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Saint-Ouen : Karim Bouamrane, maire PS, engage un bras de fer contre Master Poulet

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-30
Illustration: Saint-Ouen : Karim Bouamrane, maire PS, engage un bras de fer contre Master Poulet
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Quand la ville se transforme en champ de bataille

6 euros. Le prix d'un repas chez Master Poulet. Une somme dérisoire pour des familles en galère. Mais un chiffre qui fait grincer des dents à la mairie.

Bouamrane a sorti l'artillerie lourde. D'abord les blocs de béton — retirés en 48 heures par ordre du tribunal. Puis ces pots de fleurs monumentaux qui bloquent l'accès. Enfin ce camion municipal stationné devant la devanture. "On ne laissera pas faire n'importe quoi", martèle l'élu.

Le tribunal de Montreuil lui a donné tort. Éric Coquerel (LFI) monte au créneau : "Un élu n'est pas au-dessus des lois". Pendant ce temps, Master Poulet continue de servir son poulet halal à prix cassé — souvent importé de Pologne. La mairie crie à la provocation. L'enseigne parle de "liberté d'entreprendre".

Le dilemme : bien manger ou manger à sa faim ?

84 000 morts par an. Le tribut de l'obésité en France. Un chiffre qui donne le tournis. "On crève de ce qu'on mange", lance Thierry Marx, le chef engagé.

Les fast-foods ? Ils pullulent. 52 000 enseignes aujourd'hui contre 13 000 il y a vingt-cinq ans. Record européen. Alain Fontaine, restaurateur historique, n'en revient pas : "On a tué notre patrimoine culinaire".

Et pourtant. Comment concurrencer un menu à 6€ quand ton resto traditionnel affiche 22€ pour une marge ridicule ? "Les petits meurent, les chaînes prospèrent", constate Marx, amer. La faute à qui ? À un système qui pousse au moins-disant alimentaire.

125 milliards. Le coût annuel de la malbouffe pour la collectivité. De quoi financer trois fois le plan Marshall. Pendant ce temps, l'État continue de subventionner la grande distribution à coup de titres-restaurants. Ironique, non ?

Gauche contre gauche : le match

"Clientélisme". Le mot circule sous le manteau chez les socialistes. Coquerel défend Master Poulet au nom du pouvoir d'achat. Bouamrane y voit une trahison des valeurs progressistes.

Saint-Ouen devient le ring d'une guerre intestine. Le PS défend ses bobos. La LFI ses quartiers populaires. "Préfiguration des batailles de 2027", glisse un journaliste du Figaro.

Même dans son camp, Bouamrane fait grincer des dents. "On ne peut pas interdire aux gens de se nourrir", soupire un de ses électeurs. Le maire campe sur ses positions : "Je défends une certaine idée de la ville." Et si les deux avaient raison ?

La malbouffe, piège à cons

50%. Le seuil minimal de viande française dans les burgers — une concession arrachée par les agriculteurs. Trop peu, trop tard.

"On a perdu la guerre des mentalités", lâche Marx. Les jeunes font la queue devant Master Poulet quand les bistrots se meurent. Phénomène générationnel ? "Manger sain, c'est devenu un truc de riche", regrette un sociologue.

Les chefs proposent une loi sur le "fait maison". Pour éduquer, distinguer les enseignes. Mais le train est-il déjà parti ? "La restauration traditionnelle est condamnée", pronostique un observateur.

Bouamrane résiste. Son combat pose une question simple : jusqu'où une ville peut-elle aller pour protéger ses habitants ? La réponse divise. Comme souvent.

Sources

  • Décision du tribunal administratif de Montreuil
  • Données de l'UMIH (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie)
  • Enquête du Figaro sur la restauration rapide
  • Chiffres de la Santé publique France
  • Interviews des acteurs concernés

📰Source :youtube.com

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Épisode 3 · 2026-04-30

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