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Bouamrane : « LFI instrumente les quartiers populaires »

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-17
Illustration: Bouamrane : « LFI instrumente les quartiers populaires »
© YouTube

La gifle à LFI : « Ils confondent gentrification et ghettoïsation »

Ne cherchez pas de nuances. Bouamrane y va franco. « LFI considère que lorsque vous êtes issu de quartier populaire, vous devez être soumis à vivre dans un logement social qui se dégrade chaque jour. » Chiffres en main. Tout est parti d’un poulet frit. Le maire a refusé l’implantation d’un Master Poulet dans sa ville. Motif : santé alimentaire, diversité commerciale, respect du droit commun. La gauche radicale lui est tombée dessus. Accusation : « boboïser » Saint-Ouen, chasser les pauvres.

Bouamrane n’a pas encaissé. Contre-attaque immédiate. « Ils confondent gentrification et ghettoïsation. » Le cœur du problème? Selon lui, LFI instrumentalise les quartiers populaires. « Ceux qui utilisent qui utilisent le peuple pour parler au peuple ne sont pas ceux qui viennent du peuple et qui améliorent la vie des gens. » Un direct. Un vrai.

Et les chiffres lui donnent raison. Un sonde IFOP — oui, les sondages — montre que 75 % des ouvriers soutiennent son combat contre l’enseigne de fast-food. Pas la gauche bobo. Les ouvriers. « 55 % des Français nous soutiennent, 67 % ne veulent pas d’un Master Poulet », assène-t-il. Bouamrane sourit : « J’ai même réussi à convaincre Jean-Luc Mélenchon sur la question agricole. » Une pique. Une victoire. Il la savoure.

700 policiers et 500 caméras : la méthode Saint-Ouen décortiquée

Sept points de deal. Tous fermés. L’un après l’autre. Saint-Ouen était surnommée la capitale de la drogue. Aujourd’hui, plus de « fours » — ces immeubles transformés en supermarchés du stup. Bouamrane détaille : « Le dernier a été démantelé l’année dernière. » Comment ? Une méthode. La sienne. Le Sénat l’a saluée. Et elle repose sur un principe simple : « Mettre tout le monde autour de la table. »

Concrètement? Justice, police, associations, parents d’élèves, bailleurs sociaux, éducation nationale, ministère de la Ville. Personne ne travaille en silo. « Généralement, c’est siloté. » Lui, il casse les murs. Il impose une coordination totale. Et ça marche. « J’ai proposé un plan d’investigation au Premier ministre. Il l’a validé. » Résultat : 700 policiers supplémentaires, dont 300 dédiés à la seule criminalité organisée. (Oui, vous avez bien lu.)

Mais la méthode Bouamrane ne s’arrête pas au béton et aux uniformes. « Le beau évite que tout le bâti se désagrège. » Il investit. 500 caméras dans les espaces publics. 500 autres dans le privé. Un coût énorme, assume-t-il. « Ce n’est pas une dépense. C’est un investissement social. » Et d’ajouter, la voix grave : « Protéger nos enfants, c’est ça l’urgence. » Car derrière les victimes collatérales, rappelle-t-il, il y a les ados. Les 15 ans fauchés à Nantes. Les mères qui pleurent.

Le piège des mineurs : « Focalisons-nous sur les trafiquants »

Gérald Darmanin veut supprimer l’excuse de minorité. Juger les mineurs comme des adultes. Bouamrane dit non. « Les mineurs sont les premières victimes, pas les premiers responsables. » Il ne mâche pas ses mots. « Focaliser sur les mineurs, c’est une erreur diagnostic. » Alors quoi ? « Durcir les peines contre les trafiquants. Donner plus de moyens à la justice. Appliquer l’arsenal juridique existant. »

Il est catégorique. Pas de démagogie chez lui. « La bonne piste, ce n’est pas de punir les gamins. C’est de frapper les têtes. » La position est claire. Elle tranche avec la surenchère sécuritaire. Et elle repose sur une expérience concrète : à Saint-Ouen, les dealers ne reviennent pas. Parce que l’aménagement urbain empêche la reconquête des points de deal. « Une fois le point démantelé, on travaille sur le bâti, la végétalisation. On redémocratise le beau. » Pas de vide. Pas de retour.

OQTF et normalisation : la méthode Retailleau étrillée

Bruno Retailleau a blessé. Profondément. Bouamrane ne le dit pas en ces termes — il le clame. « Il ne s’est pas pris correctement pour faciliter une relation sereine. » Conséquence : des mois de tensions diplomatiques avec l’Algérie. « Ça a ravivé des plaies. Ça a blessé la communauté franco-algérienne. » Lui, il salue la nouvelle approche. Celle de Gérald Darmanin (oui, l’ancien ministre, aujourd’hui aux Affaires étrangères) et de Laurent Nuñez.

Le ministre algérien de l’Intérieur vient en France. Darmanin se rend à Alger avec des magistrats. Mot d’ordre : coopération judiciaire. Notamment sur le narcotrafic. Bouamrane applaudit. « C’est une normalisation. Pas une soumission. » Il insiste : « La France ne sera jamais soumise à qui que ce soit. » Mais il réclame de la méthode. Du respect. « Quand les binationaux sont touchés, ça fragilise la relation entre deux pays. » Lui-même binational — il était au Maroc la semaine dernière. Il sait de quoi il parle.

Un message ? Peut-être. En tout cas, il marque sa différence avec la ligne dure. Et il rappelle que l’Algérie n’a pas toujours respecté ses engagements sur les laisser-passers consulaires. « Oui, tout à fait. » Mais la manière, insiste-t-il, change tout. « Retailleau a instrumentalisé la question algérienne. Darmanin et Nuñez la traitent avec sérieux. »

L’impasse de la primaire : « C’est techniquementi impossible »

La gauche se déchire. Huit candidats déclarés ou pressentis hors LFI. Bouamrane pourrait être le neuvième. « On verra au bon moment. » Mais pour l’instant, il enterre la primaire. « C’est énergivore, budgétivore. À un an de la présidentielle, c’est juste techniquement pas possible. » Il cite l’histoire : « La seule fois où ça a fonctionné, c’était en 2011 avec Hollande. » Les autres fois? « Ça sort divisé. »

Alors quoi ? Le conclave ? « Je reprends le mot. Mais sans la connotation politique. » Il propose une méthode : des critères clairs, un calendrier serré, une désignation transparente. Sinon ? « On regarde les sondages, et le meilleur récolte la mise. » Il rigole jaune. « Les primaires, 80% des menaces viennent de l’interne. Comme en cybersécurité. »

François Ruffin menace d’y aller seul. Bouamrane hausse les épaules. « Chacun fait son chemin. » Mais il prévient : sans union, la gauche ne passera pas. « Il y a ceux qui instrumentalisent le peuple et ceux qui viennent du peuple et qui agissent. » Lui, il se range dans la seconde catégorie. Avec un discours social-démocrate. Du concret. Pas des symboles.

Salaires, négociations, avenir : le maire qui veut gouverner

Marylise Léon réclame la réouverture des négociations salariales. Bouamrane la soutient. « Le travail ne permet plus d’être l’architecte de sa propre vie. » Dans sa mairie, il a gelé les loyers HLM. Pas augmenté les charges. « Aucun conflit social depuis mon arrivée. » Un bilan chiffré, pas une promesse.

Sur la présidentielle, il reste flou. Mais le profil séduit. À gauche, on le cite comme un possible candidat d’union. Avec Bernard Cazeneuve. Contre Mélenchon. Bouamrane ne confirme rien. Il laisse planer. « Le bon moment viendra. » En attendant, il trace sa route. Avec une méthode. Des résultats. Et des ennemis — à droite comme à gauche. Peut-être que c’est ça, la présidentielle. L’art de ne pas se brûler tout en allumant les mèches.

Sources

  • Interview de Karim Bouamrane sur France Info, 17 mai 2026
  • La Tribune : annonce de la visite du ministre algérien de l’Intérieur
  • Le Parisien : déclaration de Marylise Léon sur les négociations salariales
  • France Inter : intervention de François Ruffin sur la primaire
  • Sondage IFOP : soutien à la position de Bouamrane sur Master Poulet
  • Rapport sénatorial sur la méthode Saint-Ouen

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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