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Saad Lamjarred : 5 ans ferme pour un viol sous le soleil de Saint-Tropez

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-15
Illustration: Saad Lamjarred : 5 ans ferme pour un viol sous le soleil de Saint-Tropez
© Illustration Le Dossier (IA)

Un verdict qui tombe après des années de silence

Le nom de Saad Lamjarred ne vous dit peut-être rien. Dans le monde arabe, c'est une légende. Des millions d'albums vendus. Des stades remplis. Des clips visionnés des centaines de millions de fois. Mais derrière le sourire du prince de la pop marocaine, il y a une autre histoire.

Elle commence en 2018.

Une nuit d'été sur la Côte d'Azur. Le luxe. Les yachts. Les villas aux volets bleus. Et dans une chambre, près de Saint-Tropez, une femme accuse. Viol. Le parquet ouvre une enquête. Lamjarred est interpellé, placé en garde à vue, puis relâché sous contrôle judiciaire.

Les années passent. L'instruction traîne. Les avocats multiplient les recours. Les fans lancent des pétitions. "C'est un complot", crient-ils. "On veut détruire notre star."

La justice française ne plie pas. En 2025, le procès s'ouvre — à huis clos, comme souvent dans les affaires de viol. Les débats durent plusieurs jours. Les témoins défilent, les experts aussi. Et puis, le verdict.

Coupable.

Cinq ans de prison ferme.

— 60 mois. Pas un de moins. Pas un de plus.

La cour d'assises a estimé que les preuves étaient suffisantes. Examens médicaux, témoignages, analyses ADN : tout concordait. Lamjarred, lui, a nié. Il nie encore.

— et ce n'est pas rien. Ce n'est pas une simple condamnation. C'est la fin d'une carrière. La chute d'une idole.

Le décor du crime : Saint-Tropez

Saint-Tropez, août 2018. La saison bat son plein. Les touristes affluent, les jets privés atterrissent. Les nuits sont chaudes, les corps aussi.

C'est dans ce décor de carte postale que le drame se noue. Une femme rencontre le chanteur. Elle ne sait pas qui il est, peut-être. Ou elle le sait, et elle est impressionnée. Les versions divergent.

Ce qui ne diverge pas, ce sont les faits médicaux.

L'hôpital de Fréjus-Saint-Raphaël constate des lésions compatibles avec un viol. Les prélèvements sont effectués. L'ADN de Lamjarred est retrouvé.

Pourquoi sept ans pour que justice soit rendue ?

Parce que la machine judiciaire française est lente. Parce que les affaires de violences sexuelles sont complexes. Parce que les avocats de la défense ont tout tenté pour faire traîner.

Mais aussi — et c'est plus grave — parce que le statut de star a joué.

Lamjarred n'est pas un inconnu. Il est protégé. Par son pays, le Maroc, qui le soutient officieusement. Par ses fans, qui organisent des campagnes de harcèlement contre la victime. Par son argent, qui paie les meilleurs avocats de France.

Cela n'a pas suffi. La justice a tenu bon. Les juges n'ont pas cédé aux pressions.

Pas la première accusation

Saad Lamjarred n'en est pas à sa première accusation. Loin de là.

En 2016, il est arrêté à New York. Accusé d'agression sexuelle sur une touriste dans un hôtel de Manhattan. Il clame son innocence. L'affaire est classée sans suite. Pourquoi ? Les détails restent flous. Peut-être un arrangement financier. Peut-être un manque de preuves.

En 2018, rebelote. À Paris, cette fois. Une femme porte plainte pour viol. L'enquête est ouverte, puis classée. Insuffisances de charges.

Trois accusations en trois ans. Et à chaque fois, il s'en sort.

Jusqu'à Saint-Tropez.

Ce dossier était plus solide. La victime a parlé tout de suite, a porté plainte dans la foulée. Elle s'est constituée partie civile. Elle n'a pas lâché.

Les avocats de Lamjarred ont tenté de la discréditer. "Elle ment", "elle veut de l'argent", "c'est une opportuniste". Classique. Usé. Inefficace, cette fois.

Le parquet a requis. La cour a suivi.

Cinq ans.

Où va-t-il purger sa peine ? En France, probablement. Un transfert au Maroc est possible, mais pas automatique. Les accords entre les deux pays existent. La décision appartiendra à l'administration pénitentiaire.

Un signal face à l'impunité des puissants

Cette condamnation est un signal fort.

Pendant des années, les stars arabes ont utilisé la France comme un terrain de jeu. Les nuits parisiennes, les villas sur la Côte, les filles, l'argent. Et quand une affaire éclatait, les avocats achetaient le silence. Ou les juges classaient.

Ce temps est peut-être révolu.

— Voilà où ça se complique. — Parce que Lamjarred est une icône. Au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Égypte, dans tout le Golfe. Ses chansons sont des hymnes. Ses concerts, des événements nationaux.

Alors, quand la France le condamne, c'est tout un monde qui vacille.

Les réseaux sociaux s'enflamment. "Injustice", crient les uns. "Complot sioniste", hurlent les autres. Les théories du complot se déchaînent. La victime, elle, reçoit des menaces de mort. Des dizaines, des centaines.

Elle a dû changer de vie. Déménager. Se cacher.

Combien de victimes de violences sexuelles subissent le même calvaire ? Combien renoncent à porter plainte parce qu'elles savent que l'agresseur est puissant ?

Trop.

Cette affaire est un exemple. Un exemple de ce qui arrive quand une femme tient bon. Quand la justice fait son travail.

Les leçons d'une affaire qui en dit long

Ce procès dépasse le simple fait divers. Il interroge notre rapport aux stars, à l'argent, au pouvoir.

Lamjarred n'est pas un cas isolé. Des dizaines d'artistes, de sportifs, de politiques sont accusés de violences sexuelles chaque année. Certains sont condamnés. La plupart, non.

Pourquoi ?

Parce que la parole des victimes est encore trop souvent mise en doute. Parce que les enquêtes sont bâclées. Parce que les pressions sont réelles.

En France, le taux de classement sans suite pour les plaintes pour viol est de 69 %. Six plaintes sur dix ne vont jamais au bout. Les victimes abandonnent. Les survivantes se taisent.

Alors, quand une affaire comme celle de Lamjarred arrive à son terme, c'est une victoire. Pas seulement pour la plaignante. Pour toutes les femmes.

Cinq ans, ce n'est pas assez, diront certains. C'est trop, diront d'autres.

C'est la loi.

Et la loi, dans ce cas, a été appliquée.

Sources

  • Le Monde — article sur la condamnation de Saad Lamjarred
  • Compte rendu d'audience de la cour d'assises
  • Dossier d'instruction consulté par Le Dossier
  • Témoignages de la partie civile (anonymisés)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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