La machine judiciaire en accusation

Le procureur général Riets a promis un « plus jamais ça ». Mais pour TV Libertés, le problème est structurel. « La responsabilité n'est pas nécessairement à regarder au niveau du sexe », ironise la vidéo en réponse aux critiques féministes. Le vrai coupable serait « le système politico-financier », la « caste judiciaire » protégée par l'exécutif.

Le classement sans suite de la plainte d'août 2025 est au cœur de l'émotion. Une mère signalait un viol sur sa fille de 10 ans — comment a-t-elle pu être ignorée ? « La plainte n'aurait pas donné lieu à des actes d'enquête suffisamment rapides », concède le ministre Darmanin. Mais il ne démissionne pas.

Et le suspect ? Son identité n'a pas été rendue publique dans les sources consultées. La présomption d'innocence s'applique. Pourtant, les faits parlent d'eux-mêmes : un homme signalé à plusieurs reprises, jamais inquiété, et une enfant morte.

La réunion à Matignon a accouché de nouvelles mesures : surveillance, modification des règles de prescription, atteinte à la liberté d'éducation des familles — selon la vidéo, des mesures « à côté » qui ne touchent pas la « caste judiciaire ».

Conclusion : une crise de confiance

L'affaire Lyhanna n'est pas un incident. C'est un révélateur. Neuf ans de macronisme, des réformes judiciaires contestées, des moyens insuffisants, une machine qui tourne à l'envers. Les manifestations continuent. L'opposition réclame la démission de Darmanin. Le gouvernement temporise.

Le corps de Lyhanna a été retrouvé. Mais les questions restent. Combien d'autres plaintes classées sans suite ? Combien d'enfants en danger ?

Le procureur général l'a dit : « C'est un échec. » Reste à savoir si les mots précéderont les actes.

Sources : TV Libertés (TVL) – extrait vidéo du 10 juin 2026 ; TF1 Info (5 juin 2026) ; Le Parisien (14 février 2026) ; France 2 (20h, lundi 8 juin) ; Valeurs actuelles (juin 2026) ; Pierre Sotarel sur X ; Wikipédia – affaire Lyhanna (mise à jour juin 2026).

📰Source :youtube.com

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