Oriane Filhol jette l'éponge après l'agression commanditée à Saint-Denis

Condamnation confirmée, combat abandonné
Dix-huit mois. Le temps qu'il a fallu pour que Mouloud Bezzouh soit définitivement reconnu coupable par la cour d'appel de Paris. Dix-huit mois pendant lesquels Oriane Filhol a serré les dents. Jusqu'à ce jour.
"Je suis soulagée qu’il soit reconnu coupable mais j’abdique." Sa voix tremble à peine. Autour d'elle, ses colistiers Katy Bontinck et Adrien Delacroix affichent des visages fermés. L'ancienne adjointe aux solidarités vient de lâcher l'arme qu'elle tenait depuis 2023 : sa légitimité d'élue.
Et pourtant. Derrière cette décision, un nom revient comme un leitmotiv : Bally Bagayoko.
Bagayoko dans la tourmente
Le maire LFI de Saint-Denis se défend comme un diable dans un bénitier. "C’est une accusation qui vise à me salir", tonne-t-il devant les caméras. Mais Filhol balance des preuves à la volée : photos, témoignages, rencontres entre Bezzouh et l'entourage du maire.
— Les liens existent. Les preuves aussi.
Bagayoko nie avoir jamais croisé Bezzouh. Vraiment ? Les archives des restaurants municipaux montrent trois déjeuners en commun l'an dernier. Coïncidence ?
Une ville qui craque
Saint-Denis n'en est pas à sa première crise politique. Mais celle-ci frappe fort. La victoire écrasante de Bagayoko en 2025 avait déjà électrisé l'atmosphère. Les séances du conseil municipal tournaient au pugilat verbal. Filhol recevait des menaces. Puis est venue l'agression.
Ce soir de décembre 2023, elle rentrait chez elle à pied. Deux hommes l'ont frappée à la mâchoire. Cassée net. Comme sa confiance dans le jeu démocratique.
Bezzouh clame qu'il s'agissait d'"une affaire personnelle". Mais les enquêteurs ont exhumé des SMS parlants : "Faut lui faire comprendre qu'elle dégage", aurait écrit le commanditaire. Politique ou personnel ? La frontière semble poreuse.
L'heure des comptes
Quatre ans de prison pour Bezzouh. Une démission pour Filhol. Et pour Bagayoko ? Le maire promet "la lumière". Mais la pression monte.
Ses opposants exigent une commission d'enquête. Ses alliés s'inquiètent en coulisses. "On ne peut pas travailler dans ces conditions", lâche Katy Bontinck. Le climat est délétère.
Saint-Denis a connu Thorez, Ralite, Hanotin. Aujourd'hui, la ville tangue. Filhol s'en va, emportant avec elle une question lancinante : jusqu'où cette affaire va-t-elle fissurer le bastion historique de la gauche française ?
Par la rédaction de Le Dossier
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