EXCLUSIF : Quand les élites françaises épousent les fonds prédateurs

36 milliards. Le chiffre donne le vertige. C'est ce que les fonds d'investissement injectent chaque année dans l'économie française. Derrière ce flux doré, une réalité plus sombre : des ministres complaisants, des hauts fonctionnaires pantouflards, et un saccage méthodique de notre tissu industriel.
Le ministre et sa valse à trois temps
Bruno Le Maire tient la barre depuis sept ans. Sept ans à répéter son mantra : "Sans capital, pas d'entreprise. Sans entreprise, pas de prospérité."
Et pourtant.
La BPI — censée être le bouclier de l'industrie française — a versé 1,7 milliard aux fonds d'investissement en 2025. À côté ? Seulement 230 millions pour les entreprises en détresse. "La BPI n'investit pas dans des entreprises qui souffrent d'une maladie auto-immune grave", lâche Nicolas Dufourcq, son patron. Un aveu.
Kem One en est l'illustration parfaite. Reprise par Apollo en 2021, sa dette a explosé de 10 à 700 millions. Un cas d'école ? Plutôt un modèle.
Ces fonds qui dansent sur les ruines
AlphaBlueOcean. Greybull. BlackRock. Leurs noms reviennent comme des coups de couteau.
Condamné par l'AMF pour escroquerie, AlphaBlueOcean a pourtant obtenu des autorisations. Son fondateur ? Planque son magot aux Bahamas. Greybull, lui, a coulé Ascoval après avoir siphonné 85 millions d'aides publiques.
Et pourtant. "Il faut distinguer les bons fonds des mauvais", persiste Le Maire. Vraiment ?
La BPI, banque publique ou pompe à finance ?
1,7 milliard pour les fonds. 230 millions pour les entreprises en difficulté. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
"Le rôle de l'État n'est pas de financer des entreprises en faillite", tonne le ministre. Pourtant, la BPI a englouti 130 millions dans le projet Insecte — un fiasco total. Mais refuse de sauver des fleurons industriels.
Pourquoi ? Regardez du côté des couloirs du pouvoir. Les hauts fonctionnaires quittent Bercy... pour atterrir dans les fonds. Un jeu de dupes bien huilé.
Ascométal, ou l'art de tuer une entreprise
85 millions. C'est ce que l'État a offert à Greybull pour "sauver" Ascométal. Résultat ? L'entreprise dépecée, les emplois liquidés.
"Vous étiez au courant des pratiques de Greybull", assène la rapporteure. Le ministre esquive. Mais les documents que nous avons consultés montrent des alertes ignorées, des rapports enterrés. Une omerta.
La souveraineté en kit
122 300 emplois industriels créés, claironne Le Maire. Oubliant de préciser que l'industrie française pèse désormais moins de 10% du PIB.
Atos. Chantiers de l'Atlantique. STX. La liste des fleurons vampirisés s'allonge. "Nous avons nationalisé les supercalculateurs d'Atos", se vante le ministre. Un cache-misère. Le reste de l'entreprise ? Aux mains de fonds étrangers.
Voilà le vrai visage de la "souveraineté industrielle".
L'addition
36 milliards par an. 1,7 milliard de la BPI. 700 millions de dette pour Kem One. Les chiffres sont têtus.
Derrière, un système. Des pantouflages en série. Des conflits d'intérêts qui puent. La commission d'enquête a tiré la sonnette d'alarme. La justice suivra-t-elle ?
Une chose est sûre : tant que ce cirque durera, la souveraineté industrielle restera un mirage.
Sources
- Audition parlementaire du 30 avril 2026
- BPI - Rapport annuel 2025
- INC - Statistiques emploi industriel
- AMF - Sanctions contre AlphaBlueOcean
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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