Orbán et Trump : le duo qui fracture l'Europe et menace l'Ukraine

Le coup de force énergétique
"Pas de pétrole, pas de gaz." La menace est tombée le 24 mars 2026 dans une vidéo Facebook. Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, attaque frontalement l'Ukraine. Motif officiel : des dommages sur l'oléoduc Droujba — cet approvisionnement vital en pétrole russe qui traverse l'Ukraine vers la Hongrie et la Slovaquie.
Kiev accuse Moscou d'avoir saboté l'infrastructure fin janvier. Budapest riposte en coupant le gaz. Un mécanisme implacable : la Hongrie dépend à 93% du pétrole russe (contre 61% en 2021 selon le Sim Tank). Elle stocke désormais son gaz plutôt que de l'exporter vers l'Ukraine.
"Le chantage est clair, analyse Marc Smot, collaborateur du Monde. Orbán utilise les 90 milliards d'euros de prêt européen à l'Ukraine comme monnaie d'échange." Un blocage qui intervient à trois semaines des législatives hongroises — et avec le soutien affiché de Donald Trump.
Trump-Orbán : l'axe des populistes
Le 24 mars, l'ex-président américain a apporté son "soutien indéfectible" à Orbán (20minutes.fr). Un timing parfait. Alors que le Fidesz — le parti du Premier ministre — est donné perdant dans les sondages (-20 points), Trump offre une bouée de sauvetage.
"Orbán admire les 'hommes forts' : Poutine, Netanyahou, Trump", décrypte Antoine Mariotti de France 24. Une proximité idéologique qui se double d'intérêts géopolitiques. La Hongrie bloque systématiquement les aides européennes à Kiev depuis 2022. Elle sert de cheval de Troie russe dans l'UE — son ministre des Affaires étrangères informerait même Sergey Lavrov en temps réel des discussions à Bruxelles.
90 milliards en jeu
Le bras de fer tourne autour d'un prêt européen. 90 milliards d'euros destinés à soutenir l'Ukraine en guerre. Une somme déjà réduite par rapport aux besoins — et que Budapest refuse de débloquer tant que l'oléoduc Droujba n'est pas réparé.
"La situation est honteuse, tonne Marc Smot. La Commission européenne propose maintenant de payer elle-même les réparations !" Un aveu de faiblesse face au chantage hongrois. Pendant ce temps, la Slovaquie de Robert Fico — autre proche de Moscou — emboîte le pas à Orbán.
L'élection qui pourrait tout changer
Le 12 avril, les Hongrois votent. Les sondages donnent Péter Magyar — ancien membre du Fidesz passé à l'opposition — largement vainqueur (58% des intentions). Un espoir pour l'Europe ? Pas si simple. Magyar reste un conservateur nationaliste. Mais il affiche moins de complaisance envers Moscou.
"Attention aux illusions, prévient Mariotti. En 2022, on annonçait la chute d'Orbán. Il a gagné haut la main." Le Premier ministre hongrois mise sur sa base électorale rurale et son contrôle des médias. Et sur un argument choc : "L'UE nous impose ses règles, mais c'est nous qui payons."
L'Europe paralysée
Derrière cette crise, une question brûlante : comment fonctionner à 27 quand un pays fait obstruction ? "Poutine doit se frotter les mains, ironise Smot. L'UE a les moyens d'être une puissance mondiale, mais pas les institutions."
La Hongrie cumule les contentieux : blocage des aides à l'Ukraine, lois anti-LGBT+, musellement de la presse. Mais les mécanismes de sanctions — comme la suspension des fonds européens — peinent à faire plier Orbán. "Il joue la montre, estime Mariotti. Il sait que l'opinion européenne fatigue de la guerre en Ukraine."
Le dossier est loin d'être clos
Trois scénarios se dessinent :
- Une victoire de Magyar le 12 avril qui débloquerait la situation
- Le maintien d'Orbán, avec un durcissement du conflit avec Bruxelles
- Un compromis boiteux où l'UE paierait les réparations de l'oléoduc
Une certitude : le duo Orbán-Trump a trouvé le point faible européen. L'énergie. L'Ukraine. Et cette unanimité qui paralyse tout. Comme le résume un diplomate sous couvert d'anonymat : "On discute, on menace, on temporise. Pendant ce temps, Kiev manque de gaz et Poutine rit."
Sources
- France 24
- Sondages électoraux hongrois
- Rapport du Sim Tank sur la dépendance énergétique
- Déclarations officielles hongroises et slovaques
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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