Hôpitaux français : 60% de passoires thermiques face aux canicules

33 000 climatiseurs et un fiasco logistique
Fin juin, une vague de canicule intense frappe la France. Le gouvernement dégaine : 33 000 climatiseurs mobiles commandés en urgence.
Ophélie Labelle, représentante de la fédération santé de la CGT, raconte la suite. À Auxerre, des appareils au propane arrivent. Les services de sécurité les interdisent formellement — trop dangereux pour un établissement de santé.
Autre exemple : en Auvergne-Rhône-Alpes, le président de région promet du matériel « français ». Les hôpitaux reçoivent des climatiseurs chinois. Les prises ne correspondent pas. Inutilisables.
Bruno Mégarbane, chef du service réanimation à Lariboisière, confirme : « Ce sont des climatiseurs qu’on a installés un peu à la va-vite, avec des tuyaux qui dépassent par les fenêtres. »
Résultat ? Selon France Inter, seulement 50 % des chambres accueillant des patients à risque sont climatisées.
Des chambres à 40 °C
À l’hôpital de Dinan, le thermomètre est monté jusqu’à 40 °C. Dans les offices où l’on prépare les plateaux-repas aussi, selon la même source.
Au CHU de Toulouse, l’hôpital des enfants n’a pas de climatisation. Température relevée : 30 °C. Pis, les climatiseurs mobiles évacuent l’air chaud directement dans les pièces voisines.
Le bulletin sanitaire national recensait 150 à 200 passages quotidiens aux urgences pour hyperthermie, déshydratation ou hyponatrémie. Mégarbane précise : en juin, des décès liés à la chaleur ont été enregistrés dans son service.
Et le constat global donne le vertige : 60 % du bâti hospitalier sont des passoires thermiques. (Oui, vous avez bien lu.)
Le prix d’une inaction chronique
Ophélie Labelle dénonce l’opacité : « Il y a une annonce de 6 milliards d’investissements pour la reconstruction, mais aucun bilan. On ne sait pas si le budget a été utilisé. » Le ministère de la Santé n’a pas fourni de suivi.
Des soignants au bord de la rupture
Trois vagues de canicule en deux mois. Des déprogrammations de soins non urgents à hauteur de 15 à 20 % en juin, dans le cadre de plans blancs. Les patients concernés ? Des personnes suivies, pour qui un retard d’un ou deux mois ne posait pas de problème vital — selon les médecins.
Les soignants sont épuisés. Labelle rappelle : « Plus de 900 000 agents dans la fonction publique étaient en dessous du SMIC avant les revalorisations. Aujourd’hui, il y a des attaques sur le gel du point d’indice et les arrêts maladie. »
La CGT a annoncé une journée d’action et de grève le 15 septembre pour exiger un budget à la hauteur des besoins.
Et maintenant ?
Bruno Mégarbane appelle à un état des lieux précis : « Quelles sont les températures exactes dans chaque pièce ? Comment évoluent-elles ? »
Il faudrait climatiser systématiquement les chambres à risque. Végétaliser les abords. Repenser le bâti.
Les points à surveiller : le bilan des 6 milliards annoncés. La réponse du ministère aux remontées du terrain. Et surtout — la capacité des hôpitaux à tenir le choc lors de la prochaine canicule.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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