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SociétéÉpisode 13/21

Hong Kong : l'enfer des boîtes cercueil

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-14
Illustration: Hong Kong : l'enfer des boîtes cercueil
© YouTube

250 € pour un placard

Selon la source, Tony vit dans une boîte cercueil. Un placard de quatre planches de bois. Moins de 2 m². « C'est oppressant », dit-il. « Quand je ferme la porte de ma boîte, j'aurais envie de me... on tourne en rond. Si je n'avais pas la télé, je parlerais avec le mur. C'est l'horreur. »

Dans son recoin, deux autres boîtes. Une à côté, une au-dessus. Celle du bas coûte plus cher. Selon la source, 250 € par mois pour un peu plus d'un mètre carré. Dans 40 m², 18 boîtes numérotées. Dedans, des seniors, mais aussi de jeunes actifs.

Tony a perdu sa femme d'un cancer du foie. Sa boutique de montres d'occasion a fait faillite. Selon la source, il touche 700 € par mois d'allocation de l'État. Une proie idéale pour les marchands de sommeil privés.

Selon la source, pour le propriétaire, 18 boîtes à 250 € chacune, c'est presque 5000 € par mois. Pour 40 m². Un business juteux.

« C'est plein de puces. Elles piquent et on gonfle comme un ballon. C'est aussi envahi de rats. On les voit courir. » De l'insecticide partout. Des pièges contre les rongeurs.

50 ans dans une boîte

Selon la source, Afung, agent d'entretien, a passé 50 ans de sa vie entre quatre planches. Salaire variable : entre 600 et 1200 € par mois.

« Là où je travaille, je ne dis à personne que je vis dans une boîte. J'ai trop honte. »

Selon la source, à Hong Kong, pas d'allocation logement si on a un boulot. Afung avait une femme, une petite épicerie. « Tout cela me semble tellement loin maintenant. Je ne veux plus y penser. Je survis au jour le jour. »

Humidité, vétusté, installations électriques dangereuses. Les 35 m² sont insalubres. Une seule cuisine, un frigo, une douche pour 14 hommes. Les locataires paient en espèces. Pas de bail.

La seule distraction d'Afung : les courses de chevaux. Selon la source, Hong Kong est la seule ville chinoise où les paris sont autorisés. « Si je gagnais le pactole, j'emmènerais mon fils au restaurant. »

Son fils a 14 ans. Il vit avec sa mère et ses grands-parents. « Parce que moi, dans ma boîte, je ne peux pas l'accueillir. »

Des cages pour humains

Selon la source, dans les sous-sols, des cages en grillage de 1,80 m sur 60 cm. Tung, 70 ans, paie 150 € par mois. « On se faufile par le trou comme ça et puis on dort dedans. Que dire d'autre ? »

Selon la source, Monsieur Way est arrivé de Canton à la nage dans les années 1970. Il a nagé 7 heures. Il touche 400 € de pension. Il est fâché avec sa fille.

« J'ai perdu mes deux meilleurs amis du Covid. L'un habitait dans cette cage. L'autre est mort dans cette cage-là. »

Sur le sol, les papiers du décédé. Un vigile. Dans sa cage, son traitement contre le virus. « J'ai appelé des ambulances mais elles ne sont jamais venues. Les secours ont trop tardé. Ça me rend vraiment triste qu'il soit mort dans une cage comme ça. »

Selon la source, à Hong Kong, un senior sur trois endure ces conditions de vie indignes.

Des familles aussi

Selon la source, des familles avec un travail stable vivent dans des micro-logements. Miu est vendeuse de fruits et légumes en CDI. Née en Chine continentale, elle a déménagé il y a 13 ans, enceinte.

Elle travaille de 7h à 20h, 6 jours par semaine. Selon la source, elle gagne 1000 € par mois. Son loyer : 550 € hors charges. Pour 11 m².

Ce réduit, elle le partage avec Sarah, sa fille de 13 ans. Le coin toilette est à l'entrée. Cuisine, salon, lave-linge, frigo : tout est mélangé. « On ne peut plus rien rajouter. On bouge à peine les affaires. »

La couchette supérieure sert d'armoire. Elles dorment toutes les deux en bas. « J'aimerais bien aider ma maman, mais je suis trop petite », dit Sarah. « Vivre à Hong Kong, c'est vraiment stressant. Il ne faut pas tomber malade car on ne pourrait pas payer les soins. »

Selon la source, Miu n'a jamais pu emmener sa fille en vacances hors de Hong Kong. Sarah a deux dents cassées. Le dentiste coûte 1500 €. « Je ne peux pas la soigner. »

À l'école, Sarah n'ose pas dire qu'elle vit dans un logement subdivisé. Selon la source, un enfant sur cinq à Hong Kong vit sous le seuil de pauvreté.

« J'aimerais avoir ma chambre. Pour l'instant, ça va encore de dormir avec maman. Mais quand je serai plus grande, j'aimerais bien avoir mon espace privé. »

Selon la source, Miu a fait une demande de logement social il y a cinq ans. Aucune nouvelle.

La dame en rose

Selon la source, Madame Z, surnommée « la dame en rose », consacre sa vie aux mal-logés. Elle a elle-même vécu dans une boîte.

Son association, Soko, est financée par l'Église catholique et des dons privés. Pas par le gouvernement. Ce soir-là, elle doit visiter des appartements collectifs. Elle distribue des produits de toilette et des coupons restaurant.

« C'est triste et c'est une honte car nous sommes une ville riche. »

Selon la source, Madame Z rencontre de plus en plus de femmes. Les dortoirs de boîtes sont devenus mixtes.

Irene, ancienne employée de banque au chômage, mère d'un fils de 12 ans, paie 300 € par mois pour sa boîte. « C'est compliqué de cohabiter avec des hommes inconnus. Je n'aime pas ça. » Avant, elle était dans une colocation de femmes. « Les filles se disputaient pour la salle de bain, le lave-linge et se volaient des affaires. »

Le business des capsules

Selon la source, les micro-logements sont devenus un business designé. June est architecte. Il a conçu des capsules arrondies. « Lorsque l'espace est subdivisé en boîtes rectangulaires, c'est oppressant. Nous designons des capsules arrondies comme un cocon. »

L'utilisation d'une capsule coûte 570 € par mois pour 12 heures seulement. « Deux personnes partagent le même lit capsule à des heures différentes. »

Marcus, 25 ans, freelance, vit dans une capsule. « Il n'y a ni espace ni liberté pour inviter des amis ou regarder la télé. En gros, on peut juste dormir ou travailler. »

Les bidonvilles sur les toits

Selon la source, Lienne est ouvrier du bâtiment. Il vit avec sa femme et ses deux filles étudiantes dans 15 m² sur un toit. Ils versent 200 € par mois au propriétaire.

« Ça n'est pas agréable d'habiter ici. Il fait chaud avec la tôle. On étouffe. »

Leur baraquement est illégal mais toléré. Le danger : la saison des typhons. « En cas de tempête tropicale, le plafond s'écroule. On l'a déjà réparé. »

Selon la source, cela fait 7 ans que la famille réclame un logement décent. « Quand le vent souffle fort, on ne dort pas de la nuit tellement on a peur. » Les murs se sont déjà effondrés.

La cuisine est aussi la salle de bain. « On se douche dans une bassine. Je ne me repose pas avant minuit. »

Selon la source, le pouvoir chinois dit vouloir raser ces bidonvilles mais rien ne se passe.

5000 milliardaires et des boîtes

À quelques encablures, les tours des géants de la finance ruissellent de néon.

Selon la source, 5000 milliardaires et 300000 millionnaires. Et des personnes qui vivent dans des boîtes cercueil, des cages, des bidonvilles sur les toits.

Le prix moyen du mètre carré à Hong Kong est de 25 000 €. Trois fois plus qu'à Paris, selon la source. La location d'un trois-pièces dans le centre coûte 7000 €. Le marché spéculatif n'est pas encadré. Il n'existe que peu de logements sociaux.

Sur ce confetti, des millions d'habitants s'entassent. Certains immeubles, comme le monster building du film Transformers, sont devenus célèbres. L'hyperluxe côtoie la grande pauvreté.

Selon la source, un propriétaire peut gagner 5000 € par mois en divisant un 40 m² en 18 boîtes. Les locataires paient en espèces. Pas de bail. Pas de recours.

Les annonces immobilières promettent du « luxe ». Notre traductrice a appelé l'une d'elles. « C'est la taille d'un lit », lui répond-on. « Moitié hommes, moitié femmes. Disponible dès que vous payez. »

Sur place, des murs rongés par le salpêtre, des boîtes cercueil aussi sordides qu'ailleurs. Les locataires sont tendus. « On vit très bien ici. Allez-vous-en, s'il vous plaît. On ne veut pas de souci avec le propriétaire. »

Le propriétaire, personne ne le connaît.

Pendant ce temps, Tony regarde le mur de sa boîte. Afung mise sur les chevaux. Miu économise l'eau. Sarah rêve d'une chambre.

Et les tours de verre continuent de briller.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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