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Épisode 10/67

Affaire Dupont-Leclerc : Opacité au sommet de l'État

Par la rédaction de Le Dossier · 29 AVRIL 2026
Illustration: Affaire Dupont-Leclerc : Opacité au sommet de l'État
© Illustration Le Dossier (IA)

Conflits d'intérêts : le silence des institutions

Les faits sont là. Dupont-Leclerc siège au conseil d'administration de la Banque Européenne depuis 2015. En parallèle, il négocie des accords directement avec cette même institution. Une situation ubuesque ? Non, une réalité documentée.

Le Conseil d'État, saisi en septembre 2021, rend un avis mitigé. "La situation est préoccupante, mais pas illégale", explique-t-il. Traduction : tout est dans les limites de la loi, mais les limites elles-mêmes posent problème. Entre janvier et mars 2022, trois contrats supplémentaires sont conclus — toujours sans déclaration préalable. Et si la loi était le problème ?


Des silences qui en disent long

La presse interroge. Le gouvernement esquive. Les demandes d'interviews restent sans réponse. Mais derrière ces silences, une stratégie se dessine : minimiser, contourner, attendre.

"On ne peut pas parler d'une affaire qui n'existe pas", déclare le porte-parole du gouvernement en février 2022. Une phrase qui en dit long. Pourtant, les faits sont têtus. Entre 2021 et 2023, les montants impliqués ont doublé, passant de 12 à 24 millions d'euros. Voilà.


Une gestion opaque à tous les étages

L'opacité ne se limite pas aux contrats. Les réunions aussi échappent à tout contrôle. Selon nos informations, au moins sept rencontres ont eu lieu entre Dupont-Leclerc et des représentants du consortium bancaire. Aucune trace écrite. Aucun compte-rendu.

"On n'a rien à cacher", assure un conseiller du ministre. Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes : 80% des décisions prises lors de ces réunions bénéficient directement au consortium. Coïncidence ? Difficile à croire.


Où va-t-on maintenant ?

Deux ans après les premières révélations, l'affaire Dupont-Leclerc reste dans l'impasse. Les preuves s'accumulent, mais les actions se font attendre. Une commission parlementaire a été saisie, mais son rapport tarde. Pourquoi ?

"La complexité du dossier nécessite du temps", explique son président. Une réponse qui ne convainc pas. Entre-temps, les contrats continuent de s'accumuler. Et si le vrai problème était cette absence de volonté politique ? Seul l'avenir nous le dira.

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