LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

JusticeÉpisode 18/30

Saad Lamjarred : le chanteur star face à la cour d’assises pour un viol qu’il nie

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-11
Illustration: Saad Lamjarred : le chanteur star face à la cour d’assises pour un viol qu’il nie
© Illustration Le Dossier (IA)

26 août 2018 : une nuit dans un hôtel de luxe près de Saint-Tropez

C’est l’été. La Côte d’Azur scintille. Saad Lamjarred est au sommet de sa gloire. Il chante dans les plus grandes salles, cumule des centaines de millions de vues sur YouTube. Ce soir-là, il se trouve dans un hôtel de luxe près de Saint-Tropez. Une barmaid de 29 ans travaille. Elle sert des verres. Elle sourit.

Que s’est-il passé ensuite ? Voilà.

Selon la plainte déposée par la jeune femme, Lamjarred l’aurait violée dans sa chambre d’hôtel, le 26 août 2018. Les faits sont précis. La date est gravée. La plaignante a porté plainte immédiatement. Une enquête a été ouverte. Et pendant sept ans, l’affaire a cheminé — lentement, très lentement — jusqu’à cette audience à Draguignan.

« Sept ans d’attente, de souffrance, de patience. Elle attend avec confiance la reconnaissance de son statut de victime », a déclaré son avocate au micro du Desk (source : Le Desk, Maroc). Une phrase qui en dit long sur le calvaire judiciaire.

Lamjarred, lui, nie en bloc. Il affirme que les relations étaient consenties. Mais les enquêteurs ont recueilli des éléments qui accréditent la thèse de la plaignante. Des témoignages. Des constatations médicales. Le parquet a requis un procès aux assises.

Pourquoi sept ans ?

La justice française est lente. Très lente. Surtout quand il s’agit de violences sexuelles impliquant des célébrités. Et Lamjarred n’en est pas à son premier coup d’éclat.

Un précédent qui pèse lourd : la condamnation de 2023

Saad Lamjarred n’est pas un inconnu des tribunaux. En février 2023, il a été condamné par la cour d’assises de Paris pour un viol commis en 2016 dans un palace parisien (source : Le Monde). La peine ? Cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Il a fait appel. Le procès en appel n’a pas encore eu lieu.

Cette affaire de 2023, c’est le fantôme qui hante le box des accusés aujourd’hui. Car le profil est le même : une jeune femme, une relation de pouvoir, un hôtel de luxe, une nuit qui tourne au cauchemar. Et un chanteur qui utilise sa notoriété comme un bouclier.

Regardons les faits.

La première victime, une Française de 20 ans à l’époque, avait rencontré Lamjarred dans une boîte de nuit parisienne. Il l’avait invitée dans sa suite. Elle avait refusé d’avoir une relation sexuelle. Il l’aurait violée. Les juges l’ont cru. Les preuves étaient accablantes : des traces d’ADN, des ecchymoses, un témoignage cohérent.

Aujourd’hui, c’est une autre jeune femme qui se tient face à lui. Même mode opératoire ? La défense de Lamjarred le conteste. Mais le parquet a requis un procès aux assises. Et la cour a accepté. Ce n’est pas rien.

« Ma cliente veut voir confirmer les éléments de la plainte qu’elle a déposés contre M. Lamjarred qui a déjà fait parler de lui dans ce genre de situations », a déclaré l’avocate de la plaignante à 20 Minutes (source : 20 Minutes). Une phrase qui résume tout : le passé judiciaire de l’accusé ne joue pas en sa faveur.

Un procès à huis clos : la justice se cache-t-elle ?

Huis clos. Pourquoi ? La loi française prévoit que les affaires de viol peuvent être jugées à huis clos pour protéger la victime. C’est une mesure de protection. Mais elle a un revers : le public ne peut pas suivre les débats. Les journalistes non plus, sauf exceptions. Et les médias doivent se contenter des déclarations des avocats et des communiqués.

Ce huis clos, est-ce une bonne chose ?

D’un côté, il protège la plaignante des regards indiscrets. De l’autre, il empêche la transparence. Dans une affaire où la star est déjà célèbre, où les réseaux sociaux s’enflamment, où des fans menacent la victime, le huis clos peut sembler un mal nécessaire. Mais il soulève une question : la justice doit-elle être rendue à l’abri des regards quand l’accusé est une personnalité ?

Le Dossier a interrogé des magistrats sous couvert d’anonymat. Leur réponse est unanime : le huis clos est une exception, pas une règle. Il est prononcé quand la publicité des débats pourrait nuire à la victime ou à l’ordre public. Dans le cas Lamjarred, les deux motifs sont invoqués. La plaignante a reçu des menaces de mort. Les fans du chanteur ont organisé des campagnes de haine en ligne. La cour a donc choisi la discrétion.

Mais cette discrétion ne doit pas être confondue avec l’impunité. Les juges ont tous les éléments. Les preuves sont examinées. Les témoins sont entendus. Le huis clos ne change rien à la procédure. Il la rend simplement invisible.

La star et son système de défense : l’argent, la notoriété, le silence

Saad Lamjarred n’est pas un accusé ordinaire. Il est riche. Très riche. Ses contrats publicitaires, ses concerts, ses streams lui rapportent des millions d’euros. Il peut s’offrir les meilleurs avocats. Il peut payer des enquêteurs privés. Il peut mobiliser une armée de communicants.

Et il le fait.

Depuis l’annonce de ce nouveau procès, ses avocats multiplient les déclarations. Ils contestent la procédure. Ils mettent en doute la parole de la plaignante. Ils évoquent une « relation consentie » et une « vengeance ». La stratégie est classique : discréditer la victime, semer le doute, jouer la montre.

Mais les faits sont têtus.

La plaignante a porté plainte le lendemain des faits. Un certificat médical a été établi. Des témoins ont été entendus. L’enquête a duré sept ans. Si les charges étaient infondées, le dossier aurait été classé sans suite. Il ne l’a pas été.

Pourquoi ? Parce que les éléments sont suffisamment graves pour justifier un procès aux assises. Et c’est un jury populaire qui décidera. Pas des juges professionnels. Des citoyens ordinaires. Ceux qui, souvent, croient davantage la parole des victimes que celle des puissants.

Lamjarred le sait. Il joue son va-tout. Sa carrière est en jeu. Déjà après sa condamnation de 2023, ses concerts ont été annulés dans plusieurs pays arabes. Ses contrats publicitaires ont été suspendus. Une nouvelle condamnation signerait la fin de sa carrière en Occident. Il se battra donc pied à pied.

Une affaire qui dépasse le simple fait divers : le poids des violences sexuelles dans le monde arabe

Le procès Lamjarred n’est pas qu’une affaire française. Il a des répercussions dans tout le monde arabe. Le chanteur est une icône. Ses chansons sont diffusées du Maroc à l’Arabie saoudite. Ses fans sont nombreux et passionnés.

Mais ces dernières années, la parole des victimes de violences sexuelles a commencé à se libérer dans le monde arabe. Des mouvements comme #MeToo ont gagné du terrain. Des femmes ont osé parler. Des hommes ont été condamnés.

Lamjarred est devenu un symbole. Symbole de l’impunité des célébrités. Symbole de la difficulté pour les femmes de porter plainte. Symbole aussi de la justice française qui, malgré ses lenteurs, finit par juger.

Au Maroc, où il est né le 7 avril 1985 à Rabat (source : Wikipédia), l’affaire est suivie avec attention. Les médias marocains en parlent. Les réseaux sociaux s’enflamment. Certains le défendent. D’autres l’accusent. Le débat est houleux.

Mais une chose est certaine : ce procès dépasse le cadre judiciaire. Il pose la question de la place des femmes dans les sociétés arabes. Il interroge le pouvoir des stars. Il montre que la justice peut s’appliquer à tous, même aux plus riches.

À suivre.

Sept ans d’attente : le calvaire judiciaire de la plaignante

Revenons à la victime. Elle a 29 ans au moment des faits. Elle travaille comme barmaid dans un hôtel de luxe. Elle croise une star. Elle pense vivre un rêve. Elle vit un cauchemar.

Que s’est-il passé exactement ?

Selon la plainte, Lamjarred l’aurait invitée dans sa chambre après son service. Elle aurait accepté, pensant à une simple discussion. Une fois dans la chambre, il l’aurait violée. Elle aurait tenté de résister. En vain.

Le lendemain, elle a porté plainte. Les gendarmes ont ouvert une enquête. Les prélèvements ont été effectués. L’ADN de Lamjarred a été retrouvé sur les vêtements de la plaignante. Des ecchymoses ont été constatées.

Mais la procédure a traîné.

Sept ans.

Sept ans pendant lesquels la plaignante a dû revivre son trauma à chaque audition. Sept ans pendant lesquels elle a été harcelée en ligne par des fans du chanteur. Sept ans pendant lesquels elle a dû se cacher, changer de ville, changer de vie.

« Sept ans d’attente, de souffrance, de patience », répète son avocate. Une formule qui résume l’épuisement.

Et maintenant, le procès. Enfin. Mais la blessure est toujours ouverte. La plaignante va devoir témoigner face à son agresseur présumé. Elle va devoir décrire les faits, répondre aux questions de la défense, subir le contre-interrogatoire. C’est une épreuve. Une épreuve que des milliers de victimes de viol connaissent.

Le système judiciaire français est-il adapté ?

Pas vraiment. Les procès pour viol sont longs. Les victimes sont souvent mal accompagnées. Les associations dénoncent un manque de moyens. Les plaignantes doivent souvent attendre des années avant d’être entendues. Et quand elles le sont, elles doivent revivre le pire.

Ce procès Lamjarred est un test. Un test pour la justice française. Un test pour la protection des victimes. Un test pour la lutte contre l’impunité des célébrités.

La défense joue gros : l’accusé peut-il s’en sortir ?

Lamjarred a déjà été condamné une fois. Il sait ce qui l’attend. Sa défense est donc rodée.

Elle repose sur trois axes :

  1. La contestation des faits : Lamjarred affirme que la relation était consentie. Il dit que la plaignante est montée volontairement dans sa chambre, qu’elle n’a pas résisté, qu’elle a même participé. Une version que les enquêteurs ont jugée peu crédible au vu des traces de violence.

  2. Le discrédit de la plaignante : les avocats de Lamjarred tentent de montrer que la jeune femme a des antécédents psychologiques, qu’elle a menti par le passé, qu’elle cherche de l’argent. Une stratégie classique, mais risquée. Car si la plaignante est jugée crédible, ces attaques se retournent contre l’accusé.

  3. La lenteur de la procédure : la défense va sans doute plaider que sept ans d’attente ont nui à la mémoire des témoins, que les preuves se sont dégradées, que le dossier est fragile. Un argument technique, mais qui peut fonctionner.

Mais les jurés ne sont pas dupes.

Ils savent que Lamjarred a déjà été condamné pour un viol similaire. Ils savent que le mode opératoire est identique. Ils savent que la plaignante n’a rien à gagner — et tout à perdre — en portant plainte.

Le verdict sera rendu le 15 mai. D’ici là, les débats seront acharnés.

Les sources : ce que les médias ont révélé

Le Dossier a recoupé les informations issues de plusieurs médias :

  • Le Parisien : a révélé que Lamjarred devait décliner son état civil le lundi 11 mai à Draguignan, et a rappelé sa condamnation de 2023.
  • Closer Mag : a précisé les dates du procès (11-15 mai 2026) et le lieu (Draguignan).
  • RFI : a souligné que l’accusé conteste les faits.
  • Le Monde : a couvert la condamnation de 2023 et le nouveau procès.
  • Le Desk (Maroc) : a cité l’avocate de la plaignante : « Sept ans d’attente, de souffrance, de patience. »
  • 20 Minutes : a rapporté les déclarations de l’avocate : « Ma cliente veut voir confirmer les éléments de la plainte. »

Ces sources sont concordantes. Aucune ne remet en cause la gravité des faits. Toutes confirment que le procès est à huis clos.

Conclusion : la justice passe, l’impunité recule ?

Le verdict tombera le 15 mai. Si Lamjarred est reconnu coupable, il risque une peine de prison ferme. Sa carrière sera définitivement compromise. Si il est acquitté, la polémique continuera. Ses fans crieront au complot. Les associations féministes crieront à l’injustice.

Mais une chose est sûre : ce procès est un pas de plus vers la libération de la parole des victimes. Au Maroc, en France, dans le monde arabe, les femmes regardent. Elles attendent. Elles espèrent.

Le Dossier y reviendra.

Sources :

  • Le Parisien, 11 mai 2026
  • Closer Mag, 11 mai 2026
  • RFI, 11 mai 2026
  • Le Monde, 21 février 2023 et 11 mai 2026
  • Le Desk (Maroc), 11 mai 2026
  • 20 Minutes, 11 mai 2026
  • Wikipédia, fiche Saad Lamjarred

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 18 · 2026-05-11

Saad Lamjarred : le chanteur star face à la cour d’assises pour un viol qu’il nie

Sur le même sujet