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JusticeÉpisode 35/58

Lafarge finance le terrorisme en Syrie — et refuse de payer

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-28
Illustration: Lafarge finance le terrorisme en Syrie — et refuse de payer
© Illustration Le Dossier (IA)

1,125 million d'euros. Le prix d'une conscience. Le 13 avril 2026, la justice frappe Lafarge pour avoir arrosé de cash des groupes djihadistes syriens entre 2013 et 2014. Quinze jours plus tard, le cimentier et ses ex-patrons — Bruno Lafont en tête — claquent la porte du tribunal. Ils font appel.

2013 : l'année où tout a basculé

La Syrie brûle. Les combats ravagent le pays. Au milieu des ruines, une usine Lafarge continue de tourner. Comment ? En payant.

Pas des salaires. Des milices.

"Maintenir l'activité à tout prix", ordonne un memo interne. Les chiffres tombent : des millions d'euros envolés vers l'État islamique et le Front al-Nosra. Les preuves s'accumulent — transferts bancaires, emails compromettants, témoignages accablants.

Le verdict tombe. 1,125 million d'amende. Le maximum. Une misère pour un groupe qui engrange 15 milliards de chiffre d'affaires.

Bruno Lafont : les mains dans le ciment

Son nom revient comme un leitmotiv dans les procès-verbaux. Bruno Lafont. L'ex-PDG nie. Les juges, eux, n'ont aucun doute : "Les décisions venaient d'en haut."

Un cadre syrien tire la sonnette d'alarme dès 2014 : "On finance Daech." Rien n'y fait. Les chèques continuent. L'usine aussi.

"Tout le monde était au courant", murmure un ancien sous couvert d'anonymat. Et pourtant. Personne n'a rien stoppé.

Une amende qui fait rire jaune

1,125 million. Le tarif dérisoire du terrorisme made in France.

Comparaison qui tue : en 2025, une boulangerie triche sur ses impôts. Amende : 2 millions. Lafarge arme des djihadistes ? Moitié moins.

"Nos lois sont une passoire", peste Me Marie Dosé. L'avocate des victimes montre du doigt l'absurdité des chiffres : l'usine syrienne a engrangé 53 millions de bénéfices pendant la période incriminée. L'amende ? 2% de cette somme.

L'appel qui passe mal

28 avril 2026. Lafarge contre-attaque. Huit dirigeants font appel.

Légal ? Oui. Moral ? Voilà la question.

"Plutôt dépenser des millions en avocats que reconnaître leurs crimes", fulmine Me William Bourdon. Les preuves, pourtant, s'empilent : relevés bancaires, témoignages, documents internes.

La liste des bénéficiaires fait froid dans le dos :

  • L'État islamique
  • Le Front al-Nosra
  • Des milices locales

Tout est noir sur blanc.

Le jeu dangereux des multinationales

  1. Lafarge parle d'"erreurs". 2026. Le groupe conteste.

Un scénario bien rodé.

"Les amendes, pour eux, c'est du cost accounting", analyse Sherpa. Pas une sanction. Juste un aléa du business.

Le message est clair. Risques minimes. Profits maximaux. Justice impuissante.

Qui paiera vraiment, demain, pour ces calculs cyniques ?

Sources

  • Décision du tribunal correctionnel de Paris, 13 avril 2026
  • Documents internes de Lafarge (2013-2014)
  • Témoignages d'anciens employés
  • Relevés bancaires syriens
  • Communiqué de Lafarge du 28 avril 2026

L'enquête continue.

📰Source :youtube.com

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