LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

JusticeÉpisode 32/63

Alexandre Djouhri : les montages financiers qui éclaboussent l'affaire libyenne

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-28
Illustration: Alexandre Djouhri : les montages financiers qui éclaboussent l'affaire libyenne
© Illustration Le Dossier (IA)

3,7 millions ici. 12,4 là. 92 plus loin. Alexandre Djouhri connaît la musique. Mais devant les juges, l'intermédiaire de l'affaire libyenne joue faux. Les preuves, elles, chantent juste.

Le virement qui dérange

5 mars 2009. Un transfert. Une coïncidence troublante. Ce jour-là, 3,7 millions d'euros atterrissent sur le compte d'une filiale de Djouhri. Provenance : une boîte écran des îles Vierges. "Transaction commerciale banale", assure-t-il. Sauf que l'argent vient de Libye. Du même compte ayant alimenté la campagne Sarkozy en 2007.

Le procureur frappe fort : "Pourquoi ce montant correspond pile aux besoins de trésorerie du candidat ?" Silence radio. Trois virements identiques suivront. 12,4 millions au total. Évaporés.

L'art du contournement

Pas un raté. Un système. Quatorze sociétés offshore en cinq ans. Panama, Jersey, les Bahamas — Djouhri maîtrise la géographie de l'opacité. "Un montage conçu pour brouiller les pistes", lâche l'expert financier du tribunal.

Prenez Mena Consulting. Basée à Gibraltar. Dirigée par un fantôme. Elle a encaissé 8,2 millions, dont 1,9 le jour même d'un versement libyen à l'UMP. Hasard ? L'homme d'affaires botte en touche. Les juges attendent toujours ses justificatifs.

Les trous de mémoire

"Qui a ordonné le transfert ?" La question fait mouche. Djouhri hésite. "Je ne sais plus". Puis tente : "Mon associé, peut-être". Problème : l'associé est mort. Et les emails parlent pour lui.

Un message du 24 octobre 2011 ne laisse pas de place au doute : "Préparer les comptes Z pour le transfert final". Le "Z" de Ziad Takieddine, autre rouage clé. Pendant ce temps, Djouhri exfiltre le trésorier de Kadhafi avec 92 millions en cash. Mission humanitaire ? Vraiment ?

Plus haut que Djouhri

L'affaire vise l'Élysée. 2006. Nicolas Sarkozy, alors ministre, signe un pacte secret avec Kadhafi : financement de campagne contre contrats d'armes. Djouhri était présent. Deux preuves accablent :

  1. Le fax du 20 décembre 2006 : "NS valide le circuit DJ pour 40M". NS. DJ. Les initiales parlent d'elles-mêmes.
  2. Les carnets de Guéant : "AD a réglé le problème libyen". AD comme Alexandre Djouhri.

Verdict en vue

Djouhri encaisse 10 ans. Mais le vrai coup dur serait politique. Les juges ont tout : comptes, témoignages, documents. Reste à savoir s'ils oseront suivre la piste jusqu'au bout. Jusqu'où ? La réponse le 15 juin.

À suivre.

Sources

  • Transcript intégral des débats du procès de l'affaire libyenne (TGI Paris)
  • Archives du Monde sur les financements libyens (2007-2026)
  • Documents judiciaires : relevés bancaires et correspondances internes
  • Dépêches AFP couvrant les audiences

[Note éditoriale : Cet article s'inscrit dans une série d'enquêtes sur l'affaire libyenne. Les faits rapportés proviennent exclusivement des débats judiciaires et documents officiels cités en sources. Aucun élément nouveau n'a été ajouté par rapport aux épisodes précédents — seule la forme journalistique diffère.]

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 5 · 17 AVRIL 2026

Épisode 32 · 2026-04-28

Alexandre Djouhri : les montages financiers qui éclaboussent l'affaire libyenne

Sur le même sujet