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PolitiqueÉpisode 13/30

Buffet au Défenseur des droits : les députés dénoncent « une provocation » du chef de l'État

Par la rédaction de Le Dossier · 16 JUILLET 2026
Illustration: Buffet au Défenseur des droits : les députés dénoncent « une provocation » du chef de l'État
© YouTube

140 000 signatures contre sa nomination

Le chiffre tombe en début d'audition. Près de 140 000 personnes ont signé une pétition pour s'opposer à la nomination de François-Noël Buffet. Ce n'est pas tout : des agents de l'institution envisagent de démissionner, a rappelé un député. « Tant votre profil est éloigné de ce que l'on est en droit d'attendre d'une personnalité compétente et légitime pour exercer les fonctions de défenseur des droits », a lancé un élu au candidat.

François-Noël Buffet a minimisé la contestation. Il a comparé son cas à celui de Jacques Toubon — qui avait connu une opposition similaire à sa nomination. « Je crois qu'à l'époque, monsieur Toubon avait à peu près la même, si ce n'est plus, sans doute parce qu'il était plus connu que moi », a-t-il répondu.

Un parcours qui interroge

Le passé du sénateur LR est au cœur des critiques. Les députés ont passé en revue ses positions sur les droits fondamentaux. 2013 : il participe aux manifestations contre le mariage pour tous. 2014 : il signe la charte de la Manif pour tous. « L'homophobie, monsieur le ministre, n'est pas une controverse », lui a rétorqué un député. 2021 : il vote contre l'extension de la PMA. 2023 : il encourage le durcissement de la loi immigration au Sénat. Une fois le texte en partie censuré par le Conseil constitutionnel, il dépose une proposition de loi reprenant les dispositions censurées. 2024 : il s'abstient lors du vote constitutionnalisant l'IVG. La même année, il défend la suppression de l'AME (Aide médicale d'État).

Le candidat a tenté de se justifier. Sur le mariage pour tous, il assure que son opposition ne portait pas sur le principe, mais sur les conséquences. « Nous sommes plus de 13 ans plus tard. J'admets parfaitement que les choses ont évolué », a-t-il dit. « Si quelqu'un venait demain remettre en cause ce droit fondamental, je serai un des premiers à m'opposer à cette remise en cause. » Sur l'IVG, il a invoqué une « question juridique sur la portée réelle de la protection apportée dans la Constitution ».

« Vous avez demandé ma démission, je suis à peine nommé »

L'échange a viré à l'affrontement personnel. Le député LFI Antoine Léaument a sommé le candidat de retirer sa candidature : « Retirez votre candidature, monsieur Buffet. Vous n'êtes pas digne d'être Défenseur des droits. » Une sortie qui a fait monter la température dans la salle. Buffet a répliqué, cinglant : « Vous avez demandé ma démission, je suis à peine nommé. »

Et pourtant. La pression ne faiblit pas. À gauche, on n'a pas attendu l'audition pour annoncer la couleur : les députés insoumis, socialistes, écologistes et communistes voteront contre sa nomination. Ils dénoncent « une provocation » du chef de l'État, qui aurait choisi Buffet « par défi » au Parlement.

Une institution fragilisée ?

Le Défenseur des droits est une autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits et libertés par les administrations. Un poste clé — et sensible. Selon plusieurs sources à la commission des lois, des agents de l'institution menacent de quitter leur poste si la nomination de Buffet est confirmée. « C'est du jamais-vu », glisse un député sous couvert d'anonymat. La pétition en ligne, elle, continue de grossir. 140 000 signatures, et ce n'est peut-être pas fini.

Le vote final du Parlement doit intervenir dans les prochains jours. En attendant, une question reste suspendue : peut-on défendre les droits quand on les a combattus ?

📰Source :youtube.com

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