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SociétéÉpisode 3/19

Pompier pyromane : dix départs de feu

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-11
Illustration: Pompier pyromane : dix départs de feu
© YouTube

Mi-juillet, forêt de Fontainebleau. Plus de 2000 hectares brûlent. Les pompiers luttent. Puis le flagrant délit tombe : deux jeunes majeurs — 18 ans — interpellés, du papier encore à la main. Parmi eux, un sapeur-pompier volontaire.

« Quand la communauté a appris cela, ça a créé un très gros émoi parmi les collègues », confie le lieutenant-colonel D. Annotel. « De ne pas comprendre, de se dire que ce n’était "pas possible, pas chez nous". »

Pyromane ou incendiaire : une différence qui change tout

Christophe Coste, psychologue spécialiste, pose un cadre clair. La pyromanie est un trouble mental spécifique. « On va parler d’individus qui, finalement, font une mise à feu de manière délibérée et réfléchie. C’est des personnes qui souffrent d’un trouble mental. » Il distingue la pyromanie des comportements incendiaires, qui visent un bénéfice — commercial, idéologique, criminel. « Quand on vient chercher un bénéfice, on parle de comportement incendiaire. »

Et les pompiers pyromanes, alors ? Une étude les décrit comme « des personnes dévouées, qui ont envie d’être dans ce corps, mais qu’il y a parfois des jeux qui se mettent en place. On voit que ce sont des personnes qui, finalement, recherchent une forme de reconnaissance forte auprès de leurs pairs. Ils sont souvent jeunes. »

Un profil quasi exclusivement masculin

Antoine Goutard, journaliste, a assisté aux comparutions immédiates à Fontainebleau. Il raconte deux profils distincts. « Ceux qui expliquaient qu’ils avaient une pulsion et qu’ils avaient un besoin, une envie de voir du feu. D’autres qui parlaient plutôt de leur position dans la société : divorce, chômage… » Un constat le frappe : « Depuis le début que je suis les incendies, ça n’est jamais des femmes. » Christophe Coste nuance : « On retrouve des femmes pyromanes. C’est plus rare. La littérature va parler plus d’hommes. On n’a pas de chiffres exacts, mais on est aux alentours de 80 %, d’après certains chiffres. »

15 ans de réclusion pour un feu de forêt

Les peines, elles, sont lourdes. Salhia Brakhlia rappelle les faits : « Le pyromane du Var risque 15 ans de réclusion criminelle et 150 000 euros d’amende. » Antoine Goutard ajoute un élément clé — seuls 4 % récidivent. Mais il pointe une disparité : « En fonction des zones dans lesquelles ça se produit, les peines évoluent. Si vous êtes dans le Sud, les peines sont beaucoup plus lourdes. »

Voilà.

Le pompier pyromane : une figure complexe

Le cas du pompier volontaire de 18 ans trouble. « Il y a aussi une crainte, en tant que sapeur-pompier, de se demander comment la population va nous juger », admet Christophe Coste. Les visites médicales d’aptitude existent, avec des auto-questionnaires pour détecter l’attrait au feu. « On peut écrire, parfois, que "non, on n’a pas spécifiquement d’attrait" », reconnaît-il. « Il peut toujours y avoir un trou dans la raquette. »

SOURCES

  • Littérature scientifique sur la pyromanie
  • Étude sur les sapeurs-pompiers appréhendés au cours du dernier siècle
  • Vidéo source : débat sur le profil des incendiaires, chaîne YouTube [non identifiée]

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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