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SociétéÉpisode 2/1

Mille camions perdus : la France brûle, les pompiers s'organisent

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-13
Illustration: Mille camions perdus : la France brûle, les pompiers s'organisent
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Le chiffre que le gouvernement voudrait oublier

Mille camions. Selon Sébastien Delavou, animateur du réseau CGT des SDIS, la France a perdu 1 000 camions entre 2004 et 2020. Pourquoi donc ? Parce que les camions coûtent cher. Parce que les SDIS manquent de financement. Alors on réforme les vieux, on n'achète pas de neuf.

La suite ? En 2021, les syndicats démontrent le chiffre. En 2022, la Gironde brûle. Le président reçoit les troupes à l'Élysée le 28 octobre et annonce la commande de 1 083 camions. Sauf que tous ne sont pas des porteurs d'eau. Et surtout, ils remplacent des engins vieux de 30 ans qu'on va réformer.

Le résultat ? Des camions arrivent, certes. Mais le parc reste structurellement inférieur à ce qu'il était il y a vingt ans, avec des risques qui, eux, ont augmenté. La période des feux commence plus tôt, finit plus tard, et remonte vers le nord. Les moyens, eux, suivent avec un retard de deux décennies.

Canadairs : la flotte fantôme

Sept. C'est le nombre de Canadairs opérationnels sur douze, au moment où la feuille de route quotidienne est éditée. Cinq sont en maintenance, en panne, ou immobilisés depuis février de l'année dernière — un appareil abîmé lors d'un exercice, jamais réparé.

La moyenne d'âge ? Trente ans. La chaîne de production ? Arrêtée depuis 2015. Les pièces ? Introuvables. Un véhicule vieillit, il tombe en panne plus souvent, il reste immobilisé plus longtemps.

Et l'histoire des deux Canadairs commandés puis fragilisés par les coupes budgétaires de Gabriel Attal ? Selon la source, l'argent mobilisé ne couvrait même pas le prix des deux appareils. Et de toute façon, avec une chaîne de production à l'arrêt, personne n'allait les livrer demain matin. La commande de 2022 ? Les premiers appareils sont annoncés pour 2028.

La vraie question ne se posait ni en 2022, ni en 2024. Elle se posait en 2015, quand la chaîne s'est arrêtée. Le constructeur avait proposé un deal simple : commandez-moi quinze appareils, et je relance la production. L'Espagne, le Portugal, la Grèce, la Bulgarie pouvaient être de la partie. Il fallait faire le forcing à l'échelle européenne. Personne ne l'a fait.

Aujourd'hui, les Canadairs disponibles larguent six mille litres d'eau. Les Dash — des avions plus rapides, qui se ravitaillent au robinet et non en écopant — en larguent dix mille, souvent avec deux mille litres de produit retardant. Ces appareils n'ont jamais volé autant. Mais ils n'ont jamais été aussi peu nombreux non plus.

Deux minutes de plus, des vies qui basculent

Selon la source, entre 2012 et 2023, le délai de présentation du premier engin a augmenté de plus de deux minutes. Ce délai comprend tout : la prise d'appel, le déclenchement des moyens, le regroupement des équipiers, l'habillage, la montée dans le camion, le trajet. Quand le centre de secours de proximité est vide — parce que l'engin est parti ailleurs, parce que les volontaires ne sont pas disponibles — on déclenche le centre suivant. Puis le suivant. Il arrive que le septième ou le douzième centre parte en intervention. Des pompiers qui font quarante-cinq minutes de route pour arriver sur intervention.

Les citadins ne voient pas la différence. Les ruraux, eux, la vivent chaque jour. Cette statistique moyenne masque une réalité brutale : la République à deux vitesses. D'un côté, des centres urbains où le premier engin arrive en quelques minutes. De l'autre, des zones rurales où l'on attend, où l'on espère, où le feu gagne du terrain.

La CGT des SDIS le dit : il n'y a aucune raison que les habitants des campagnes soient moins bien traités que ceux des villes.

Volontaires : le mythe des 200 000

Selon la source, 79 % des effectifs sont des pompiers volontaires. Sauf que ce chiffre flatte la réalité. Qui compte-t-on, exactement ? Les conservateurs de musées, les médecins, les vétérinaires. Quand on recompte sérieusement, le chiffre des 200 000 fond.

Et puis, la disponibilité. Un volontaire qui travaille du lundi au vendredi peut-il armer un engin le mardi à 15 heures ? Il est là le week-end, peut-être le soir. Mais le feu, lui, ne consulte pas l'agenda. Et les pompiers volontaires ont un âge. Certains sont mineurs. Des mineurs qui partent en intervention sur des feux de forêt, avec des risques cancérogènes reconnus par le Centre international de recherche sur le cancer depuis 2022. Des mineurs qui manient des appareils sous pression, qui travaillent en hauteur.

Le volontariat ne résout pas le problème de fond. Il le masque.

Salaire : la République avare

Selon la source, un sapeur-pompier de premier grade, débutant, gagne 1 750 euros brut par mois (367 points).

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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