LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Environnement

Canicules à répétition : 72 départements en rouge, 800 hectares brûlés, le gouvernement sous pression

Par la rédaction de Le Dossier · 2 JUILLET 2026

L'été de tous les records

La France suffoque. Le printemps 2023 a déjà vu une canicule précoce en mai. Puis une seconde, historique, en juin. « Cette canicule en rouge a concerné 72 départements de l'hexagone. C'est du jamais-vu », explique Julien Martin, journaliste météo climat sur France Télévision.

Pendant onze jours, la France vit sous un dôme de chaleur. « 30 °C dans les années 90, c'était très chaud à Paris. Aujourd'hui, on a dépassé les 40 °C », rappelle Martin.

Et ce n'est pas fini. Une troisième vague de chaleur est attendue dès le week-end suivant. « À partir de dimanche lundi, on risque de basculer avec des températures qui vont dépasser les 35 °C », prévient le journaliste. Le Portugal est déjà en alerte rouge. Les États-Unis aussi, avec une vague de chaleur qui pourrait peser sur le Mondial de football et les célébrations du 250e anniversaire.

Pourquoi cette répétition ? « L'Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète », répond Jean Jouzel, paléoclimatologue et vice-président du GIEC. Moins d'enneigement, plus de réverbération. Les montagnes à vif renvoient la chaleur. Les océans aussi — la Méditerranée connaît une anomalie thermique record.

Incendies : le cocktail explosif

Dans l'Hérault, le feu a pris. 800 hectares déjà brûlés. Plus de 500 pompiers mobilisés. Des habitants évacués. « Les flammes emportent tout sur leur passage », décrit le reportage diffusé sur France Télévision. Un apiculteur veille ses ruches : « Je suis là depuis 5 heures. S'il faut débarrasser, c'est tout de suite. »

La règle des 330 est en action. « 30 °C de température, 30 % d'humidité, 30 km/h de rafales de vent minimum — le cocktail explosif », explique Julien Martin. Le mistral souffle à 80-90 km/h. Un vent de terre qui se comprime et se réchauffe. Les sols sont secs comme en 1976 — « quasiment des records », selon le journaliste.

Et le danger ne fait que commencer. « Le départ de feu, 9 fois sur 10, part de la main de l'homme », rappelle Martin. La sécheresse hivernale a laissé des tonnes de végétaux morts, combustibles parfaits. « Dans ces régions, il n'a pas plu cet hiver et ce sont autant de matériaux végétaux qui sont des combustibles pour des départs de feu l'été. »

L'impuissance politique en direct

Sébastien Lecornu est à Marseille. Le Premier ministre préside une cellule interministérielle de crise. La énième. « Je ne sais plus la combien, parce qu'il y en a eu tant depuis 12 jours », ironise l'animatrice.

Les annonces se succèdent. Les réalisations, beaucoup moins. « On a parlé de mettre des volets, des climatiseurs dans les écoles. Il n'y a pas beaucoup d'écoles qui sont équipées », constate Jean Jouzel. « On fait des annonces, mais après il faut concrétiser. Il vaut mieux en faire moins, mais qu'elles se concrétisent. »

Le fonds vert, censé financer l'adaptation climatique des collectivités, a été réduit de plus d'un tiers. La recherche climatique est sacrifiée au profit du réarmement et de l'intelligence artificielle. « On sacrifie la recherche, l'environnement à d'autres causes », déplore le climatologue.

Un exemple frappant : les magasins Lidl pris d'assaut pour des climatiseurs. « Une queue improbable », raconte l'animatrice. Rupture de stock partout. « Ça paraît complètement fou. On a l'impression d'une réminiscence des années Covid, avec une espèce d'impréparation au jour le jour. »

Le climatoscepticisme rampant

Donald Trump est le climatosceptique le plus connu. En France, le mal est plus insidieux : des décideurs politiques qui priorisent d'autres enjeux au détriment du climat. « Ne rien faire, c'est aussi une forme de climatoscepticisme », résume la source.

Les priorités, justement. La guerre, la défense, l'IA. « On va vers les 3 °C à l'échelle planétaire, 4 °C en France. S'adapter à +4 °C, ce sera très difficile. On flirtera avec les 45-50 °C dans la seconde partie du siècle », prévient Jean Jouzel.

Les plus modestes aussi souffrent : « Ce sont les couches les plus modestes qui ont le plus de mal à s'adapter », ajoute le climatologue.

Les conséquences en cascade

La canicule ne s'arrête pas au thermomètre. « Les effets du réchauffement, ce ne sont pas seulement des chaleurs très élevées », prévient Julien Martin. « Ce sont aussi des canicules marines qui, à l'automne, risquent de donner des épisodes méditerranéens, des fortes pluies

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet