32 000 hectares brûlés, 59 interpellations : l'été 2025 bat déjà des records

32 000 hectares : l'année de tous les records
Trente-deux mille hectares. Le chiffre est tombé ce 13 juillet 2025, dans la bouche du ministre de l'Intérieur. « Au moment où on se parle, on a eu 32.000 hectares qui ont été parcourus, puis brûlés par le feu », a déclaré Laurent Nuñez.
La comparaison donne le vertige. En 2024, sur l'année entière, le bilan était inférieur. En 2022 — année marquée par des incendies géants en Gironde et dans le Sud — le total à la même date était moins élevé. « Oui, on aura probablement une année record », admet le ministre.
La sécheresse est là. La végétation, abondante depuis l'automne dernier, sert de combustible. Le vent s'en mêle. Les sapeurs-pompiers — 200 000 volontaires selon le ministre — sont en première ligne depuis quinze jours. Le gouvernement, lui, promet 150 millions.
59 interpellations, le profil des pyromanes
Cinquante-neuf personnes ont été interpellées pour des départs de feu. Le chiffre est officiel, il émane du ministre lui-même.
« Il y a 30 majeurs, 29 mineurs », détaille Laurent Nuñez. Des profils très différents : des récidivistes, des imprudents. « D'autres par bêtise tout simplement », ajoute-t-il. Les conséquences sont dramatiques.
Sur les 59 interpellés, sept sont en détention provisoire. Ils ont reconnu des mises à feu volontaires.
150 millions d'euros et un Airbus A400M contre le feu
Le président de la République a demandé un « pack capacitaire ». Cent cinquante millions d'euros. C'est le montant investi pour renforcer les moyens terrestres.
Mais ce sont les moyens aériens qui captent l'attention. La France dispose d'une soixantaine d'appareils. Douze Canadairs. Huit avions Dash. Seize hélicoptères ou avions bombardiers d'eau loués. « 95 % des feux se combattent uniquement par des moyens terrestres », rappelle le ministre. Pour les gros incendies, l'aviation est cruciale.
Un reportage a montré cet avion militaire. Sa capacité est impressionnante : 20 000 litres. Trois fois plus qu'un Canadair (6 000 litres). Déjà testé en Espagne, il pourrait faire ses premiers essais en France. « Le premier ministre a souhaité qu'on puisse l'expérimenter sur un feu en situation réelle d'ici 8 à 15 jours », annonce Nuñez.
L'expérimentation est imminente. Dans huit à quinze jours, un A400M pourrait larguer vingt tonnes d'eau sur un incendie réel. Une première en France. Le ministre insiste : la flotte française est « déjà très fournie, surtout si on la compare à d'autres pays européens ».
Le gouvernement a lancé un appel aux employeurs pour libérer les pompiers volontaires. « C'est la ressource humaine », résume Nuñez. La ressource matérielle, c'est le pack capacitaire. La ressource aérienne, ce sont les Canadairs et l'A400M.
Sarcelles, le fusil d'assaut et la menace terroriste
Samedi dernier. Un fusil d'assaut est retrouvé dans une voiture à Sarcelles. Trois cents personnes évacuées. Un projet d'attentat déjoué. « Grâce à un partenaire étranger, grâce au travail des services de renseignement français, notamment de la DGSI », précise le ministre.
L'enquête est en cours. La sous-direction de l'antiterrorisme est saisie. Le parquet national antiterroriste supervise l'ensemble. « On verra ce que révèle l'enquête judiciaire », tempère Nuñez.
« Il reste toujours très élevé », répond le ministre à propos de la menace terroriste. Menace endogène. Des individus présents sur le territoire, séduits par la propagande de l'État islamique ou d'Al-Qaïda. Demain, le 14 juillet, on commémore les 10 ans de l'attentat de Nice. 86 morts.
Le ministre salue « l'efficacité » des services. Il veut que les téléspectateurs retiennent « cette réactivité de nos services qui sont capables de détecter des menaces ».
14 juillet, 80 000 policiers et une demi-finale
Demain est une journée à haut risque. Défilé du 14 juillet le matin, demi-finale France-Espagne le soir. « 80 000 policiers, gendarmes qui sont mobilisés sur tout le territoire national », annonce le ministre.
Les feux d'artifice ? La plupart ont été annulés, pas celui de Paris. « La préfecture de police... a estimé que ça paraissait pouvoir être réalisé dans des conditions de sécurité. »
Le ministre craint des violences urbaines, des pillages, des prises à partie des forces de l'ordre. « J'ai passé des instructions extrêmement fermes au préfet d'intervention systématique pour procéder à des interpellations. »
Sources :
- Interview de Laurent Nuñez, 13 juillet 2025
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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