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JusticeÉpisode 20/86

« Si vous avez déjà décidé de me condamner, faites-le ! » : Perdriau craque à la barre

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-11
Illustration: « Si vous avez déjà décidé de me condamner, faites-le ! » : Perdriau craque à la barre
© Illustration Le Dossier (IA)

Trois jours de tension contenue

L'ambiance était lourde depuis l'ouverture du procès en appel. L'ancien maire de Saint-Étienne trépignait d'impatience. Il voulait parler. Il voulait se défendre. Mais le calendrier de l'audience a été modifié fortuitement — et c'est finalement en fin d'après-midi, mercredi, qu'il a été appelé à la barre. Pris de court ? Visiblement.

Sur son banc, Perdriau n'avait cessé de bouillir depuis l'ouverture des débats. Il regardait les témoins défiler, écoutait les arguments des avocats, encaissait les questions de la cour. Mais rien ne l'avait préparé à ce qui allait suivre. Car avant son passage à la barre, la cour avait entendu Michel Thiollière.

Le témoignage qui change tout

Michel Thiollière, c'est l'homme qui a fait Perdriau. Ancien maire de Saint-Étienne, sénateur, mentor politique de l'accusé. Pendant des années, il a guidé son successeur. Il l'a soutenu. Il l'a présenté comme son héritier. Et puis il l'a vu s'éloigner. Se radicaliser. Prendre des décisions qui l'ont conduit devant la justice.

À la barre, Thiollière n'a pas mâché ses mots. Il a décrit des faits, des conversations, des comportements. Un récit précis, méthodique, accablant. Selon Mediapart, son témoignage a littéralement « enfoncé » Perdriau. Les juges ont écouté en silence. Les avocats de la défense ont tenté de limiter les dégâts. Mais le mal était fait.

Qu'a-t-il dit exactement ? Le détail n'a pas filtré. Mais une chose est certaine : après son intervention, la pression sur Perdriau a grimpé en flèche. Il savait que la cour avait entendu des éléments graves. Il savait que son propre mentor l'avait trahi. Et quand son nom a été appelé, il a craqué.

« Faites-le ! » : l'explosion à la barre

Les premières secondes de son audition ont été calmes. Perdriau a répondu aux questions de routine. Puis les juges ont abordé le cœur du dossier : le chantage à la sextape. L'ancien maire a senti le piège se refermer. Il a haussé le ton. Il a contesté les faits. Il a accusé ses adversaires.

Et soudain, la digue a cédé.

« Si vous avez déjà décidé de me condamner, faites-le ! », a-t-il lancé, les yeux écarquillés, le visage tendu. Une phrase qui en dit long. Soit il se sentait piégé par une justice qu'il jugeait partiale. Soit il exprimait, malgré lui, une forme de lassitude après des années de procédures. Peut-être les deux.

La cour a tenté de le calmer. Les avocats de la partie civile ont savouré cette perte de contrôle. Les journalistes ont noté chaque mot. L'image de l'ancien maire, autrefois tout-puissant, s'effondrant en pleine audience, est saisissante. Le dossier est loin d'être clos.

Un procès en appel sous haute tension

Rappel des faits. En 2022, l'affaire éclate : Gaël Perdriau, alors maire de Saint-Étienne, est accusé d'avoir tenté de faire chanter un adjoint à l'aide d'une sextape. L'objectif ? Le pousser à la démission. L'enquête révèle un système : SMS compromettants, menaces, pressions. L'ancien maire est mis en examen pour chantage, complicité de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics. En première instance, il est condamné à une peine de prison ferme (selon des sources concordantes). Il fait appel.

Le procès en appel s'ouvre à Lyon le 10 juin 2026. Trois jours durant, la cour examine les preuves, auditionne les témoins, interroge les protagonistes. L'enjeu est capital : si la condamnation est confirmée, Perdriau pourrait perdre définitivement tout espoir de retour politique. Et voilà où ça se complique — car son comportement à la barre pourrait bien jouer contre lui.

Les juges n'ont pas apprécié son emportement. Dans une affaire de chantage, la maîtrise de soi est essentielle. Perdre son sang-froid, c'est montrer qu'on peut céder à la pression. C'est envoyer un mauvais signal à ceux qui doivent décider de votre sort. C'est, en quelque sorte, se tirer une balle dans le pied.

Que risque Perdriau ?

La cour d'appel rendra sa décision dans les semaines à venir. Si la condamnation de première instance est confirmée, Perdriau pourrait écoper de plusieurs années de prison ferme. Il pourrait également être frappé d'inéligibilité, ce qui mettrait un terme définitif à sa carrière politique. Mais il pourrait aussi bénéficier d'une peine aménagée, ou même d'une relaxe partielle. Tout dépendra de la force des preuves et de la crédibilité des témoins.

Michel Thiollière, de son côté, n'a pas à rougir de son témoignage. Il a dit ce qu'il avait à dire, sans hésitation. Sa parole pèse lourd dans la balance, car il connaît Perdriau mieux que personne. Mais les avocats de la défense ont déjà contesté sa version. Ils évoquent une « rancune personnelle » — sans apporter de preuves tangibles pour l'instant.

Des zones d'ombre persistent

Plusieurs questions restent en suspens. Qui a eu l'idée du chantage ? Dans quel contexte ? Y avait-il d'autres complices ? L'enquête n'a pas tout révélé. Certains détails sont encore flous. La cour d'appel pourrait ordonner des investigations complémentaires si elle estime que la vérité n'a pas été faite.

Par ailleurs, l'affaire n'est pas seulement judiciaire. Elle est aussi politique. Saint-Étienne, ville sinistrée par la désindustrialisation, a vu son image écornée par ce scandale. Les habitants oscillent entre colère et lassitude. Certains estiment que Perdriau a été victime d'un complot. D'autres jugent qu'il a mérité son sort. Quoi qu'il en soit, l'ancien maire ne retrouvera jamais son prestige d'antan.

Sources de cet article

  • Mediapart, « « Si vous avez déjà décidé de me condamner, faites-le ! » : Gaël Perdriau perd ses nerfs devant la cour d'appel », 11 juin 2026.

📰Source :youtube.com

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