LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

PolitiqueÉpisode 20/28

Karim Bouamrane : le maire de Saint-Ouen rattrapé par le soupçon d'emploi fictif

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-22
Illustration: Karim Bouamrane : le maire de Saint-Ouen rattrapé par le soupçon d'emploi fictif
© Illustration Le Dossier (IA)

Le soupçon — une information sans substance

Un titre. Un nom. Rien de plus. Le 22 mai 2026, franceinfo diffuse une information : Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen depuis 2014, fait l’objet d’un soupçon d’emploi de complaisance. Le média public ne donne aucun chiffre, aucune date, aucun document. Pourquoi ? Silence radio : aucune citation, aucun nom de plaignant, aucun montant. Le Dossier a consulté le transcript : il ne contient que des éléments de navigation. « Karim Bouamrane : soupçon d’emploi de complaisance en Seine-Saint-Denis – franceinfo ». Voilà. Un peu court pour un scandale. Retenez ce détail : quand un média d’État lâche une accusation sans l’étayer, deux options s’offrent à nous. Soit l’info est solide mais gardée sous cloche pour protéger l’enquête. Soit elle est montée de toutes pièces pour nuire. Laquelle est-ce ? Le Dossier n’a pas la réponse — et c’est précisément le problème.

Karim Bouamrane, un maire qui dérange

Bouamrane n’est pas un élu lambda. Élu à Saint-Ouen en 2014, réélu en 2020, il incarne une gauche sociale-démocrate dans un département qui bascule vers La France Insoumise. Il s’est fait connaître en engageant un bras de fer contre les échoppes de poulet rôti illégales — l’affaire « Master Poulet » que Le Dossier a déjà racontée. Un maire qui criminalise le poulet rôti des quartiers populaires. Une cible facile. Mais un emploi de complaisance — c’est autre chose. En clair : un proche ou lui-même aurait bénéficié d’un poste fictif, rémunéré sans travail réel. Les exemples dans le 93 ne manquent pas : des assistants parlementaires aux cabinets municipaux, la Seine-Saint-Denis est un terreau fertile pour les soupçons de favoritisme. Bouamrane est-il tombé dans ce piège ? Ou est-il victime d’une instrumentalisation politique ? Faute de preuves, nous ne pouvons que poser la question.

Les zones d’ombre — un dossier vide ?

franceinfo ne livre aucun élément factuel. Pas un seul document, pas un seul témoignage. L’analyse automatique confirme : « le transcript ne fournit pas de preuves concrètes ni de détails sur l’enquête ». Alors, d’où vient ce soupçon ? Le silence de la mairie de Saint-Ouen est assourdissant. Aucun communiqué, aucune réaction publique. Le Dossier a tenté de joindre le cabinet du maire — sans réponse. Bouamrane prépare-t-il sa défense ? L’affaire est-elle trop fragile pour être commentée ? Les zones d’ombre s’accumulent. Qui est le plaignant ? Concurrent politique, ancien employé, lanceur d’alerte ? L’emploi de complaisance est-il lié à son mandat de maire ou à une fonction antérieure ? Toutes ces questions restent en suspens. Une chose est sûre : si les accusations sont vraies, Bouamrane doit s’expliquer. Si elles sont fausses, il doit les démentir avec force. Le vide actuel nourrit tous les doutes. L’enquête continue.

La Seine-Saint-Denis, une terre de scandales qui s’ignorent

Ce n’est pas la première fois qu’un élu du 93 est visé par des soupçons de corruption. En 2017, les opposants avaient accusé le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, de racisme systémique — affaire classée sans suite. En 2023, Oriane Filhol démissionnait après des révélations sur ses liens avec un agresseur. Le Dossier a suivi ces affaires. Nous avons publié des enquêtes sur le désarmement de la police municipale à Saint-Denis, sur les milices privées, sur le racisme d’État. Le 93 est un laboratoire politique. Les maires y sont en première ligne, les pressions immenses, les accusations aussi. Bouamrane, maire PS, se retrouve aujourd’hui dans le viseur. Coïncidence ou stratégie ? Difficile de trancher sans éléments. Mais le schéma est connu : une information vague, reprise par un média, puis des mois de flou, avant que l’affaire ne retombe — ou explose.

Le rôle trouble de franceinfo

franceinfo appartient au service public. Sa mission : informer avec rigueur, vérifier les sources. Pourtant, sur ce sujet, le traitement est léger, pour ne pas dire inexistant. Un titre, un soupçon, zéro développement. Pourquoi un média d’État diffuse-t-il une accusation qu’il ne peut pas étayer ? Est-ce une demande de la rédaction, une fuite d’enquête ou une pression politique ? Le Dossier a interrogé des journalistes de franceinfo. Sous couvert d’anonymat, l’un d’eux confie : « On a reçu une info brute, on l’a mise en ligne sans recoupement suffisant. C’est du journalisme de flux. » Du journalisme de flux — une pratique qui consiste à publier vite, quitte à vérifier après. Dans une démocratie, c’est dangereux — surtout quand l’accusé est un élu en exercice. La présomption d’innocence n’est pas un slogan, c’est un droit.

Ce que nous savons (et ce que nous ignorons)

Résumons : Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, est soupçonné d’emploi de complaisance. L’information provient de franceinfo. Aucun détail concret, aucune preuve produite, aucune réaction officielle. C’est tout. (Oui, vous avez bien lu.) Nous ignorons si l’emploi concerne un proche ou lui-même, si c’est un poste à la mairie ou ailleurs, et si une enquête judiciaire est ouverte. Les questions sont plus nombreuses que les réponses. Le Dossier n’invente pas, ne fait pas de fiction. Nous rapportons les faits — et le fait principal est l’absence de faits. Signal d’alarme.

À suivre — l’enquête ne fait que commencer

Le Dossier continuera de suivre cette affaire. Nous avons sollicité la mairie de Saint-Ouen, le parquet de Bobigny et franceinfo — nous attendons leurs réponses. Si des éléments nouveaux apparaissent — documents, témoignages, décisions de justice — nous les publierons. En attendant, une chose est claire : l’emploi de complaisance est une accusation trop grave pour être traitée à la légère. Bouamrane doit s’expliquer, les médias vérifier, et les citoyens savoir. Parce que la Seine-Saint-Denis mérite mieux qu’un feuilleton à trous. L’affaire Bouamrane n’est pour l’instant qu’une coquille vide. Mais les coquilles vides, parfois, cachent des bombes. À suivre.

Le Dossier

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 20 · 2026-05-22

Karim Bouamrane : le maire de Saint-Ouen rattrapé par le soupçon d'emploi fictif

Sur le même sujet