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SociétéÉpisode 2/2

Crise du logement en Europe : Des millions sans toit et Airbnb pointé du doigt

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-28
Illustration: Crise du logement en Europe : Des millions sans toit et Airbnb pointé du doigt
© YouTube

Quand les murs se ferment

"Nous avons franchi un seuil critique." Dan Jørgensen, commissaire européen au logement, montre des chiffres qui donnent le tournis. Depuis 2018, les prix ont bondi de près de 50 % — les loyers de 18 %. Pourtant, la Banque européenne d'investissement prévoit un besoin de 2,25 millions de logements supplémentaires rien qu'en 2025. Un paradoxe ?

Les villes étouffent. À Berlin, Vienne ou Lisbonne, les loyers ont grimpé de 30 % en trois ans. Résultat : plus d'un million de sans-abri errent dans les rues européennes. Et si vous pensez que votre ville est épargnée, attendez 2027.

Airbnb : le coupable trop parfait

Florence a tiré la première. Dario Nardella, son ancien maire, justifie l'interdiction d'Airbnb dans le centre historique : "Quand les appartements deviennent des jetons touristiques, les Florentins dorment dans leur voiture." Un cas isolé ? À Prague ou Barcelone, un logement sur cinq sert désormais à la location saisonnière.

La Commission européenne tergiverse. Didier Gind, eurodéputé néerlandais, ironise : "Faut-il vraiment une directive européenne pour dire aux maires d'appliquer leurs propres lois ?" Pendant ce temps, les plateformes transforment des quartiers entiers en parcs d'attractions immobiliers.

Bâtir l'impossible

Les promoteurs le répètent : il faut construire plus. Mais comment ? Les coûts de construction ont explosé de 22 % depuis 2020. Didier Gind dénonce "des normes environnementales qui paralysent les chantiers". Nicolas Stephanuta, son homologue roumain, rétorque : "Regardez Bucarest : 300 000 logements vides servent de coffres-forts à ciel ouvert."

Le chiffre fait mal : 18 % des logements européens sont inoccupés. Certains par spéculation. D'autres parce que personne ne peut plus se permettre d'y vivre.

Génération sacrifiée

30 ans. C'est l'âge moyen où les Italiens quittent enfin le domicile parental. En Roumanie, un jeune doit économiser 90 000 € pour espérer acheter — soit 15 ans de salaire moyen. "Nous créons une société d'assistés", peste Stephanuta.

Les conséquences ? Des mariages reportés. Des naissances retardées. Une fracture générationnelle qui creuse les inégalités. Et si la crise du logement expliquait la chute libre de la natalité européenne ?

Y a-t-il une issue ?

6 milliards d'euros. C'est ce que la BEI promet d'investir annuellement. Une broutille face aux besoins. Pourtant, des solutions émergent :

  • Berlin expérimente la réquisition des logements vides
  • La France plafonne les loyers dans les zones tendues
  • Florence montre qu'on peut dire non à Airbnb

"Le droit au logement n'est pas négociable", tonne Stephanuta. Un idéal ? Peut-être. Mais en attendant, des millions d'Européens continuent de frapper à des portes qui ne s'ouvrent plus.

📰Source :youtube.com

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