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1995 : la guerre fratricide Chirac-Balladur, entre trahison, argent et écoutes

Par la rédaction de Le Dossier · 9 AOÛT 2026
Illustration: 1995 : la guerre fratricide Chirac-Balladur, entre trahison, argent et écoutes
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Les faits

Dimanche soir, mars 1993. La droite vient de rafler les législatives. François Mitterrand, président socialiste, convoque Jacques Chirac, chef de la droite. Le message est limpide : « Vous allez demander à rencontrer Édouard Balladur, envoyé par moi, et vous me rendrez compte. »

Chirac refuse Matignon. Il préfère attendre 1995 et la présidentielle — un calcul à long terme.

Le lundi matin, Balladur est reçu au Plaza Athénée. Mitterrand annonce à la télévision qu’il le nomme Premier ministre. Balladur racontera : « Monsieur Mitterrand m’a dit qu’il ne serait guère plus qu’un notaire. »

En 1990, Balladur s’était engagé publiquement à ne pas être candidat s’il devenait Premier ministre. Un pacte non écrit avec Chirac, son allié depuis trente ans. Il changera d’avis. Et se lancera dans la course.

La campagne devient un corps-à-corps. Nicolas Sarkozy et d’autres ministres font campagne pour Balladur contre Chirac. Charles Pasqua, lui, conseille à Chirac de se retirer en novembre 1994.

L’affaire Schuller-Maréchal explose : des écoutes téléphoniques illégales, ordonnées depuis Matignon. Balladur dégringole dans les sondages.

Au premier tour, Lionel Jospin arrive en tête. Chirac deuxième. Balladur troisième. L’écart entre Chirac et Balladur ? Moins de 700 000 voix.

Chirac bat Jospin au second tour avec 52 % des suffrages.

Le Conseil constitutionnel, présidé par Roland Dumas, valide les comptes de campagne des deux camps. Malgré des irrégularités. Selon la source, la validation a été unanime — pour éviter une crise politique.

Chirac n’a pas nommé les balladuriens dans son gouvernement. Fracture durable à droite.

Analyse

Balladur a cru que la popularité des sondages suffisait. Chirac, humilié en 1993, a utilisé la « fracture sociale » pour séduire l’électorat de gauche. Mitterrand, déjà malade, a tacitement soutenu Chirac en fin de campagne.

Moins de 700 000 voix séparent les deux hommes au premier tour. La campagne a été marquée par des rumeurs — cocaïne visant Chirac, nationalité turque visant Balladur —, des écoutes et des irrégularités financières dans les comptes de campagne.

Le Conseil constitutionnel a choisi la stabilité politique plutôt que la vérité comptable. Voilà.

Conclusion

Conquérir le pouvoir est un combat sans merci. Chirac et Balladur ne se sont jamais remis de cette bataille. Le premier septennat de Chirac en a pâti : incapable de rassembler, il a gouverné seul.

Une question demeure : les qualités pour être élu sont-elles les mêmes que celles pour gouverner ? Balladur, froid, distant, compétent, a perdu. Chirac, chaleureux, populiste, a gagné.

Le spectacle était assuré. Les idées, elles, sont restées au vestiaire.

📰Source :YouTube

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