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SociétéÉpisode 10/11

Climat : l'UE face à l'urgence d'investir 70 milliards par an

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-05
Illustration: Climat : l'UE face à l'urgence d'investir 70 milliards par an
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62 000 morts. C'est le bilan de la chaleur dans l'Union européenne en 2024. Les dommages climatiques coûtent 45 milliards d'euros par an. Et l'UE aurait besoin de 70 milliards d'euros par an pour s'adapter. Pourtant, le Pacte vert européen est progressivement démantelé. Deux eurodéputés — Christophe Clergeot (socialiste français) et Yvan Verostrade (Renew, belge) — débattaient cette semaine au Parlement européen.

62 000 morts : le prix de l'inaction

L'Europe se réchauffe deux fois plus vite que les autres continents, selon les experts. En 2024, la chaleur a tué 62 000 personnes dans l'UE.

Christophe Clergeot : « Certains depuis des années continuent à ne pas vouloir voir simplement la réalité, la réalité qui frappe et qui devient de plus en plus difficile à nier. »

Les dommages climatiques sont chiffrés à 45 milliards d'euros par an.

Yvan Verostrade : « Ce n'est que le début. » Il défend depuis des années une approche qui n'oppose pas économie et écologie. « Le réchauffement climatique, c'est pas une taxe, c'est déjà une facture aujourd'hui. »

70 milliards par an : le mur d'investissement

Pour s'adapter, l'UE aurait besoin de 70 milliards d'euros par an.

Oxfam : « La réponse de l'Union européenne mais aussi de ses États membres n'est pas du tout à la hauteur et ce sont les personnes les plus vulnérables qui ont payé le prix fort. »

Christophe Clergeot : « On est face à un mur d'investissement pour s'adapter, pour lutter contre le changement climatique. On n'en prend pas les moyens. »

Il propose des solutions simples : brise-soleil, volets, amélioration de la ventilation. « Ça ne coûte pas des milliards d'euros, mais il faut une volonté politique. »

Le New Deal Énergie : une proposition sur la table

Yvan Verostrade défend un « New Deal Énergie » pour isoler massivement le bâti. « Il y a des moyens importants qui doivent absolument être mobilisés, mais beaucoup plus importants que ce que l'on fait actuellement. » Il distingue la dette d'investissement, qu'il considère comme « bonne dette », des dettes sur dépenses courantes.

Taxer les pollueurs : le débat qui fâche

Christophe Clergeot propose dette et fiscalité, avec de nouvelles ressources propres assises sur les activités nocives — marché du carbone, profits de TotalEnergies, data centers.

Yvan Verostrade est réservé sur l'affectation des taxes mais reconnaît l'évitement fiscal des entreprises numériques : « C'est la fin de notre système de solidarité si on n'arrive pas demain à taxer l'intelligence artificielle. » Il ajoute : « Je pense qu'il faut oser aller chercher l'argent où il est. »

Le congé climatique : une solution d'urgence

L'Espagne a instauré un congé climatique de quatre jours en 2024. Christophe Clergeot soutient la mesure : « La responsabilité de la société, c'est de protéger ceux qui sont victimes des phénomènes climatiques. » Il évoque les 12 millions de maisons en France aux fondations menacées par l'argile.

Yvan Verostrade : « Le congé climatique, c'est une solution à court terme parce qu'on n'a pas d'autres solutions à proposer. »

Climatisation : le piège de l'extrême droite

Le Rassemblement national prône un plan de climatisation non chiffré. Christophe Clergeot : « L'extrême droite, ce sont les pompiers pyromanes. Ils ont allumé le feu et maintenant ils nous expliquent comment il faut l'éteindre. » Il juge que la climatisation n'est « ni un tabou ni une solution » et propose des lieux d'accueil climatisés.

Yvan Verostrade : « Le Rassemblement national, c'est débile comme politique. Ils disent : il faut mettre des climatiseurs. Mais ça fait des années qu'ils luttent contre l'isolation. »

450 milliards : le compte à rebours de 2050

L'UE s'est fixé la neutralité carbone en 2050, nécessitant 450 milliards d'euros par an. Christophe Clergeot dénonce le recul : « On nous dit que la priorité doit être donnée à la compétitivité. Mais on abandonne partiellement la priorité à l'écologie. »

Christophe Clergeot rappelle : « S'il n'y avait les océans, nous serions grillés. »

62 000 morts en 2024. 45 milliards de dommages par an.

📰Source :youtube.com

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