Affaire Liana : le ministre Barrot admet une « défaillance majeure » de l’État

Quatre plaintes pour viol. Deux signalements. Aucune audition. Une fillette de onze ans retrouvée morte. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a reconnu une « défaillance majeure » et un « échec immense des pouvoirs publics ». Il parle de « honte ».
« Profonde tristesse, profonde colère, honte »
Liana avait onze ans. Son corps a été découvert cette semaine. Le suspect ? Un pédocriminel récidiviste, visé par plusieurs plaintes pour viol. Il n'a jamais été entendu. Voilà.
Jean-Noël Barrot : « D'abord, comme beaucoup de Français, je ressens ce matin une profonde tristesse en pensant à cette famille qui traverse une épreuve inhumaine, inimaginable. Une profonde colère aussi parce que ce drame aurait pu, aurait dû être évité. » Puis ceci : « Il y a là, comme l'a dit le garde des Sceaux, une défaillance majeure et un échec immense des pouvoirs publics dont il faudra tirer toutes les leçons. » Il ajoute : « Je ressens aussi une forme de honte. Parce que collectivement, clairement, nous ne parvenons pas à donner toute l'importance qu'elle mérite à la parole des plus vulnérables dans notre société, celle des femmes et en particulier celle des enfants. »
Quatre plaintes, deux signalements, zéro réponse
Comment est-ce possible ? Quatre plaintes pour viol, deux signalements transmis aux autorités — mais aucune audition n'a jamais été déclenchée. Le suspect bénéficiait pourtant d'un casier déjà lourd.
Olivier Bost, journaliste, pose la question qui fâche : « Où sont les responsabilités ? » Le ministre répond qu'une enquête administrative, lancée par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, doit « établir très concrètement les responsabilités dans la chaîne, dans l'engrenage qui a conduit à ce que cet homme pédocriminel récidiviste puisse ainsi commettre l'irréparable ». Mathilde Panot (LFI) réclame la démission de Darmanin. Barrot ne la suit pas : il préfère parler du travail déjà engagé « pour mieux protéger les enfants ».
400 millions gelés : la justice sacrifiée ?
Et l'argent ? 400 millions d'euros du budget de la justice ont été gelés cette année. Claire Conruyt interroge Barrot : « Sans doute faut-il réfléchir aux choix budgétaires qui sont les nôtres », concède-t-il. Puis : « Nous ne devons en aucun cas désarmer l'État dans sa dimension régalienne. » Il se dérobe : « Je ne suis pas le mieux placé pour vous dire exactement ce qu'il convient de faire pour le ministère de la justice. »
Édouard Philippe et le pouvoir syndical des magistrats
Édouard Philippe, lui, vise les syndicats de magistrats. Il s'interroge sur le « bien-fondé, dans un domaine aussi sensible que la magistrature, d'un pouvoir syndical assez important et qui donne le sentiment d'être intouchable ». Barrot rappelle que « la liberté syndicale est imprescriptible ». Mais il nuance : « Il y a dans cet engrenage des responsabilités qui devront être établies, qui ne se limitent pas à mon sens à des responsabilités individuelles et personnelles mais aussi à des responsabilités collectives. » Et d'admettre qu'il faut « interroger et réinterroger le système judiciaire ». Bruno Retailleau propose une cour disciplinaire de la magistrature. Barrot promet de suivre les travaux du garde des Sceaux.
La gauche demande une loi intégrale
De son côté, une députée socialiste a déposé une proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Problème : elle n'est toujours pas inscrite à l'ordre du jour. Barrot ne ferme pas la porte : « Toutes les propositions méritent d'être examinées. » Mais il prévient : « Il faut admettre une forme de difficulté à embrasser des sujets qui ont des dimensions multiples. » Dimension répressive, dimension éducative — selon lui, les deux doivent marcher ensemble.
La France, le Hezbollah et la reconnaissance politique
Changement de dossier. Le Grand Jury bascule sur l'international. La France reconnaît la branche politique du Hezbollah comme légitime — celle-là même qui a rejeté l'accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël. Barrot défend la position française : « La branche militaire du Hezbollah est considérée comme une organisation terroriste, et pas uniquement par la France mais l'Union européenne. Mais la branche politique, elle a des députés et elle a des membres du gouvernement. Ce sont des interlocuteurs pour les autorités libanaises et donc par extension pour les partenaires. » Par ailleurs, la France a sanctionné le ministre israélien Itamar Ben-Gvir en lui interdisant l'accès au territoire.
Ukraine : la Russie en échec, selon Barrot
Barrot l'affirme : « La Russie est en échec militaire et économique » en Ukraine. Il évoque aussi le cas de l'écrivain Boualem Sansal.
2027 : la peur du Rassemblement national
2027 dans le viseur. Barrot redoute une victoire du Rassemblement national, qu'il qualifie de « catastrophe » pour le projet européen. Il appelle le bloc central à proposer « des projets et des idées plutôt que des candidatures ». Il dénonce le poids de la technocratie et l'hypercentralisation française, et fustige « le sacrifice de la jeunesse avec une dette publique de 50 000 euros par actif ». Sa solution : un système de retraite par points, pour offrir de la liberté de choix.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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