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SociétéÉpisode 10/11

Incendies en Gironde : 42 000 hectares brûlés, un mot inventé, et l’eau qui manque

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-29
Illustration: Incendies en Gironde : 42 000 hectares brûlés, un mot inventé, et l’eau qui manque
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Le mot qui n’existe pas

Le lieutenant-colonel D.Annotel ne mâche pas ses mots. Invité sur le plateau de France Télévisions, il déclare : « Le terme de “stabilisé” n’existe pas dans le vocabulaire des sapeurs-pompiers. » Il ajoute : « Il n’a pas été utilisé par un sapeur-pompier. » Pourtant, le ministre de l’Intérieur l’a employé — selon la source. Pourquoi ? Le lieutenant-colonel l’explique : cela permet de « vendre du positif ». Le ministre a aussi parlé de « feu convectif » et de « pyro-cumulonimbus ». Des mots, encore des mots.

Les images tournées par un pompier avec des lunettes Meta — destinées à son groupe d’intervention, mais qui ont fuité — montrent un enfer. La lance crache 350 litres par minute. Ça ne suffit pas. La puissance calorifique est « équivalente à des centrales nucléaires cumulées ». Le feu passe de l’autre côté de la route. Les pompiers redéploient, refont une stratégie. Et recommencent.

Le journaliste A.Goutard compare avec les incendies du début des années 2000 : « Il n’y avait pas cette communication. On avait l’impression que les pompiers étaient au travail, que les autorités faisaient ce qu’elles avaient à faire. » Aujourd’hui, selon lui, sans décryptage, « on peut partir dans des paniques totales ». Voilà.

42 000 hectares et 14 reprises : la réalité du terrain

Le feu de Gironde a ravagé 42 000 hectares. 14 reprises de feu en une seule journée — c’est ce qu’on a compté. Le lieutenant-colonel corrige : on parle de « réactivation », pas de reprise. Le feu n’était pas éteint. Les braises, les cendres, les souches calcinées — tout cela peut se ranimer avec un coup de vent. Le périmètre de lisière fait 130 km. Les pompiers n’ont pas pu traiter l’intégralité.

La canicule n’arrange rien. Températures caniculaires, vent au-delà de 50 km/h, taux d’humidité en chute libre. Les pompiers ne sont pas extensibles. 42 départs de feu étaient actifs au moment de l’émission. Le Var est fixé, la Corse encore sous pression.

La sécheresse, l’autre incendie

Les pompiers ont besoin d’eau. Beaucoup d’eau. Et cette eau se raréfie. Le chroniqueur environnement F.Denhez le rappelle : « C’est une question qu’on ne se posait pas avant. » Agnès Pannier-Runacher, ministre de l’Écologie, a publié un communiqué — selon la source — : 91 départements métropolitains sont en restriction d’eau. 62 sont en crise. 23 en alerte renforcée, avec des restrictions y compris sur l’eau potable. On n’est que fin juillet.

En Gironde, le directeur du syndicat mixte d’études pour la gestion des ressources en eau a expliqué en conférence de presse (toujours selon la source) que le département dispose de nappes superposées sur plusieurs couches. Les pompiers pourraient se retrouver à sec. Une question de semaines, peut-être.

Les communes rurales doivent installer des « boudins » de 30 m³ à l’entrée et à la sortie des villes pour que les pompiers puissent s’alimenter. Le coût : environ 20 000 € le mètre cube, selon la source. Une somme « monumentale » pour les petites communes, selon F.Denhez. Et pourtant.

La Coordination rurale râle. Les agriculteurs, qui prêtent main-forte aux pompiers, ont aussi besoin d’eau pour leurs cultures. Le préfet du Tarn a dû arbitrer, selon la source. « Petites guéguerries politiques pour s’approprier l’eau », selon F.Denhez. Le feu, lui, ne fait pas de politique.

📰Source :youtube.com

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