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PolitiqueÉpisode 2/1

Meloni courtise l'Algérie pour sauver l'Italie de la crise gazière

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: Meloni courtise l'Algérie pour sauver l'Italie de la crise gazière
© YouTube

Alger tient Rome à sa merci

30%. Ce chiffre brûle les lèvres de tous les diplomates italiens. L'Algérie fournit déjà un tiers du gaz transalpain. Avec le Transmed — ce gazoduc géant qui pompe 32 milliards de m³ par an vers la Sicile —, elle pourrait couvrir la moitié des besoins.

Mais voilà. Les Algériens rigolent jaune. Pourquoi vendre à prix fixe quand le marché spot s'envole ? La Sonatra, le géant public local, joue cavalier seul. Meloni devra sortir l'artillerie lourde : investissements, contreparties industrielles, partenariats stratégiques.

Et pourtant. Alger sait qu'elle tient la corde.

Qatar : la trahison

10% d'approvisionnement en moins. Brutal. Le 3 mars, Qatar Energie lâche une bombe : Ras Laffan, son site phare, ne fournira plus de GNL avant 2029 au mieux. Merci les frappes iraniennes.

17% de capacité exportatrice envolée. L'Italie, qui importe 90% de son gaz, suffoque. L'industrie ? À genoux. Les centrales électriques ? En sursis.

Une question taraude les chancelleries : Doha honorera-t-il ses contrats ? La réponse glace le sang. "On verra", murmurent les Qataris.

Le piège américain

Trump adore les coups de théâtre. Son dernier en date ? Bloquer le GNL vers l'Europe tant que Bruxelles ne signe pas son traité commercial. Un chantage à 300% de marge.

Ajoutez-y le baril d'Ornuz — où les tankers naviguent sous escorte militaire — et vous obtenez une équation infernale. Le GNL américain coûte deux fois plus cher que le gaz algérien. Et il arrive... quand il arrive.

L'Azerbaïdjan, rustine insuffisante

Le Transadriatique ? Une bouée trop petite. Ce gazoduc vers les Pouilles ne couvre que 8% des besoins italiens. Sympathique appoint. Solution miracle ? Loin de là.

Meloni mise donc tout sur l'Algérie. Elle propose carrément une chambre de commerce commune. Mais là-bas, on compte les zéros : 60 milliards d'investissements prévus d'ici 2030. Pas question de brader l'or bleu.

L'Algérie, reine du jeu

La guerre en Ukraine. Le chaos qatari. Chaque crise renforce Alger. L'Europe supplie. Les contrats pleuvent.

Meloni doit négocier comme jamais. Agriculture contre gaz ? Usines automobiles contre prix stables ? Tout est sur la table. Mais le temps presse. L'hiver prochain se prépare aujourd'hui.

Sources:

  • "Qatar Energie"
  • "Sonatra"

Par la rédaction de Le Dossier

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