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EnvironnementÉpisode 4/15

Vendanges le 9 août : la viticulture française face au mur climatique

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-07
Illustration: Vendanges le 9 août : la viticulture française face au mur climatique
© YouTube

Neuf août. C’est la date à laquelle Simon Lebert, viticulteur dans le Bordelais et membre de la Confédération paysanne, a donné le coup d’envoi de ses vendanges cette année. Il y a sept ans, c’était le 25 août. Le réchauffement climatique n’est plus une prédiction — c’est un calendrier qui avance chaque année.

Le thermomètre grimpe, le raisin trinque

Depuis sept ans, la date des vendanges recule inexorablement, raconte Simon Lebert : du 25 août au 20, puis au 15, et ce week-end, le 9. Les canicules à répétition et les sécheresses estivales frappent la vigne. Problème : plante pérenne, elle met des années à s’adapter. Plus le végétal est chargé en raisin, explique Lebert, plus il souffre sous la chaleur.

Replanter des cépages d’hier pour demain

L’adaptation technique existe. Un levier central : l’encépagement, c’est-à-dire le choix des variétés. Selon Lebert, on commence à revenir vers des cépages arrachés dans les années 80-90 — carignan, cinsault, bourboulenc — parce qu’ils encaissent mieux les températures extrêmes.

Mais le temps presse. Sur une plante pérenne comme la vigne, il faut plusieurs années, parfois des décennies, pour obtenir un résultat. En attendant, les viticulteurs bricolent : vendanges précoces, baisse des rendements, enherbement.

L’irrigation, elle, devient un sujet brûlant. « C’est un vrai enjeu pour la viticulture des décennies à venir », souligne Lebert. Et quand on parle d’irrigation, on parle de quantité de raisin. La Confédération paysanne réclame une réflexion globale entre l’usage de l’eau et les volumes produits.

Surproduction : le marché ne pardonne pas

La viticulture française est prise dans une crise de surproduction. Résultat : des hectares entiers de vignes sont arrachés, en particulier à Bordeaux.

L’État aux abonnés absents ?

« On n’est pas forcément avec une stratégie politique qui va dans le sens de notre vision », lâche Lebert. Il demande une approche globale articulant eau, volumes, qualité et rémunération des producteurs.

Le modèle productiviste vacille. La Confédération paysanne se bat depuis quarante ans pour des systèmes « plus sains, plus respectueux, moins globalisés, moins concurrentiels », rappelle Lebert. Mais la transition patine. « Il faut du temps, des moyens, un appui des pouvoirs publics pour encaisser cette adaptation. »

Et maintenant ?

La viticulture française est prise en tenaille. D’un côté, le climat avance plus vite que les décisions politiques. De l’autre, le marché se contracte. Des solutions existent — cépages résistants, irrigation raisonnée, baisse des rendements, circuits courts — mais elles exigent des investissements et une vision cohérente.

Les vendanges du 9 août ne sont qu’un symptôme.

📰Source :youtube.com

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