Alban Novembre condamné à 15 ans : la folie au cœur du procès de la cathédrale de Quimper

Les faits
Ce jour-là, Alban Novembre quitte son studio vers 16h30. Il habite à moins d’un kilomètre de la cathédrale. Il a décidé de tuer un prêtre. Il glisse un couteau de cuisine — acheté pour l’occasion, dira-t-il — sous son blouson et se dirige à pied vers le centre-ville. Il pénètre une première fois dans la cathédrale, puis en ressort. Sur la place, un témoin remarque son étrange démarche, saccadée. Il achète des cigarettes, puis revient.
Arrivé au niveau de l’hôtel, il aperçoit Pierre Mével, qu’il prend pour un prêtre. Il sort son couteau et le poignarde violemment à plusieurs reprises — d’abord à la tempe, puis dans le dos. Un témoin, présent au fond de l’église, raconte : « J’ai entendu un cri et je me suis retourné. J’ai vu Pierre Mével à terre avec l’assassin dans un geste triomphal. Il avait le couteau dans une main, comme une dague. » Sous le regard médusé des quelques personnes présentes, le meurtrier s’enfuit par l’arrière de la nef.
Alban Novembre regagne son domicile par des chemins détournés, en prenant soin de modifier sa démarche. Chez lui, il boit un café, lave le couteau et place ses vêtements ensanglantés dans un sac poubelle — qu’il ne dissimule même pas. Les policiers l’identifient grâce à sa démarche saccadée. À son domicile, ils découvrent le chiffre 666 inscrit sur un mur, un crucifix posé à l’envers, quelques livres ésotériques et une bassine contenant de l’eau rougie par du sang. Interrogé, Alban Novembre explique avoir acheté deux couteaux : l’un pour s’entailler les veines afin d’évacuer le mal, l’autre pour tuer un prêtre.
Le procès
Le procès s’ouvre le 20 février 2007 devant la cour d’assises du Finistère à Quimper. Alban Novembre est poursuivi pour assassinat. Maître Vincent Hommet représente les intérêts d’Anne, la veuve de Pierre Mével. Maître Isabelle Barreau du Chéron défend Alban Novembre. L’avocat général est Jean-Yves Gueffond. Le président est Jean-Luc Bell.
Alban Novembre, âgé de 24 ans au moment du procès, a dû accepter d’être placé sous de fortes doses de médicaments psychotropes pour être en état de comparaître. Il refuse d’abord d’être considéré comme fou, puis change d’avis en cours d’audience.
La cour entend les proches de l’accusé. Sa sœur témoigne d’une agression en 2003 : « Il a pris le premier couteau qui traînait sur la table de la cuisine. Je me suis levée, j’ai eu le réflexe de sortir de la cuisine en courant. En courant, j’ai dérapé, je suis tombée. Il est venu au-dessus de moi en brandissant son couteau. J’ai cru que j’allais y passer. »
Un libraire témoigne qu’Alban Novembre cherchait des réponses à son mal-être, notamment à travers des ouvrages de spiritualité. Il lui avait refusé la vente d’une planchette Ouija pour communiquer avec les esprits.
La sœur d’Alban Novembre raconte qu’il s’était rendu à la cathédrale avant le crime pour se faire exorciser : « Pour lui, le mal qu’il faisait, ce n’était pas de sa faute. Il se sentait possédé. »
Les expertises psychiatriques
Quatre psychiatres experts examinent Alban Novembre. Trois concluent à l’abolition du discernement. Un le juge responsable de ses actes.
Selon la source, Alban Novembre a expliqué aux experts qu’en voulant tuer un prêtre, il cherchait en fait à tuer son père.
Le verdict
L’avocat général requiert 20 ans de réclusion criminelle. La défense plaide l’irresponsabilité et demande un acquittement avec hospitalisation.
La cour d’assises de Quimper condamne Alban Novembre à 15 ans de réclusion criminelle avec 10 ans de sûreté. L’accusé fait appel puis se désiste.
La victime, Pierre Mével, a pardonné à son agresseur avant de mourir, selon un témoignage rapporté à l’audience.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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