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EnvironnementÉpisode 6/8

130 millions d'Européens sous 35°C : le grand gâchis de l'adaptation

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-29
Illustration: 130 millions d'Européens sous 35°C : le grand gâchis de l'adaptation
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Au Danemark, 37°C — du jamais-vu. En Angleterre, 36,1°C ; en Suisse, 39°C ; en Allemagne, 41,5°C. Plus de 40°C en République tchèque et en Pologne. « Je ne pense pas que qui que ce soit soit vraiment fait pour ce genre de température », souffle un Danois.

Ce que la commissaire européenne dit tout haut

« La résilience et l'adaptation aux impacts du changement climatique ne constituent pas encore une priorité dans la plupart des pays européens. » Le constat de la commissaire à la transition est brutal.

Richard Verli, correspondant du média suisse Blick et auteur du Bal des illusions, pointe une différence culturelle : « En Suisse, on ne se tourne pas tout de suite vers l'État pour réclamer des grands plans. » Dans les cantons de Genève et Vaud, des citoyens préparent même une votation pour libéraliser l'installation de climatiseurs. La législation actuelle ? « Absolument terribles », dit-il.

Au Royaume-Uni, Philippe Terl, chroniqueur pour France 24, décrit l'ampleur des dégâts. « La plupart des Britanniques vivent dans des maisons construites au XIXe siècle, uniquement conçues pour conserver la chaleur. Il n'y a aucune climatisation, rien du tout. » Le maire de Londres, Sadek Khan, estime qu'un million de maisons dans la capitale sont mal adaptées. Résultat : 650 appels d'ambulance pour des urgences liées à la chaleur, des hôpitaux saturés, 1300 écoles fermées. « C'est un revers assez brutal », admet-il.

Au Portugal, Anna Navarro-Pedro relativise : le pays a eu « de la chance » avec des températures autour de 35-36°C. Mais on en est déjà à la 54e journée de vague de chaleur additionnée en 2026 — contre 72 pour toute l'année précédente. Les nuits restent fraîches grâce à la nortada, ce vent du nord. « C'est ce qui nous sauve », explique-t-elle. L'intérieur du pays, lui, est « déserté », plus exposé.

Et la France dans tout ça ?

Flavien Benin-Liau, journaliste indépendant basé à Valence, rappelle que l'Espagne a l'habitude des fortes chaleurs. La climatisation y est omniprésente. « Les températures de Séville il y a 20-30 ans arrivent maintenant à Bordeaux ou Paris », note-t-il.

Anna Navarro-Pedro cible le problème français : « Le manque de cohérence, c'est peut-être du manque de compétence aussi. Les décisions sont prises très haut par des gens qui ne sont pas directement affectés. »

La canicule de 2003, ses 15 000 morts — un traumatisme qui reste vif. Richard Verli admet que les pouvoirs publics ont mieux réagi cette fois, mais, dit-il, l'enjeu n'est pas la réactivité, c'est l'anticipation.

Menaces sur le Fonds vert

Anne-Charlène Bézina, éditorialiste à Sens Public, évoque le fonds vert destiné aux collectivités locales. Ses propos n'ont pas été développés dans l'émission, mais le débat suggère que ce dispositif est menacé par des coupes budgétaires. Aucun chiffre précis n'a filtré.

Des solutions qui existent — mais qui attendent

L'Espagne avance sur l'adaptation des horaires de travail : pause en milieu de journée, selon Flavien Benin-Liau. Un modèle que la France étudie.

Le scientifique du Grand Museum of Zoology de Londres insiste : il faut un changement de mentalité dans la rénovation des bâtiments, surtout en Europe du Nord.

Richard Verli prône une action européenne coordonnée — tout en reconnaissant que le pacte vert a été « pas mal détricoté ». L'échelon local reste crucial, car « tous les reliefs ne se ressemblent pas ».

Les températures montent. Les records tombent. Les fonds, eux, diminuent. Qui paiera l'addition ? La question reste ouverte.

📰Source :youtube.com

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