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SociétéÉpisode 5/3

Congé climatique : le gouvernement dit non, les travailleurs exposés

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-24
Illustration: Congé climatique : le gouvernement dit non, les travailleurs exposés
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36 % des salariés exposés

Un travailleur sur trois. Voilà la proportion de salariés français exposés à des températures dangereuses sur leur lieu de travail, selon l’ONG Oxfam. Pas dans un bureau climatisé de La Défense — sur les chantiers, dans les champs, sur les routes. Les ouvriers, les agriculteurs, les livreurs, les éboueurs. Les plus modestes, souvent.

Le phénomène est mondial. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime que près de 2,5 milliards de travailleurs — soit 70 % de la main-d’œuvre mondiale — sont exposés à une chaleur excessive. Chaque année, cette exposition provoquerait près de 19 000 décès et 22 millions d’accidents du travail dans le monde.

La France n’est pas épargnée. Hier a été la journée la plus chaude de son histoire. Aujourd’hui, ce record pourrait tomber à nouveau.

Un décret en mai 2025, des arrêtés préfectoraux, mais pas de congé

Le 27 mai 2025, un décret a renforcé les obligations des employeurs face aux fortes chaleurs. Eau fraîche, pauses, adaptation de l’organisation du travail, protection des salariés vulnérables. Dans certains cas, les chantiers peuvent être interrompus lorsque les conditions deviennent dangereuses.

Des arrêtés préfectoraux dans plus d’une dizaine de départements ont déjà ordonné l’arrêt de certains chantiers. Mais pour les écologistes, ce n’est pas suffisant. Leur cheffe de file, Marine Tondelier, propose une mesure radicale : un congé climatique.

L’idée ? Permettre à certains salariés de cesser temporairement leur activité lorsque les conditions météorologiques deviennent dangereuses, sans perte de rémunération. Un dispositif qui existe déjà en Espagne depuis deux ans, instauré après les inondations meurtrières de Valence. Là-bas, les salariés peuvent s’absenter jusqu’à quatre jours lorsqu’une alerte météorologique extrême est déclenchée et que leur sécurité est menacée.

« Il doit y avoir un cas de force majeure, ce que la loi qualifie de risque imminent et sérieux », explique une syndicaliste. « Les autorités compétentes doivent émettre un avis limitant les déplacements pour le travail. »

Les défenseurs de la mesure en France rappellent que des arrêts spéciaux existent déjà — maladie, événements familiaux, enfant malade — et qu’ils sont payés. Pourquoi pas un arrêt climatique ? Le changement climatique crée des risques professionnels nouveaux. C’est un enjeu de santé et de sécurité au travail.

Farandou : « 4 ou 5 milliards, c’est pas rien »

Jean-Pierre Farandou n’est pas de cet avis. Le ministre du travail s’est exprimé ce matin sur RTL. Sa position est claire : non.

« Moi, le ministre du travail, ce qui m’intéresse, c’est la santé au travail. Donc ces cinq jours à l’espagnole, elle traite pas la santé au travail. La santé au travail pour les traités, c’est l’adaptation. »

L’adaptation, pas l’arrêt. Le ministre avance un chiffre : 4 à 5 milliards d’euros de coût pour un congé climatique de cinq jours. « Vous allez mettre cinq jours de congé supplémentaire, il y en a quand même pour 4 ou 5 milliards quand même, c’est pas rien. Et si c’est l’État, ben l’État pourquoi 4 milliards de plus ? »

Interrogé sur son opposition, il confirme : « Oui. Non, faut être clair. En fait, je pense que c’est une idée, pourquoi pas ? Mais quand on regarde les modalités pratiques, elles s’appliquent pas au sujet de la santé au travail. »

Une position qui rejoint celle des organisations patronales. Elles craignent un coût supplémentaire pour les entreprises et des difficultés d’organisation dans des secteurs déjà confrontés à des pénuries de main-d’œuvre. Leur solution : renforcer les dispositifs existants, adapter les horaires, développer le télétravail quand c’est possible, améliorer les équipements de protection.

L’Espagne en exemple

Farandou se rendra en Espagne ce vendredi. Il rencontrera son homologue espagnol pour étudier les mesures d’adaptation mises en place dans ce pays plus habitué aux fortes chaleurs. Le ministre veut voir « s’il y a quand même des mesures […] dont la France pourrait s’inspirer ».

Sources :

  • Oxfam — chiffres sur l’exposition des salariés français aux chaleurs extrêmes
  • Organisation internationale du travail (OIT) — données mondiales sur l’exposition à la chaleur
  • RTL — interview de Jean-Pierre Farandou, ministre du travail
  • RFI — reportage sur les conditions de travail pendant la canicule

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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Épisode 5 · 2026-06-24

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