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ÉconomieÉpisode 16/28

LVMH : la guerre au Moyen-Orient casse net la croissance du géant du luxe

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-13
Illustration: LVMH : la guerre au Moyen-Orient casse net la croissance du géant du luxe
© Illustration Le Dossier (IA)

Quand les chiffres sautent

+17% en 2023. +8,5% en 2024. La différence tient en trois lettres : guerre.

Les relevés parlent d'eux-mêmes. "Du jamais-vu depuis le Covid", lâche un cadre sous anonymat. Pourtant, la région ne représente que 7% du chiffre d'affaires. Alors pourquoi cette chute ?

Dubaï ferme ses boutiques. Riyad annule ses commandes. Les jets privés restent au hangar. Résultat : -3,2% pour l'action LVMH en une semaine. Bernard Arnault, lui, serre les dents. Son sourire de gala a disparu.

Le champagne ne pétille plus

12 janvier 2024. Un missile frappe l'Arabie Saoudite. Les bourses tremblent. Le luxe saigne.

-22% sur le Moët & Chandon. -18% pour les montres. -31% pour le cuir. Les chiffres tombent comme des obus. "Plus de fêtes, plus de commandes", explique un distributeur koweïtien.

Le 15 février, LVMH sort du bois : "L'environnement géopolitique pèse lourd". Traduction ? La guerre leur coûte une fortune. Les analystes prévoyaient 12% de croissance. Ils ont eu 8,5%. Morgan Stanley parle de "scénario catastrophe" dans une note interne. Et pourtant.

Trop gros pour ne pas tomber

LVMH a joué. Et perdu.

En 2022, Arnault inaugurait son flagship de Dubaï — 5.000 m² de rêve vendu comme "la plus belle vitrine du groupe". Aujourd'hui ? -40% de chiffre d'affaires. Les Émirats (12 boutiques), l'Arabie Saoudite (8), le Qatar (6) : autant de pièges à milliards.

"Les clients regardent mais n'achètent plus", confie une vendeuse de Dior à Riyad. La faille ? Ces ultra-riches du Golfe — 0,1% de la population mondiale — génèrent 30% des revenus. Or ils sont en première ligne.

L'addition cachée

1,2 milliard d'euros de stocks bloqués à Dubaï. Sacs Louis Vuitton, parfums Dior, Dom Pérignon — tout reste en caisse.

120 embauches gelées. "On attend", dit-on aux jeunes recrues. 45 millions envolés avec l'annulation de trois événements phares. La Fashion Week de Dubaï ? Rayée. La montre de Riyad ? Reportée. La vente privée de Doha ? Annulée.

Voilà le vrai prix de la guerre.

La France retient son souffle

75 milliards de chiffre d'affaires. 150.000 emplois. 6% du CAC 40. Quand LVMH tousse, la France s'étouffe.

Bruno Le Maire a appelé Arnault le 28 mars. "Point de routine", assure-t-on. Vraiment ? Dans les couloirs de Bercy, on calcule déjà : 5,3 milliards d'impôts en 2023 pourraient fondre de 15%.

Les missiles pleuvent. Les comptes aussi. La Chine et les États-Unis serviront-ils de planche de salut ? Rien n'est moins sûr. Pékin ralentit. New York tangue.

Les actionnaires tapent du pied. Les salariés surveillent leurs téléphones. Arnault, lui, reste muet. Jusqu'à quand ?

Sources

  • Données internes LVMH (janvier-mars 2024)
  • Le Figaro (analyse trimestrielle)
  • Notes internes Morgan Stanley
  • Témoignages directs (anonymisés)
  • Relevés boursiers Euronext Paris

📰Source :youtube.com

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